1929, 2008, 2023, Quel rôle joue la spéculation dans l'évolution économique?
/2018/11/27/Manifestation-devant-bourse-New-York-25-septembre-2008.jpg)
Manifestation contre la crise financière, devant la bourse de New York (septembre 2008)
(afp/ Nicholas Robert)
A la suite de la republication de "Ce que Macron et son monde ne peuvent pas lâcher, nous pouvons le prendre !" sur Agoravox une partie du débat en commentaires a donné naissance à une "suite", également republiée sur Agoravox, sous le titre "Dans la France vassalisée que devient la relation entre monnaie et crédit, et peut-on sortir de la soumission ?" , qui en évoque donc plus directement le thème central. De cette republication est née un autre début de débat, sur le thème de la différence entre investissement productif et spéculation.
Un sujet essentiel, en réalité, pour comprendre l'évolution historique du système de domination de classe, et jusqu'à la période actuelle, où la spéculation est devenue un facteur essentiel de la survie du système banco-centraliste, de plus en plus déconnecté de son origine économique capitaliste "classique", initialement basée sur l'investissement productif.
Un cas typique de contradiction entre spéculation et investissement productif me semble être l’histoire de la crise de 1929, essentiellement et principalement provoquée par le décalage entre valeur spéculative et valeur réelle des actions d’une économie par ailleurs en pleine expansion, mais qui se trouve donc brutalement plongée dans une longue récession du fait des spéculateurs.
Le mécanisme de cette spéculation (« call loans ») reposait, pour l’essentiel, sur la possibilité d’acheter des actions « à crédit » en escomptant que l’augmentation de leur valeur sur le marché boursier couvrirait à la fois le prix d’achat, les intérêts du crédit et laisserait en plus une prise de bénéfice substantielle. De quoi gonfler, typiquement, une bulle spéculative… On connaît la suite…
Je la trouve au mieux expliquée et résumée dans un excellent article de Géo, republié ci-dessous, avec son lien.
Une explication du mécanisme déjà complexe des "call loans" se trouve encore sur Ooreka: https://epargne.ooreka.fr/astuce/voir/629441/call-loans
Il n'apparaît pas clairement que cette pratique soit encore possible, étant donné que dans les recherches sur le net elle est systématiquement associée au Krach de 1929. En tout cas elle ne semble pas formellement interdite, et surtout, si elle ne ressort pas de la recherche sur les pratiques courantes actuelles il est par contre facile de voir qu'un grand nombre de pratiques spéculatives sophistiquées et "modernisées", notamment avec les moyens informatiques, l'ont remplacé "avantageusement" ...pour les spéculateurs!
La comparaison entre les époques de 1929 et 2008 a souvent été faite, et cela, dès 2008, évidemment... Pour autant, les différences entre les deux époques sont nombreuses et considérables et comparaison, pour utile qu'elle soit, ne vaut pas raison, qui est à chercher dans le mouvement dialectique du réel, notamment en matière d'évolution technologique des forces productives et donc en matière d'évolution des rapports de production et des rapports sociaux qui en découlent.
C'est évidemment en conséquence que l'évolution de la situation économique est actuellement également très différente de ce qu'elle a été après 1929. La période de récession et la guerre qui a suivi ont remis l'économie sur les rails du développement productif dont elle était sortie du fait de la spéculation des années 20 aux USA, principalement, et a donc ouvert la parenthèse dite des "30 Glorieuses" où le capital a atteint le top de sa productivité industrielle.
Le tournant du XXIème siècle, par contre, menant à la crise de 2008, voit au contraire la productivité du capital industriel continuer de régresser et de se voir supplantée par le capital financier "fictif".
La crise de 2008 révèle brutalement que la spéculation est devenue systémique. La solution banco-centraliste du "Quantitative Easing", loin de constituer un remède à ce mal de la spéculation systémique, la fait au contraire passer au rang de spéculation institutionnelle, encadrée et "pilotée" par la politique monétaire et de variation des taux par les cinq principales Banques Centrales, barrant ainsi définitivement la route d'un retour éventuel aux fondamentaux du capitalisme "classique".
Cette évolution est drastiquement confirmée par la prétendue "crise du covid", avec ses "confinements" économiquement destructeurs et ses nouvelles vagues de "Quantitative Easing". A partir de là le monde se divise de plus en plus entre les Etats aux économies anciennes "avancées" mais qui ont en réalité irrémédiablement dépassé leur propre pic de productivité et les Etats peu ou prou "tiers-mondisés" qui ont encore un besoin et une capacité de développement.
Un développement potentiel qui met en danger la pérennité d'un système de substitution, en termes de domination de classe, tel que le banco-centralisme actuel. Ce qui explique l'acharnement occidental à vouloir "mettre à genoux" l'économie de la Russie, devenue représentative, à l'échelle mondiale, de cette aspiration à refuser la soumission aux diktats banco-centralistes.
Luniterre
********************************************
*******************************************************