+MAJ au 09/03/2025: éléments du débat sur AgoraVox
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2020 – « Nous sommes en guerre ! », « Quoi qu’il en coûte ! » « Soutenu » par la BCE le gouvernement Macron a fait volte-face concernant sa volonté précédemment affichée de limiter, sinon de « réduire », le déficit public et la dette publique de la France.
Déjà dans une situation budgétaire difficile en comparaison de l’Allemagne, à cette époque récente encore relativement en « pleine force » industrielle, la France sous Macron ne faisait néanmoins, avec ce cri pusillanime de son président, que s’aligner sur la nouvelle offensive générale banco-centraliste de « création monétaire » ex-nihilo et massive décidée au prétexte de la « crise covid », mais en réalité en vue de « juguler » au moins provisoirement l’amorce de récession que les précédentes vagues de « Quantitative Easing » n’avaient fait que retarder, depuis la crise de 2007-2008.
Une offensive non pas destinée à juguler l’inflation, contrairement à ce qu’imaginent ou prétendent encore les naïfs et les « économistes » médiatiques à la botte du système, mais bien au contraire à la relancer en vue de regonfler, au moins provisoirement, les marges commerciales « bénéficiaires ».
Une inflation « maîtrisée » autour de 2% était depuis longtemps, et surtout depuis la crise de 2007-2008, l’objectif affirmé, sinon en vue…
Inaccessible « par le bas » jusque là, il semblait donc devoir être « provisoirement » dépassé avec la pseudo-« reprise post-covid » quand est « inopinément » survenue la crise ukrainienne et sa guerre à implications économiques à l’échelle européenne et même mondiale.
La prévision banco-centraliste était expressément qu’à la suite du « choc covid » le sursaut inflationniste se stabilise donc autour de l’objectif enfin atteint des 2% !
Principalement causée par le refus de négocier les conditions de la sécurité en Europe par l’administration Biden, en juin 2021 à Genève, l’offensive russe de février 2022 a donc durablement empêché le « retour à la normale » (…aux fameux 2%) de l’inflation.
Mais les affaires sont les affaires et si l’Europe s’est trouvée brutalement dépouillée de ses derniers « avantages économiques », et y compris l’Allemagne, avec la dite politique de « sanctions » contre la Russie, cela n’a pas été le cas des USA, bien au contraire, et cerise sur le gâteau du dollar, Trump, aujourd’hui, décide non seulement de garder la mise, mais en plus, « d’arrêter les frais » et de refaire un deal avantageux pour les USA sur la dépouille de l’Ukraine, et dans la foulée, sur celle de l’Europe…
Pourtant, le dollar lui-même, ne reposant que sur une dette encore plus abyssale que celle de l’Europe, reste un colosse aux pieds d’argile.
Mais malgré cela, même si elle repose sur une dette colossale, l’économie US est encore en mesure de soutenir suffisamment ses forces armées pour être en situation de dicter sa loi à ses vassaux traditionnels, fussent-ils tenté de regimber, façon Starmer-Zelensky-Macron, même « soutenus » par une UE désormais décidée à généraliser le processus des déficits budgétaires « nationaux », et y compris, désormais, celui de l’ex-« vertueuse » Allemagne…
Derrière l’affrontement USA-Europe se profile donc en réalité l’affrontement de deux zones monétaires, celles du dollar et de l’euro, toutes deux ne reposant plus que sur leurs dettes publiques et privées banco-centralisées, l’une par la Fed et l’autre par la BCE.
L’UE a-t-elle réellement les « moyens » de soutenir un effort de guerre en Ukraine sans le secours des USA, et jusqu’où ? Telle est la véritable question actuelle de cette guerre en Ukraine.
Que ce soit en 2014, post-« Maïdan », ou en 2022 et jusqu’à aujourd’hui, l’Ukraine n’a évidemment jamais été capable d’assumer ses prétentions sans le « secours » de ses « parrains » occidentaux, et principalement, des USA, qui n’avaient cessé de la pousser à l’affrontement avec la Russie, sur des bases prétendument ethniques et culturelles, mais en réalité déjà essentiellement économiques et géostratégiques.
Aujourd’hui la question est donc de savoir si un nouvel endettement massif de l’UE lui permettra à la fois de faire « face » à la Russie et de « relancer » sur cette nouvelle base militariste sa propre économie en voie de perdition suite à la « stratégie » des sanctions en réalité imposée par les précédentes administrations US, et y compris, au passage, celle de Trump à partir de 2016…
Faire « face » à la Russie, pour l’UE, cela s’entend donc de deux manières possibles : par la guerre, ou par la « diplomatie », même si supposément appuyée sur un « rapport de forces » qui dépend donc bien, néanmoins, de la capacité militaire que l’UE est éventuellement en mesure de déployer, et dans quels délais…
La question « continuation de la guerre », au-delà des rodomontades verbales et médiatiques destinées à impressionner les populations, semble d’ores et déjà réglée, sauf volonté définitivement suicidaire de la part de l’UE… Mais qui n’est malheureusement pas à exclure totalement, au point où en est, spécialement en France, avec Macron encore au pouvoir…
Il reste donc que pour l’essentiel, face à sa faillite générale quasi-« programmée », et désormais y compris en Allemagne, l’UE se voit obligée, simplement pour pouvoir prétendre « survivre » en tant qu’entité économique, et y compris avec son ex-« membre » britannique, à s’engager dans une nouvelle vague d’endettement massif et « coordonnée », et il s’avère donc que la prétendue « menace russe » est donc le motif idéal de cette nouvelle forme du « Quantitative Easing » version 2025, après celles qui lui ont permis de « survivre » jusqu’ici depuis la crise de 2007-2008, à l’issue de laquelle les principales économies mondiales n’ont jamais pu retrouver de réelle dynamique « autonome » sans le secours des politiques d’interventions monétaires banco-centralisées, y compris en Chine, du reste, à partir de 2015.
Les principales économies mondiales, sauf pour la Russie, qui n'est jamais rentrée dans une dépendance à la dette, que ça nous plaise ou non, reposent désormais durablement, et même en fait de manière irréversible, sur leur masse de dettes publiques et privées banco-centralisées, à l’origine et en dernier ressort, « quoi qu’il en coûte ! ».
Ce qui ne les empêche pas, pour l’instant, malheureusement, de se livrer à des guerres en réalité « intercontinentales » au sens de guerres entre zones monétaires.
L’Ukraine n’étant en quelque sorte qu’un « abcès de fixation » de cette nouvelle configuration des forces économiques et politiques mondiales, dont tout le reste n’est que l’écume spectaculaire, superficielle, et tout à fait vaine en ce qui concerne la destinée réelle des populations.
Luniterre
Elements du débat sur AgoraVox:
https://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/nous-sommes-en-guerre-quoi-qu-il-259769#forum6811150
titi 8 mars 21:49
@L’auteur
Vous confondez économie française et économie européenne.
L’Allemagne malgré les difficultés actuelles est toujours excédentaire en matière de commerce extérieur.
Globalement, l’UE est excédentaire envers le reste du monde.
Au niveau emploi, là encore la France n’est pas l’Europe.
Par exemple le chomage en Pologne s’établit à 2,7%.
La vraie question ce n’est pas comment financer notre armée.
C’est plutôt ou passe l’argent depuis 30 ans sachant qu’on ne finance même plus notre armée.
Luniterre 9 mars 07:08
@titi
Effectivement, vu en termes de commerce « extérieur » l’UE semble se bien porter, selon ces chiffres récents :
Selon les données d’Eurostat, l’Union européenne (UE) a enregistré, en 2024, un excédent de sa balance commerciale de 150,1 milliards d’euros, après un surplus de 34,4 milliards en 2023 et un déficit exceptionnel de 436 milliards en 2022 provoqué par la flambée des prix de l’énergie à la suite du déclenchement de la guerre en Ukraine.
En comparaison, les États-Unis ont enregistré, l’année dernière, un déficit de leurs échanges de marchandises avec le reste du monde de 1 202,7 milliards de dollars tandis que, de son côté, la Chine a dégagé un excédent de 992 milliards de dollars.
https://www.lepoint.fr/economie/la-balance-commerciale-de-l-ue-redevient-largement-excedentaire-19-02-2025-2582798_28.php#11
Néanmoins, c’est une hirondelle qui a beaucoup de mal à faire le printemps, c’est le moins que l’on puisse dire, surtout en Allemagne :
L’économie allemande a reculé de 0,2 % en 2024, affectée par une crise de son modèle économique à laquelle s’ajoute une crise politique.
Le climat économique difficile en 2024 s’est également reflété dans le commerce extérieur de l’Allemagne : les exportations de biens et services ont diminué de 0,8 %, selon l’Office statistique fédéral Detastis
L’Allemagne a connu une contraction de sa croissance de 0,2 % en 2024, d’après les chiffres publiés mercredi 15 janvier par l’Office fédéral de statistiques allemand (Destatis). La baisse observée s’explique par « des pressions conjoncturelles et structurelles » liées à une baisse des exportations allemandes, au coût de l’énergie, à un niveau de taux d’intérêt qui reste élevé « et des perspectives économiques incertaines », explique la directrice de l’office statistique, l’économiste Ruth Brand.
Le pays était déjà en récession en 2023, avec une baisse de 0,1 % de son PIB. L’industrie manufacturière allemande, minée par la hausse des coûts de l’énergie depuis l’invasion russe de l’Ukraine le 24 février 2022, subit la pression de la concurrence internationale. En particulier dans des secteurs clés de l’économie allemande comme l’industrie automobile, qui a connu un net recul de la production en 2024, précise Destatis. Les grands groupes automobiles du pays perdent du terrain face à leurs concurrents chinois.
https://www.touteleurope.eu/economie-et-social/l-allemagne-en-recession-pour-la-deuxieme-annee-consecutive-sur-fond-d-enjeux-electoraux/
Et surtout, la nouvelle configuration internationale va inévitablement porter un coup sévère supplémentaire à cette situation allemande :
Allemagne : excédent commercial record avec les Etats-Unis en 2024
07 Feb 2025 -
Les États-Unis sont redevenus le premier partenaire commercial de l’Allemagne, avec un total de 255,4 milliards d’euros de biens échangés en 2024, détrônant la Chine qui occupait cette position depuis 2016.
L’Allemagne en crise a dégagé un excédent commercial record avec les États-Unis l’an dernier et s’expose à être le pays le plus durement touché par les nouveaux droits de douane dont Donald Trump menace l’Union européenne.
A 71,4 milliards d’euros (66,9 milliards en francs), selon des données publiées vendredi, la première économie européenne a encore accru le solde de sa balance commerciale avec la première économie mondiale, grande cliente de ses marques automobiles, machines-outils et produits pharmaceutiques.
Les États-Unis sont dans le même temps redevenus en 2024 le premier partenaire commercial de l’Allemagne, avec 255,4 milliards d’euros de biens échangés, retrouvant la « pole position » qu’ils avaient abandonnée depuis 2016 à la Chine, selon des données corrigées des variations saisonnières de l’office de statistiques Destatis et agrégées par l’AFP.
Les exportations allemandes vers les États-Unis, en atteignant 163,4 milliards d’euros, ont progressé de près de 4% sur un an et représenté 10,5% des exportations totales.
https://www.allnews.ch/content/news/allemagne-exc%C3%A9dent-commercial-record-avec-les-etats-unis-en-2024
Conclusion : contrairement à ce que vous imaginez, il ne suffit pas d’exporter pour être rentable ! Et surtout, une économie dépendante de ses exportations est potentiellement une économie fragile, contrairement à une économie endogène.
Luniterre
PS : Voici quelques autres réponses récentes à votre question, telle quelle, sur le net :
L’Allemagne, longtemps moteur de la croissance européenne, sera en récession en 2025 après que son PIB ait déjà diminué les années précédentes.
https://xpert.digital/fr/economie-en-comparaison-internationale-2025/
Etc...
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L'Allemagne d'aujourd'hui vue par "Titi":
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Récent sur la crise banco-centraliste:
Après le 1er volet du débat :
Pour en finir avec le mythe de la "productivité du travail" au XXIe siècle !
Le texte de l'article suivant :
Et la "productivité du capital" dans tout ça ?
https://cieldefrance.eklablog.com/2025/02/et-la-productivite-du-capital-dans-tout-ca.html
...était donc déjà une prolongation du débat, même s'il constituait évidemment un sujet "complémentaire" en soi... Mais le débat a néanmoins repris à la suite, tel que republié ici :
Pour en finir avec le mythe de la "productivité du travail" au XXIe siècle ! (Suite du débat)
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Une première synthèse du débat:
Pour en finir avec le mythe de la "productivité du travail" au XXIe siècle ! (Edition AgoraVox)
Version finale:
Néanmoins, encore une suite au débat:
Pour en finir avec le mythe de la "productivité du travail" au XXIe siècle ! ( Une suite au débat sur VLR)
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Autres articles récents, sur le banco-centralisme :
Suède : la Russie fait reculer le banco-centralisme
https://cieldefrance.eklablog.com/2025/01/suede-la-russie-fait-reculer-le-banco-centralisme.html
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Le "macronisme" est-il une nouvelle forme de "capitalisme" ou une autre forme d’exploitation ?
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Existe-t-il de « l’argent magique », et si oui, au profit de qui ???
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3 303 MILLIARDS (INSEE) Toujours plus haut, la dette, toujours plus bas, la France sous Macron
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Avec le court article suivant, pas mal de liens vers des articles de fond sur le sujet :
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Suite au post qui a servi de base à ce court article :
Sur la place du travail humain dans la mutation banco-centraliste
…Le débat s'était prolongé sur AgoraVox, principalement sur les sujets évoqués dans le titre, mais évidemment en lien avec la mutation banco-centraliste actuelle de l’économie mondiale… :
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Un article un peu plus ancien, mais où Richard Werner, lui-même à l’origine du concept de "Quantitative Easing", décrit on ne peut mieux, à partir de son expérience personnelle d’économiste au Japon, l’évolution économique banco-centraliste de ce premier quart du XXIe siècle, jusqu’à la naissance actuelle des Monnaies Numériques de Banque Centrale et au danger fatidique pour les libertés, économiques, et les libertés tout court, qu’elles représentent :
Richard Werner, "père spirituel" du Quantitative Easing
et "apprenti sorcier" du banco-centralisme
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Pour l’ébauche d’une solution…
Pour un retour à quelques fondamentaux du Gaullisme,
réadaptés en pratique à l’évolution économique du XXIe siècle :
Reprendre le contrôle, à l’échelle nationale, de la vie économique et sociale, y compris dans sa dimension financière, reste la priorité essentielle. Contrôler le crédit, c’est contrôler la création monétaire réelle dans le pays, directement sur le terrain du développement économique, et donc tout à fait indépendamment de son signe, Euro ou autre. Contrôler le crédit permet d’orienter les grandes tendances de l’activité économique vers les activités et secteurs prioritaires pour les besoins de la population et pour l’indépendance de la nation.
C’est pourquoi nous avons proposé, sur Ciel de France, de remettre au centre du débat la reconstruction d’un Conseil National du Crédit, dans une version statutairement adaptée aux nécessités de notre indépendance nationale au XXIe siècle, c’est à dire doté de pouvoirs constitutionnels et d’une représentativité démocratique réelle :
Les leçons de l’Histoire…
Il était une fois… le Conseil National du Crédit (1945). Et aujourd’hui ?
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Pour une étude plus synthétique de l’ensemble du processus de la mutation banco-centraliste depuis la formation du capital industriel, voir aussi :
Le Roi « Capital » est mort, vive la Reine « Dette » !
http://cieldefrance.eklablog.com/le-roi-capital-est-mort-vive-la-reine-dette-a215991921

