Le « faux-monnayage » électro-informatique développé systématiquement par le banco-centralisme depuis la crise de 2007-2008 et qui a littéralement fondé ce nouveau régime avec la pratique généralisée du Quantitative Easing n’est pas pour autant un système de création monétaire livré au seul délire fantaisiste de quelques banquiers centraux en goguette.
S’il a permis, à la suite de cette crise, et à plusieurs reprises depuis, dont la crise abusivement dite « du covid », à la base une simple crise économique et financière de plus, mais la première sérieuse sous l’ère du banco-centralisme, et opportunément « masquée » par la pseudo-« pandémie », de sauver le système de domination de classe, ce n’est pas par l’effet d’un délire de création monétaire hasardeux, mais bien par une stratégie d’adéquation de la masse monétaire au cycle de renouvellement du capital fixe, qui est devenu la base économique de ce système, en lieu et place de l’extraction véritablement capitaliste de la plus-value sur le travail productif, qui n’en continue néanmoins pas moins, au maximum des possibilités résiduelles du capital productif, mais malgré tout insuffisantes pour assurer le cycle de renouvellement du capital fixe et sa répartition entre les différents secteurs économiques, où le secteur tertiaire, essentiellement improductif, représente 80%, et le secteur productif seulement 20%, selon les stats officielles, mais probablement encore moins, si l’on procédait vraiment à une analyse fine des emplois encore réellement productifs.
La masse salariale éventuellement productive de plus-value est donc proportionnellement en voie de réduction constante, avec l’extension de la robotisation et de l’automatisation, alors que la masse du capital fixe a continué de croitre, non seulement hors de proportions avec la masse salariale productive, mais également en proportion de la masse salariale du secteur tertiaire, qui ne peut fonctionner sans son propre développement en capital fixe, décuplant la masse qu’il faudrait donc amortir avec toujours moins de plus-value extraite.
La différence se retrouve donc inévitablement, et de manière structurelle, systémique, dans la dette globale, publique et privée. Les budgets publics étant logiquement une forme de circulation du capital comme une autre, se retrouvant in fine dans la circulation monétaire, soit sous forme de masse salariale, soit sous forme de capital fixe consommé par l’Etat, en plus de ses consommations intermédiaires.
La dette publique étant donc l’un des moyens essentiels, en régime banco-centraliste, pour compenser le défaut de circulation et de renouvellement « naturel » du capital fixe induit par l’évolution technologique « moderne » de l’appareil productif et la nouvelle répartition des catégories sociales qui en découle.
Comme on l’a déjà vu, et notamment en lien avec le Quantitative Easing, la circulation et le gonflement exponentiel du capital financier « fictif » est un autre moyen de permettre le renouvellement du cycle du capital fixe, en « gonflant » artificiellement les « capitaux propres » des entreprises qui leur permettent donc de « garantir » leurs crédits d’investissement.
Comme on l’a déjà vu également il y a donc une « passerelle » en fait presque directe entre dettes publiques et « capitaux propres » des entreprises, précisément par les échanges constants sur les marchés financiers entre « obligations » sur les dettes d’Etats et les titres financiers en « actions » du capital fictif. Echanges qui permettent donc, entre autres, cette « garantie » des « capitaux propres » et donc de la dette des entreprises.
En conclusion, et comme on l’a déjà vu dès 2020 et la dite « crise du covid » le banco-centralisme repose sur un cycle monétaire et financier complet dont la dette, publique et privée, est le pivot central, permettant le renouvellement du cycle du capital fixe et permettant donc à l’ensemble du système de tenir debout, en fonction des « réglages » de politique monétaire des Banques Centrales, eux-mêmes effectués en fonction des données statistiques en leur possession et non en fonction du hasard ou de la pure fantaisie de tel ou tel banquier central, même si ces stratégies ne sont évidemment pas à l’abri d’erreurs d’évaluation.
Comme le montre le récent « mini-krach » induit par la tentative protectionniste de Trump, la masse des profits est actuellement et pour l’essentiel décorrélée de la production réelle de plus-value extraite du travail productif. Elle est devenue principalement tributaire des échanges économiques internationaux et du rapport de forces entre zones monétaires banco-centralisées. Elle dépend donc des capacités de chaque zone à régler à la fois socialement et monétairement son propre cycle de renouvellement du capital fixe à travers la dette publique et privée.
Que ce régime nous plaise ou non, et l’auteur de ces lignes pense qu’il est plutôt à combattre, comme nouvelle forme de domination de classe à caractère particulièrement totalitaire, et nécessairement de plus en plus, à l’avenir, mais le fait est que jusqu’à présent il fait essentiellement un « sans faute », de son propre point de vue de domination, même s’il lui a fallu quelques temps pour s’adapter, par exemple, à la nouvelle donne induite par la guerre en Ukraine.
Sur le même thème, articles de fond plus anciens :
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Un article un peu plus ancien, mais où Richard Werner, lui-même à l’origine du concept de "Quantitative Easing", décrit on ne peut mieux, à partir de son expérience personnelle d’économiste au Japon, l’évolution économique banco-centraliste de ce premier quart du XXIe siècle, jusqu’à la naissance actuelle des Monnaies Numériques de Banque Centrale et au danger fatidique pour les libertés, économiques, et les libertés tout court, qu’elles représentent :
Pour un retour à quelques fondamentaux du Gaullisme,
réadaptés en pratique à l’évolution économique du XXIe siècle :
Reprendre le contrôle, à l’échelle nationale, de la vie économique et sociale, y compris dans sa dimension financière, reste la priorité essentielle. Contrôler le crédit, c’est contrôler la création monétaire réelle dans le pays, directement sur le terrain du développement économique, et donc tout à fait indépendamment de son signe, Euro ou autre. Contrôler le crédit permet d’orienter les grandes tendances de l’activité économique vers les activités et secteurs prioritaires pour les besoins de la population et pour l’indépendance de la nation.
C’est pourquoi nous avons proposé, sur Ciel de France, de remettre au centre du débat la reconstruction d’un Conseil National du Crédit, dans une version statutairement adaptée aux nécessités de notre indépendance nationale au XXIe siècle, c’est à dire doté de pouvoirs constitutionnels et d’une représentativité démocratique réelle :
Pour une approche plus synthétique de l’ensemble du processus de la mutation banco-centraliste depuis la formation du capital industriel, une étude de fond :
Je ne vois pas de "complexe de supériorité" à simplement rappeler des évidences, c’est simplement usant, sinon carrément épuisant, mais le fait est que cela semble malheureusement toujours nécessaire, cinq ans après la dite "crise du covid" qui nous a "révélé" l’évolution banco-centraliste du système de domination de classe.
Bon, mais le mérite de cette polémique est peut-être, finalement, une "réactualisation" en fonction des derniers "développements" du système, ainsi qu’une occasion de plus de souligner l’importance de la répartition entre catégories sociales qui va avec l’évolution du système, en fonction de l’évolution technologique,de l’accroissement de la masse du capital fixe, et de la vitesse de son cycle de renouvellement :
« On en revient donc toujours au fait de distinguer la réalité de l’idéologie »
Ah bon ? Distinguer la réalité de l’idéologie, c’est donc, selon toi, un « complexe de supériorité » ? Alors que c’est tout simplement une des bases élémentaires du matérialisme dialectique et donc aussi du ML que tu m’accuses d’avoir « abandonné », alors qu’il s’agit simplement de parler un langage approprié à une approche ML et donc matérialiste dialectique de notre époque, sensiblement différente des « classiques » mais dont je rappelle toujours les bases à chaque occasion, néanmoins.
Par ailleurs tout le monde peut se faire avoir par un baratineur du genre « Monsieur Elucid » mais je ne pense pas méprisant, bien au contraire, d’exprimer que tu es généralement au dessus de ce genre de piège, et tomber dedans une fois n’est pas coutume si on réfléchit suffisamment pour s’en sortir.
…que la loi Rothschild est arrivée au moment on ne peut plus précis où commençait la phase actuelle de mondialisation, c’est un simple constat, et il n’y a pas de « démonstration » à faire, dans la mesure où il y a un lien suffisamment évident de cause à effet : mondialisation >>> cessation du « capitalisme d’Etat » genre « à la Papa », selon Sannat, ou de type « national bourgeois » selon une terminologie ML plus classique. Et ce n’est évidemment pas dans le contexte actuel, où :
« Actuellement la "Banque de France" est statutairement une simple antenne locale de la BCE et donc abolir la loi Rothschild dans ces conditions n’a évidemment aucun sens et d’autant moins que la BCE possède déjà une partie de la dette publique française sous le régime du droit "privé", rachetée et en partie déjà revendue sur les "marchés secondaires", selon le principe du Quantitative Easing. »
…qui rappelle qu’une partie de la dette actuelle de l’Etat transite déjà par la « BdF » inféodée à la BCE et qu’augmenter cette part ne la retirera en rien de la logique des marchés financiers, dits « secondaires », sur lesquels la « BdF » et la BCE trafiquent déjà notre dette nationale.
…et donc :
« On en revient donc toujours à la question du protectionnisme économique et financier, qui rendra éventuellement possible de régler le problème de la dette publique, et ce qui rendra donc caduque la loi Rothschild, qui restera à abolir, pour la forme. »
Contrôler la dette et le crédit ne peut se faire qu’à l’échelle nationale, d’où l’idée, déjà exprimée, et rappelée systématiquement en lien avec tous les articles sur le sujet, de refonder un Conseil National du Crédit, doté de pouvoirs constitutionnels par référendum, et donc non opposable en droit « européen », selon le « commissaire » Barnier lui-même, même si à propos d’un autre sujet :
Comprends-tu, et comprends-tu qu’il soit tout de même usant et épuisant, à force, ce quasi-« job » à plus que plein temps et non rémunéré de blogueur ???