Par Antoine Potier
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La retraite par capitalisation permet de sacrifier les pauvres et les gens modestes (vidéo 33’08)
29 avril 00:42, par do
« On en revient donc toujours au fait de distinguer la réalité de l’idéologie »
Quand tu m’as dit cela, c’était pour me dire que je suis prisonnier d’une idéologie (de gauche). C’est là ton complexe de supériorité : cette capacité à prétendre voir que je suis prisonnier d’une idéologie.
Et ta façon de dire : « Ce qui est triste c’est que ce genre de manipulateur arrive encore à faire illusion, et notamment sur quelqu’un comme toi qui se pose en contestataire radical du système » Ce n’est pas un complexe de supériorité, peut-être ?
T’es-tu seulement demandé si ce n’était pas toi, par hasard, qui était tombé dans le piège d’une idéologie (de droite ?) ?
Par ailleurs, il me semble que par le passé, dans une ancienne discussion, tu ne pensais pas tant de mal des idéologies, alors que je disais qu’elles étaient toutes nocives. Et qu’il ne fallait pas confondre idéologie et théorie.
Tu dis que la loi Rothschild est arrivée après l’entente Nixon-Mao. Certes, mais on peut dire aussi qu’elle est arrivée après mai 68.
Par ailleurs, je crois avoir lu qu’un équivalent de la loi Rothschild avait été appliqué, aux USA je crois, vers le début du 20e siècle. Auquel cas, on ne peut peut-être pas lier l’application de la loi Rothschild de 1973 en France à la mondialisation. Mais au fait que les propriétaires des banques centrales cherchent depuis très longtemps à prendre le pouvoir. Que les tentatives de "coup d’État des banques centrales" ne datent pas d’hier :
https://mai68.org/spip3/spip.php?article1695
Et je ne sais pas si, avant la deuxième guerre mondiale, un équivalent de la loi Rothschild a ou non été appliqué en France ou dans d’autres pays. Aux USA, j’en suis presque sûr ; mais, je n’ai pas le temps de rechercher où j’ai lu cela.
Ce qui est sûr, c’est que l’esclavage par la dette impliqué par la loi Rothschild de 1973 en France a bien servi les intérêts de la classe dominante, qui a pu désormais prétendre à auprès de la classe dominée qu’il y avait une dette à rembourser collectivement, et qu’il faudrait donc mettre un terme aux revendications. Quoi de mieux pour tenter d’en finir avec la décennie révolutionnaire commencée en mai 68. Bien sûr, cela n’a pas été suffisant. Il a aussi fallu casser la classe ouvrière française qui savait faire grève, et exporter les usines en Asie où la tradition des grèves n’était pas encore implantée.
Amicalement,
do
http://mai68.org
La retraite par capitalisation permet de sacrifier les pauvres et les gens modestes (vidéo 33’08)
29 avril 03:46, par Luniterre
Concernant le début de la nouvelle phase de mondialisation au début des années 70, il y a tellement de facteurs qui se sont combinés historiquement entre eux et avec l’évolution générale du capitalisme à cette époque, avec également des progrès déjà notables dans l’automatisation des processus de production, que, tu peux me le reprocher selon ta démarche actuelle, mais je ne vois pas du tout la nécessité d’y revenir : c’est encore absolument du temps perdu et de l’énergie dissipée en vain…
Concernant l’idéologie, elle est malheureusement un « mal nécessaire » en période révolutionnaire, pour unifier les masses en mouvement sans trop de division si possible, mais le mieux étant tout de même que les éléments les plus avancés aient une formation suffisante pour agir en fonction des événements tout en réfléchissant de manière autonomes, avec l’esprit critique nécessaire pour comprendre les évolutions éventuellement rapides et adapter la stratégie et la tactique du mouvement.
C’est le principe de l’avant-garde ML, que tu me reprocheras donc certainement après m’avoir reproché d’abandonner éventuellement le ML…
Sinon, « gauche/droite » : effectivement ça m’est actuellement bien indifférent d’être vu comme « de droite » ou « de gauche », surtout vu la « gauche » actuelle, systémique jusqu’à la moelle, complètement déliquescente et hypocrite sur à peu près tout, et notamment dans cette vidéo « élucid », qui me semble être un « sommet » du genre, fond et forme.
Il se trouve qu’il y a actuellement bien plus d’analyses critiques pertinentes venant d’éléments plus ou moins marginaux de la droite, effectivement « nostalgiques » du capitalisme « classique », et qui ont de ce fait une approche critique de l’évolution actuelle, généralement mieux étayée que celle des « gauchistes » qui rabâchent un pseudo-« marxisme » qui ne s’appliquait déjà plus au capitalisme de la fin du siècle passé.
Je reprends donc les données et les éléments utiles de ces analyses, mais c’est bien aussi ce que faisait Lénine dans son approche critique de la formation de l’impérialisme, empruntant aux analystes bourgeois le meilleur de leurs travaux économiques.
Il m’est arrivé d’emprunter quelques « figures » au site « élucid », mais rarement ses analyses. Et ce n’est donc pas cette vidéo qui m’en rapprochera…
A l’opposé, en un sens, le fait est que si le système banco-centraliste tient aussi bien le coup, c’est qu’il a évidemment recruté les meilleurs analystes, directement auprès des Banques Centrales, et qui travaillent en plus avec les données sur le temps long, qu’elles ont conservé depuis la fin du XIXe siècle.
Dans la mesure où ce travail est en partie accessible sur les sites destinés aux professionnels de la finance, il n’y a donc pas lieu de s’en priver, même si ce sont des sites « de droite ». Transformer éventuellement la réalité économique implique de comprendre déjà la réalité actuelle pour déterminer les possibilités réalistes et non pas purement fantasmatiques comme c’est devenu généralement le cas dans la gauche actuelle, ce qui explique ses échecs systématiques, même dans ses phases réformistes.
Bref, je continue à chercher à comprendre par mes propres recherches, sans tabous et sans préjugés sur les sources, pourvu qu’elles correspondent à une réalité tangible, et surtout si on peut en plus les « croiser » à partir d’origines complètement différentes. Je ne « tombe » donc, simplement par la force des choses, dans aucune idéologie, évoluant simplement au fil de mes « découvertes » et réflexions en fonction.
Je n’écris donc pas pour tel ou tel public « de gauche » ou « de droite » mais simplement pour faire la synthèse de mes recherches et le fait est donc que cela ne satisfait personne qui a des préjugés, c’est-à-dire à peu près tout le monde…
Ce n’est donc pas un complexe de « supériorité », car je suis conscient de mes modestes capacités, en comparaison de chercheurs scientifique dans les sciences dites « exactes », même si parfois d’une « exactitude » relative, comme nous l’a si bien expliqué le Pr Raoult, mais dans le domaine de l’économie, en tant que simple et modeste autodidacte, je ne fais pas trop de complexe d’ « infériorité » non plus, vu le niveau de ce qu’on trouve généralement, et malheureusement surtout « à gauche »… Quant à l’effet que ça fait aux personnes conditionnées idéologiquement, le fait est actuellement que ça m’est carrément indifférent, pour rester poli…
J’essaye donc de synthétiser au mieux mes modestes connaissances, de rendre ces synthèses simples et accessibles à tout un chacun sans connaissances économiques préalables quand c’est possible, mais ce n’est évidemment pas toujours le cas : la « vulgarisation » a nécessairement une limite au-delà de laquelle on ne peut plus formuler que des approximations grossières au point d’être finalement inutiles.
En conclusion, en tant qu’autodidacte, je continue d’apprendre au quotidien et c’est aussi ce qui me « brouille » inéluctablement avec la plupart des pseudo-« marxistes » qui pensent pouvoir comprendre le monde actuel avec les lectures qu’ils ont fait des classiques, le cas échéant, il y a déjà plusieurs décennies et qui ne veulent surtout pas « s’abaisser » à remettre en cause les quelques bribes qui leur en reste, malgré la distorsion, pourtant généralement flagrante, induite par le temps…
La formation, l’auto-formation, c’est à tous les âges, mais dans le monde actuel de la « gauche » ce n’est donc plus à aucun, et ce n’est pas de mon fait, en tout cas. Y remédier est absolument au-delà de mes possibilités, comme on a déjà pu le voir et je le constate réalistement, en toute modestie.
Pour ce qui me reste à vivre je continue simplement à chercher à comprendre encore, juste dans l’espoir de finir en conservant une relative lucidité.
Luniterre
La suite du débat s’est donc trouvée transposée avec la republication de ce texte, ici en doc PDF :
La-fin-des-avant-gardes-les-situationnistes-et-mai-1968
Sur VLR :
https://mai68.org/spip3/spip.php?article3606
La fin des avant-gardes : les situationnistes et mai 1968 (PDF)
30 avril 15:32, par Luniterre
Bonjour, camarade do !
Ce texte est évidemment passionnant comme regard historique particulier sur cette époque, et on n’en finirait pas de débattre de tel ou tel point ou aspect de cette analyse.
Pour le débat qui nous occupe maintenant, et qui a complètement dérivé par rapport à "Monsieur Elucid", à mon sens essentiellement anecdotique, d’où mon intrusion "anonyme", je retiens donc le passage suivant, in extenso, à partir duquel il est éventuellement possible d’avancer. Auparavant, une précision sur la notion de « capitalisme surdévellopé », que l’on peut déterminer comme fausse, aujourd’hui : le capitalisme était tout simplement à son apogée à cette époque, et sur le point d’aborder sa courbe descendante, ce qui nous renvoie aux considérations historiques déjà évoquées dans ce débat. C’est important, car la notion de crise systémique et les rapports de classes ne sont plus du tout les mêmes dans cette phase descendante du capitalisme, qui s’achève avec la crise de 2007-2008, qui nous a donc fait rentrer de plein pied dans l’ère du banco-centralisme, même si la conscience collective n’a pas encore intégré cet aspect primordial de la réalité actuelle.
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« Chaque fois qu’elle sait agir, elle unit la pratique et la théorie, qui constamment procèdent l’une de l’autre, mais jamais elle ne croit pouvoir accomplir ceci par la simple proclamation volontariste de la nécessité de leur fusion totale. Quand la révolution est encore très loin, la tâche difficile de l’organisation révolutionnaire est surtout la pratique de la théorie. Quand la révolution commence, sa tâche difficile est, de plus en plus, la théorie de la pratique ; mais l’organisation révolutionnaire alors a revêtu une tout autre figure. Là, peu d’individus sont d’avant-garde, et ils doivent le prouver par la cohérence de leur projet général, et par la pratique qui leur permet de le connaître et de le communiquer ; ici des masses de travailleurs sont de leur temps, et doivent se maintenir comme ses seuls possesseurs en maîtrisant l’emploi de la totalité de leurs armes théoriques et pratiques, et notamment en refusant toute délégation de pouvoir à une avant-garde séparée. Là une dizaine d’hommes efficaces peuvent suffire au commencement de l’auto-explication d’une époque qui contient en elle une révolution qu’elle ne connaît pas encore, et qui partout lui semble absente et impossible ; ici il faut que la grande majorité de la classe prolétarienne tienne et exerce tous les pouvoirs en s’organisant en assemblées permanentes délibératives et exécutives, qui nulle part ne laissent rien subsister de la forme du vieux monde et des forces qui le défendent » [16]. À suivre ce texte, Debord estime donc que l’I. S. a accompli sa tâche et qu’il ne lui reste plus qu’à disparaître. Il y a ici une cohérence très forte avec la manière dont l’I.S. définissait sa tâche dès janvier 1963 : « Comment allons-nous mettre en faillite la culture dominante ? De deux façons, graduellement d’abord et puis brusquement » [17].
Ce qui se dégage de ces textes, c’est une conception de l’avant-garde qui se distingue rigoureusement, par exemple, des conceptions léninistes. L’époque révolutionnaire (celle qu’ouvre selon Debord mai 1968) est aussi l’époque de la fin des avant-gardes. Ce qui distingue une organisation révolutionnaire, ce n’est ni le caractère exclusivement pratique de son activité, ni son caractère exclusivement théorique, mais toujours une union de la théorie et de la pratique, union qui est elle-même modulée en fonction des conditions objectives (historiques) que l’histoire lui présente. Si l’I.S. peut se définir comme une avant-garde, c’est parce qu’elle s’est trouvée avoir une activité essentiellement théorique, dans une période qui semblait avoir conjuré toute forme de changement radical. Elle devait alors formuler un projet cohérent, porté par un petit nombre d’individus dont l’essentiel des activités consistait à communiquer ce projet et à montrer à son temps les conditions d’une révolution. Mais, dès lors que s’est manifestée à nouveau la possibilité de la révolution, les avant-gardes n’ont plus leur place, elles risquent au contraire (j’y reviendrai à propos de la fin de l’I.S. comme principal effet de mai 1968 sur les situationnistes) de dégénérer en embryon de bureaucratie.
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A la suite la problématique de l’article semble être de déterminer dans quelle mesure "Mai 68" constitue une "Révolution" à proprement parler.
Le "projet politique" du situationnisme était nettement axé sur le pouvoir éventuel des Conseils Ouvriers, et il est donc difficile de prétendre à la suite que Mai 68 n’a pas été un échec.
Est-ce que la situation aurait été différente avec une organisation de type léniniste réellement implantée dans la classe ouvrière ? La question est désormais à peu près complètement sans objet, étant donné le changement d’époque historique et de répartition des classes sociales qui va avec.
Il n’est donc pas nécessairement utile de débattre d’une situation qui ne se reproduira plus.
Dans une sorte d’équivalent futur purement hypothétique qui se produirait dans les conditions nouvelles du banco-centralisme la question serait donc : faut-il ou non promouvoir et encourager une révolution au risque de la voir "récupérée" par une forme ou une autre de pouvoir bureaucratique ?
Une révolution "idéalement" démocratique, ça ne s’est jamais produit et reste tout à fait improbable, vu que cela implique un saut de niveau de conscience collective de nature quasiment uniforme de toutes les classes populaires en mouvement, saut lui-même ressortant d’une conception complètement idéaliste de l’histoire, contraire à l’évidence de toute expérience sociale jusqu’à présent, et pour cause.
Donc on en revient toujours à la question de prendre ou non le risque d’une "récupération" bureaucratique… C’est simplement une question pragmatique, et non pas une question de "complexe de supériorité" !
"Qui ne risque rien n’a rien" nous rappelle un proverbe populaire de simple bon sens et logique. Donc pour moi la réponse serait plutôt oui, il faut prendre le risque.
Mais dans le contexte actuel ce n’est donc que pure spéculation intellectuelle, déconnectée de cette réalité brutale : le niveau de conscience collective populaire continue d’être en chute libre, et bien davantage précipitée que freinée ou retenue par ce qui reste des idéologies pseudo-"révolutionnaires" ou même simplement "de gauche" qui subsistent encore dans la société.
Dans ce contexte, essayer même de simplement "résumer" l’essentiel du changement historique en cours mène plutôt inévitablement à un échec de communication, pour l’essentiel, qui n’est donc pas réellement dû, me semble-t-il, à un supposé "complexe de supériorité", de type "avant-gardiste" ou autre, mais simplement à une approche la plus pragmatique possible de la réalité, qui reste évidemment nécessaire, et la base première de toute démarche lucide, sinon encore "révolutionnaire", dans un contexte qui ne l’est manifestement pas du tout.
Luniterre
Banco-centralisme : définition et mise au point
https://cieldefrance.eklablog.com/2025/04/banco-centralisme-definition-et-mise-au-point.html
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PS: le problème du décalage historique des "étapes" révolutionnaires a été maintes fois posé et souvent avec pertinence par les théoriciens marxistes, à propos de la confusion possible entre révolution bourgeoise et révolution prolétarienne, alors que les phases événementielles de l'une et de l'autre se sont trouvées spectaculairement rapprochées dans le temps, au point de rendre cette confusion possible, même si la phase prolétarienne est finalement restée historiquement inaboutie.
Ce "rapprochement" était donc dû à l'accélération brutale de l'évolution des forces productives, avec la révolution industrielle.
Malgré les évolutions spectaculaires de la technologie ces dernières décennies, ou plutôt à cause d'elles, le prolétariat industriel à pour l'essentiel disparu en tant que classe en soi et pour soi, sans être pour autant "remplacé" par une autre catégorie ou classe sociale réellement stratégiquement et massivement à la pointe de l'évolution des forces productives, et pour cause...
A l'époque de l'émergence du prolétariat industriel il était encore possible de transposer une partie du langage de la révolution bourgeoise dans la constitution du langage politique prolétarien, à condition de faire les bons distinguos sur quelques points essentiels.
La transition économique et sociale actuelle est complètement inédite et rend ce genre de démarche tout à fait impossible, ce que ne comprennent pas les pseudos-"révolutionnaires" engoncés dans un langage du siècle dernier.
Commencer par acter le changement d'époque historique est le premier pas vers la renaissance d'un véritable mouvement de contestation, sans même parler encore de construction d'une alternative, pourtant urgemment nécessaire.
Chaque jour, chaque semaine qui passent sont une hauteur de chute supplémentaire dans l'abîme actuel de la conscience sociale et qu'il sera d'autant plus difficile de remonter, si même encore possible.
A la "vitesse de précipitation" actuelle il est fort peu probable que je puisse véritablement voir et/ou participer à une telle "résurrection" d'un mouvement populaire remettant en cause ce nouvel ordre établi, et donc, encore une fois, je ne suis, pour ce qui me reste à vivre, qu'un modeste observateur critique de tout ce processus , sans aucun "complexe de supériorité", mais simplement atterré, consterné, et finalement rendu presque "fataliste", si ce n'était l'instinct de "survie mentale" qui me pousse jusqu'au bout à tenter d'analyser et de synthétiser au mieux de mes modestes moyens l'ensemble de ce processus malheureusement un des plus délétères que l'humanité ait connu jusqu'à présent.
Le processus suivant, et déjà profondément enclenché, étant l'extension de l'IA à tous les domaines de la vie sociale, et finalement, son autonomisation en tant que processus en soi et pour soi, déjà également largement ébauché, selon la logique interne élémentaire de ce processus lui-même.
Luniterre
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