Par Antoine Potier

Gaza : le Hamas rejette
une proposition de trêve
après de nouveaux raids
israéliens meurtriers
Moyen-Orient
Après de nouvelles frappes israéliennes meurtrières, le Hamas a décliné jeudi une proposition de trêve transmise par l’Égypte, exigeant un accord global mettant fin à la guerre. Alors qu’Israël poursuit ses opérations militaires, la situation humanitaire à Gaza devient de plus en plus catastrophique.
FRANCE 24 - Publié le : 17/04/2025 - 17:41 Modifié le : 18/04/2025 - 07:52
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Un Palestinien à côté de corps de proches tués dans une frappe israélienne et transportés à l'hôpital indonésien de Beit Lahia, dans le nord de la bande de Gaza, le 17 avril 2025. © Bashar Taleb, AFP
Le mouvement islamiste palestinien Hamas a rejeté jeudi 17 avril une proposition israélienne de trêve à Gaza, réclamant un accord "complet" pour mettre fin à la guerre, après de nouvelles frappes israéliennes qui ont coûté la vie à au moins 40 Palestiniens, selon les secouristes.
Le Hamas avait réservé sa réponse sur cette proposition, transmise par le médiateur égyptien. "Les accords partiels sont utilisés par (le Premier ministre israélien Benjamin) Netanyahu et son gouvernement comme couverture pour son projet politique (...) et nous ne participerons pas à cette politique", a déclaré Khalil al-Hayya, son négociateur en chef.
Le ministre des Finances israélien, Bezalel Smotrich, une figure d'extrême droite, a réagi en appelant à "intensifier les combats" à Gaza, pilonnée par l'armée israélienne qui y a aussi élargi ses opérations terrestres depuis le 18 mars, rompant une trêve de deux mois.
Le Hamas a formellement rendu jeudi soir sa réponse par écrit aux médiateurs en Égypte et au Qatar, a dit à l'AFP un responsable du Hamas. Le mouvement islamiste palestinien "cherche un accord global impliquant un échange de prisonniers en une seule fois en échange de l'arrêt de la guerre, d'un retrait de l'occupation de la bande de Gaza, et du début de la reconstruction" dans le territoire, a ajouté Khalil al-Hayya.
Israël a juré de détruire le Hamas, au pouvoir à Gaza depuis 2007 et considéré comme une organisation terroriste par Israël, les Etats-Unis et l'Union européenne. Il exige son désarmement et le départ de ses combattants de Gaza, ce que le mouvement refuse.
"Tout a explosé"
Jeudi matin, le porte-parole de la Défense civile, Mahmoud Bassal, a fait état "d'au moins 16 martyrs, la plupart des femmes et des enfants, dans le tir de deux missiles israéliens sur plusieurs tentes abritant des familles déplacées dans la zone d'Al-Mawassi", dans la région de Khan Younès.
Un père et son enfant ont aussi été tués dans une frappe contre leur tente près d'Al-Mawassi, a-t-il ajouté. Des images de l'AFP ont montré des tentes en feu dans le secteur, et des membres de la défense civile luttant contre les flammes, et des civils s'employant à recueillir les restes de victimes.
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Des enfants dans un camp de déplacés touché par une frappe à Khan Younès, dans le sud de la bande de Gaza, le 17 avril 2025. © Eyad Baba, AFP
"Soudain on a vu une lumière rouge. Puis les tentes ont explosé et pris feu. Tout a explosé. Nous avons couru vers la mer et vu le feu se propager d'une tente à l'autre. Des enfants ont été déchiquetés !", s'exclame Israa Aboulrouss, une déplacée à Mawassi.
Dans le nord de Gaza, la défense civile a aussi fait état de sept morts, "en majorité des femmes et des enfants", dans une frappe sur une tente de déplacés à Beit Lahia.
À Jabalia, une frappe a touché un abri de fortune, tuant au moins sept membres d'une même famille et un raid sur une école abritant des déplacés a coûté la vie à six personnes, a-t-elle ajouté. Deux autres Palestiniens ont péri dans des tirs israéliens à Gaza-ville. Le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) a par ailleurs annoncé qu'un de ses locaux à Gaza avait été "endommagé par un explosif", le deuxième incident de ce type en trois semaines, s'affirmant "scandalisé".
"Une stratégie visant
à rendre un territoire
invivable"
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Israël étend son contrôle sur la bande de Gaza. © Omar Kamal, Valentin Rakovsky, AFP
Resserrant l'étau, l'armée israélienne a annoncé mercredi avoir transformé 30 % du territoire palestinien "en périmètre de sécurité", une zone tampon dont est bannie la population.
Une "stratégie qui consiste à rendre le territoire invivable", pour Agnès Levallois, maîtresse de conférence à la Fondation pour la recherche stratégique.
NDLR - Voir à la suite article TV5Monde encore + récent: au 18 avril il s'avère en fait que cette réduction du territoire gazaoui est en réalité supérieure à 50%!
La quasi-totalité des 2,4 millions de Gazaouis ont été déplacés au moins une fois depuis le début de la guerre.
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Des Palestiniens autour des débris après qu'une frappe a touché un camp de déplacés dans la région de Khan Younès, dans le sud de la bande de Gaza, le 17 avril 2025. © Eyad Baba, AFP
Alors que "chaque habitant de Gaza dépend pour survivre de l'aide humanitaire", celle-ci est "menacée d'un effondrement total" en raison du blocus imposé par Israël sur son entrée à Gaza depuis le 2 mars, ont alerté jeudi 12 ONG dans un communiqué commun. Le Hamas a lui accusé Israël d'utiliser "la famine comme arme" de guerre.
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Un garçon récupère le reste de la farine renversée après une frappe sur un camp de fortune à Khan Younès, dans le sud de la bande de Gaza, le 17 avril 2025. © Eyad Baba, AFP
À Rafah, Nidal Wresh Agha dit "prier" pour que les armes se taisent "pour que nous puissions nous reposer, tenir nos enfants près de nous, respirer à nouveau et essayer de récupérer les fragments d'une vie enfouie dans les décombres".
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L'offensive israélienne
réduit la bande de Gaza
à peau de chagrin
Le 18 avr. 2025 à 11h58 (TU) Mis à jour le 18 avr. 2025 à 14h07 (TU) Par AFP Par Chloé ROUVEYROLLES-BAZIRE avec Louis BAUDOUIN-LAARMAN et Pierre-Henry DESHAYES
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Sur le campus de l'Université islamique de Gaza, endommagé par des frappes israéliennes et où s'abritent des déplacés, le 16 avril 2025 AFP BASHAR TALEB
En prenant le contrôle de pans entiers de la bande de Gaza, Israël redessine la carte du territoire palestinien déjà très densément peuplé avant la guerre et menacé de devenir de moins en moins habitable.
L'armée israélienne, en guerre contre le mouvement islamiste Hamas depuis 18 mois, dit avoir transformé environ 30% du territoire en "zone de sécurité opérationnelle", un no man's land dont les habitants palestiniens sont bannis.
D'après un calcul de l'AFP à partir des cartes publiées par l'armée, le périmètre concerné représente en fait environ 187 km2, soit un peu plus de la moitié du territoire.
"La stratégie menée par Israël dans la bande de Gaza est une stratégie qui consiste à rendre le territoire invivable", analyse Agnès Levallois, maîtresse de conférence à la Fondation pour la recherche stratégique.
Sur le terrain, l'armée a créé une large zone tampon qui épouse le contour des frontières de la bande de Gaza, y compris au sud, près de l'Egypte, la cadenassant encore plus face notamment aux risques de contrebande transfrontalière d'armes.
Les troupes israéliennes ont aussi mis en place trois couloirs militarisés (Philadelphie, Morag et Netzarim) dans la largeur du territoire, sectionnant celui-ci en plusieurs tronçons.
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Carte de la bande de Gaza montrant les zones contrôlées par l'armée israélienne aux 12 et 13 avril 2025 AFP Omar KAMAL, Valentin RAKOVSKY
Avant le début de la guerre, déclenchée le 7 octobre 2023 par l'attaque du Hamas dans le sud d'Israël, Gaza, un tout petit territoire de 365 km2, était déjà l'un des plus densément peuplés au monde, avec 2,4 millions d'habitants.
"L'armée israélienne recoure de plus en plus à des +ordres d'évacuation+ qui sont, en fait, des ordres de déplacement forcé", a fustigé une porte-parole du Haut-Commissariat de l'ONU aux droits de l'homme, Ravina Chamdassani.
"Cela a entraîné le transfert forcé de Palestiniens à Gaza vers des zones de plus en plus restreintes, où ils ont peu, ou pas, accès aux services vitaux", a-t-elle noté.
Plus petit, l'espace restant aux Palestiniens est, pour l'essentiel, un champ de ruines: les Nations unies estiment que 80% des infrastructures civiles de Gaza ont été totalement ou partiellement détruites.
La plupart des hôpitaux ont été endommagés ou sont hors service, les écoles servent de refuges aux personnes déplacées et une partie importante de la population est condamnée à vivre dans des tentes et autres abris de fortune.
Difficile dans ces conditions d'en faire une partie d'un Etat palestinien viable, à l'heure où des pays comme la France envisagent de reconnaître un tel Etat.
Pour Mme Levallois, Israël pourrait ne pas étendre davantage sa mainmise et "laisser le reste (du territoire) comme à l'abandon, en autorisant le minimum d'aide humanitaire à rentrer".
"Ce pourrait être un scénario de somalisation, c'est-à-dire sans autorité qui soit capable d'émerger de ce terrain de ruines", dit-elle en référence à la Somalie.
Dans la zone tampon qu'elle contrôle désormais, l'armée israélienne a systématiquement détruit les bâtiments civils, selon des témoignages de soldats ayant requis l'anonymat, recueillis par l'ONG israélienne anti-occupation Breaking the Silence et des médias internationaux.
"Nous les avons détruits un par un d'une manière très méthodique", a déclaré un soldat israélien, présenté comme un lanceur d'alerte, à la chaîne américaine CNN.
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Des chars israéliens près de la bordure de la bande de Gaza, dans le sud d'Israël, au lendemain de la reprise des opérations militaires israéliennes dans le territoire palestinien, le 19 mars 2025 AFP Jack GUEZ
Au sein du gouvernement de Benjamin Netanyahu, l'un des plus à droite de l'histoire d'Israël, certains ne cachent pas leur souhait de "conquérir" Gaza.
En novembre, le ministre des Finances, Bezalel Smotrich, évoquait la possibilité de "réduire de moitié la population palestinienne" par "une émigration volontaire".
L'exécutif israélien a salué l'idée lancée par le président américain, Donald Trump, de faire de Gaza une "Riviera du Moyen-Orient", et d'en chasser ses habitants.
Des personnalités israéliennes militant pour un retour des colonies dans la bande de Gaza, évacuées en 2005, disent avoir des projets très concrets et se rendent régulièrement en bordure de Gaza.
Pour l'heure, le Premier ministre israélien ne s'est engagé à rien.
Mais en l'absence de feuille de route claire pour l'après-guerre, l'avenir du territoire palestinien reste incertain.
"Il n'y a pas de stratégie, ou alors la seule c'est d'adopter la vision de Trump qui consiste à inciter les Palestiniens à quitter Gaza", juge Michael Milshtein, expert des affaires palestiniennes au Centre Moshe Dayan de l'université de Tel-Aviv.
"C'est absurde, la plupart des gens en Israël savent que c'est une utopie, et il semble que même Trump ne s'intéresse plus vraiment à cette idée", conclut-il.
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Des Palestiniens de Gaza affamés se rabattent sur la viande de tortue
Par Le Figaro avec AFP
Publié le 19 avril 2025 à 11h49, mis à jour le 19 avril 2025 à 21h03
Depuis le 2 mars, Israël bloque toute livraison humanitaire, accusant le Hamas de détourner l’aide. La population tente donc de se nourrir par tous les moyens et se rabat sur la pêche à la tortue, riche en protéines.
Dans une bande de Gaza où les protéines sont rares, certains se résignent à manger des tortues marines. Une fois la carapace retirée, la viande est découpée, bouillie, puis mélangée avec quelques bouts de poivrons. «Les enfants étaient réticents, on leur a dit que c'était aussi délicieux que du veau», explique Majida Qanan, un œil veillant sur les morceaux de viande rouge mitonnant sur un feu de bois. «Certains en ont mangé, d'autres pas».
Faute de mieux, c'est la troisième fois que cette Palestinienne de 61 ans prépare un repas à base de tortue pour sa famille déplacée, qui vit aujourd'hui sous une tente à Khan Younès, dans le sud de la bande de Gaza.
Après 18 mois de guerre dévastatrice entre Israël et le mouvement islamiste Hamas, le territoire et ses 2,4 millions d'habitants se trouvent dans une situation humanitaire critique. «La famine n'est pas seulement un risque, mais semble se développer rapidement dans presque toutes les régions de Gaza», a averti cette semaine un collectif d'ONG internationales.
Espèce protégée
Depuis le 2 mars, Israël bloque toute livraison humanitaire, accusant le Hamas de détourner l'aide. Le mouvement palestinien dément, accusant en retour Israël d'utiliser «la famine comme arme de guerre». «Il n'y a aucun point de passage ouvert et il n'y a rien sur le marché», reprend Majida Qanan. «J'achète deux petits sacs (de légumes) pour 80 shekels (19 euros), et il n'y a pas de viande», témoigne-t-elle.
Alors, même si ce sont des espèces protégées à l'échelle internationale, les tortues marines capturées dans les filets des pêcheurs font l'affaire. Pour nettoyer la viande, Majida Qanan la mélange avec de la farine et du vinaigre. Puis elle la rince, la fait bouillir dans une vieille marmite cabossée avant de la faire revenir en l'assaisonnant d'oignons, tomates et poivrons.
Tortue halal
«On n'aurait jamais cru qu'on mangerait de la tortue», confie son cousin Abdul Halim Qanan, pêcheur. «Quand la guerre a commencé, on n'avait pas de nourriture et c'est tout ce qu'on avait en guise de protéines. Il n'y avait pas viande, les prix des légumes étaient astronomiques. Personne ne pouvait se les permettre».
Selon le Bureau des Affaires humanitaires de l'ONU (Ocha), la bande de Gaza est aujourd'hui probablement plongée dans «la pire» situation humanitaire depuis le début de la guerre déclenchée le 7 octobre 2023 par une attaque sans précédent du Hamas contre Israël. En juin dernier, les acteurs du secteur humanitaire avaient évoqué des Palestiniens si démunis qu'ils en étaient parfois réduits à se nourrir d'aliments pour animaux ou d'herbe, et à boire des eaux usées.
Entretemps, une trêve, entrée en vigueur le 19 janvier, a permis d'augmenter les livraisons humanitaires, jusqu'au nouveau blocage israélien, suivi, le 18 mars, de la reprise de ses opérations militaires. Les tortues, elles, sont tuées selon les rites halal, c'est-à-dire conformément aux préceptes de la religion musulmane, assure Abdul Halim Qanan. «S'il n'y avait pas de famine, on n'en mangerait pas mais il faut bien compenser (le manque de protéines) avec quelque chose».
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Gaza: les hommages se multiplient pour Fatima Hassouna, «les yeux» de la cinéaste Sepideh Farsi
Depuis l'annonce de sa mort en milieu de semaine, les hommages à la photographe et écrivaine palestinienne Fatima Hassouna, Fatem pour ses intimes, se multiplient dans les médias et sur les réseaux sociaux. Sa disparition brutale, dans le bombardement de son domicile, symbolise le sort de nombreux journalistes témoins de l'horreur du quotidien de Gaza.
Son sourire éclatant apparaît en boucle sur les réseaux sociaux. L'annonce de la mort de Fatima Hassouna, 25 ans, photographe, est tombée mercredi 16 avril sur les dépêches AFP et Reuters : « La Défense civile palestinienne a annoncé mercredi la mort de 11 personnes, parmi lesquelles des femmes et des enfants dans des frappes israéliennes dans la bande de Gaza. 'Nos équipes ont transféré à l'hôpital al-Chifa de la ville de Gaza 10 martyrs et plusieurs blessés, dont un certain nombre d'enfants et de femmes, à la suite du ciblage de la maison de la famille Hassona'', a déclaré à l'AFP le porte-parole de cette organisation de secours, Mahmoud Bassal. »
https://bsky.app/profile/rsf-interfr.bsky.social/post/3lmzjgocs4c2b
« Son sourire était aussi magique que sa ténacité : témoigner, photographier Gaza, distribuer des vivres malgré les bombes, le deuil et la faim », peut-on lire dans le bel hommage qu'a publié l'Acid (l'Association du cinéma indépendant pour sa diffusion), à l'annonce de sa mort. Fatima Hassouna documentait le quotidien de Gaza et donc la guerre. « Elle savait qu'elle pouvait mourir », raconte la cinéaste iranienne Sepideh Farsi qui a travaillé avec la photographe pendant un an, pour documenter le siège de Gaza. C'était « une jeune femme solaire, pleine de vie et d'humour », raconte la cinéaste sur notre antenne, malgré les difficultés. Dans l'un des derniers messages audios transmis par la photographe, elle témoigne des pénuries d'électricité, des difficultés à communiquer avec l'extérieur, du chaos ambiant.
« On parlait et je filmais tout »
L'enclave étant fermée aux journalistes non Gazaouis, fermée aux témoins étrangers, la cinéaste iranienne a cherché un témoin qui puisse raconter le cauchemar quotidien d'une vie sous les bombes, sous le vrombissement des drones, de faim et de peur. « Je voulais une voix de l'intérieur », explique la cinéaste sur RFI. C'est un ami qui lui parle de Fatima, tandis qu'elle, elle est bloquée au Caire, sans pouvoir entrer à Gaza faute de visa. La Palestinienne a été ses yeux, photographiant et racontant dans des entretiens vidéos quasi quotidiens la vie à Gaza. Le produit de leurs échanges, on pourra le découvrir dans un documentaire, Put Your Soul on Your Hand and Walk.
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La photo-journaliste palestinienne Fatima Hassouna, tuée a Gaza mercredi 16 avril 2025. © Sepideh Farsi
Dans ce récit, la réalisatrice mêle, pendant près de deux heures, les appels vidéos avec Fatima Hassouna, ses clichés et des extraits de journaux télévisés sur la guerre. « On parlait et je filmais tout », raconte sur RFI Sepideh Farsi, dans un dispositif établi d'un commun accord. « Fatem devint mes yeux à Gaza, et moi, une fenêtre ouverte sur le monde. J'ai filmé, saisissant les instants que nous offraient nos appels vidéos, ce que Fatem m'offrait, pleine de fougue, d'énergie. J'ai filmé ses rires et ses larmes, son espoir et sa dépression. J'ai suivi mon instinct. Sans savoir à l'avance où nous mèneraient ces images. C'est la beauté du cinéma. La beauté de la vie », témoigne la cinéaste dans le communiqué de l'Acid.
Leur dernier échange, raconte encore la cinéaste, fut pour partager la joie de voir leur film sélectionné au prochain festival de Cannes par l'Acid. Le festival devait être aussi l'occasion d'une rencontre « en vrai », enfin. Un film qui pourrait faire écho aux poignants récits de la guerre en Syrie cette fois, ces témoignages filmés de l'intérieur dans Pour Sama, journal d'une mère syrienne, ou surtout Eau argentée. Syrie autoportrait, de Ossama Mohammed et Wiam Simav Bedirxan, quand les Syriens – seuls témoins de l'horreur quotidienne - étaient devenus les cinéastes de leur guerre, comme les Palestiniens aujourd'hui. C'est alors une jeune Kurde - Wiam Simav Bedirxan – qui, à Homs, filme pour les deux réalisateurs en exil.
Les journalistes sont devenus des cibles
La mort de Fatima Hassouna survient au moment où, une nouvelle fois, les organisations professionnelles de journalistes se mobilisent pour dénoncer les assassinats ciblés de reporters et photographes par l'armée israélienne. En France, une lettre ouverte de sociétés de journalistes et organismes de défense de la liberté de la presse, a été publiée sur plusieurs médias, dont RFI, le week-end dernier, rappelant que plus de 200 journalistes ont été tués depuis l'entrée des troupes israélienne à Gaza en octobre 2023. Un rassemblement a été organisé, symboliquement, place de la Bastille à Paris, mercredi 16 avril. « Fatem existe, dans son travail et dans mon film, s'insurge Sepideh Farsi, mais les autres Palestiniens, ceux que l'on ne connaît pas ? »
https://bsky.app/profile/rsf-interfr.bsky.social/post/3lmzox57lvc2m
« Il n'y a plus de doute à avoir, ce qui court aujourd'hui à Gaza n'est plus, et depuis longtemps, une réponse aux crimes commis par le Hamas le 7 octobre, c'est un génocide. J'accuse ceux qui le commettent ainsi que leurs complices et je demande justice pour Fatem et tous les Palestiniens innocents qui ont péri. », conclut Sepideh Farsi dans la lettre de l'Acid.
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Source de la compilation:
https://cieldefrance.eklablog.com/2025/04/gaza-le-genocide-a-nouveau-en-marche-acceleree.html
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