Fondamentalement, le patrimoine qui représente la valeur cumulée d’un stock d’actif est censé dépasser le PIB.
La capitalisation boursière représente les profits futurs actualisés du taux d’intérêt.
En tout cas, c’est censé se passer ainsi, mais la bourse a augmenté car les taux d’intérets diminuaient.
Actuellement, la capitalisation boursière US est, selon certaines sources, autour de 200% du PIB du pays, voire même largement plus, selon certains… Après moultes recherches j’ai fini par trouver ce graphe qui semble donc être à peu près à jour et qui raconte l’évolution de ce ratio, qui a effectivement dépassé 200% en 2021, pour varier encore, ensuite :
Pour Warren Buffet lui-même, sensé savoir de quoi il parle, en tant que principal instigateur de cet indicateur, le bon ratio est autour de 100%, mais en tout cas pas au-delà de 120%…
En 2017 on trouvait un » commentaire » de science po malheureusement assorti de graphes peu lisibles, mais qui disait, un peu à votre manière, mais pas sans réserves, pour le moins :
« La capitalisation boursière représente la valeur des entreprises cotées en bourse. Elle est censée refléter les profits futurs de ces entreprises, tels qu’ils sont anticipés par les acteurs financiers. Les montants indiqués par ces graphiques montrent que la capitalisation boursière est totalement déconnectée de l’économie réelle. Dans le même temps, ces évolutions boursières ont un impact très net sur l’économie réelle, c’est flagrant lors des épisodes de crises et de krachs. »
A la suite, un extrait passionnant du Temps Suisse, et même d’autant plus passionnant qu’il date précisément de la dite « crise du covid » :
« La capitalisation boursière mondiale atteint un sommet historique
Alors que l’économie mondiale est toujours ralentie par la pandémie de Covid-19, la valeur de l’ensemble des actions cotées dans le monde atteint 95 000 milliards de dollars. Soit davantage que le PIB global, ce qui indiquerait que les actions sont en situation de bulle spéculative
Sébastien Ruche - Publié le 16 novembre 2020 à 19:24. / Modifié le 17 novembre 2020 à 07:34.
L’ensemble des actions cotées en bourse sur la planète vaut 95 000 milliards de dollars. Ce nouveau sommet historique a été atteint la semaine passée, sur fond de nouvelles positives concernant le futur vaccin de Pfizer contre le coronavirus. Surtout, la capitalisation boursière mondiale dépasse dorénavant le PIB mondial, ce qui indique que les marchés actions seraient en situation de bulle spéculative. Quel sens donner à cet « indicateur Buffett » ? Cette bulle est-elle sur le point d’exploser ?
La dernière fois que cet indicateur a atteint son niveau actuel, le monde se dirigeait vers la crise financière de 2008. La capitalisation boursière mondiale représente actuellement 108% du PIB global, selon un calcul de Blomberg. Ce ratio avait fini par dépasser 120% fin 2007. Cela signifie que la valeur de l’ensemble des entreprises cotées en bourse sur la planète dépasse la quantité de richesse créée dans le monde. Cette déconnexion entre ces deux indicateurs signifie que les actions sont surévaluées, avec une réelle possibilité qu’elles se trouvent en situation de bulle spéculative. »
Bref, se faire des « choses » en or quand l’économie est au plus mal question productivité, c’est bien un trait typique du banco-centralisme, qui « dirige » les restes de l’économie en fonction de ses décisions monétaires, et ici notamment en faveur de cette « vaccination » à outrance qui a surtout prouvé son inefficacité, sinon sa toxicité, même, selon certains.
"Fondamentalement, le patrimoine qui représente la valeur cumulée d’un stock d’actif est censé dépasser le PIB.
La capitalisation boursière représente les profits futurs actualisés du taux d’intérêt.
En tout cas, c’est censé se passer ainsi, mais la bourse a augmenté car les taux d’intérets diminuaient."
Malgré tout assez peu clair comme formulation, votre post en trois assertions semble porter sur la correlation entre capital boursier et économie dite « réelle », que l’on peut mieux définir, dans ce cas de comparaison et de relation éventuelle, comme « capital productif », la comparaison étant avec le caractère ultra volatil et même « fictif » du capital financier.
Le marché actions, et depuis longtemps, ne réagit que secondairement à la notion de dividende, qui est pourtant « l’intérêt » au sens basique, mais bien plutôt directement à la spéculation la plus arbitraire et en partie subjective : Par exemple Tesla a choisi, par « principe », de ne jamais verser de dividendes, ce qui n’en fait pas moins un « objet » essentiel des spéculations en cours depuis des années déjà.
Votre dernière assertion sur la diminution des taux d’intérêts semble vouloir en quelque sorte « décrédibiliser » la valeur de l’indicateur « Buffett » au motif d’un effet de « compensation » des taux bas par des investissements « refuge » en bourse.
C’était principalement le cas durant la période « covid » et « post-covid », avec parfois même des crédits à taux négatifs de la part des Banques Centrales.
Mais même avec des taux actuellement plus élevés, les marchés financiers restent eux-aussi à un niveau élevé, et les banques ont malgré tout toujours besoin de refinancement de la part des Banques Centrales pour pouvoir alimenter le marché en crédits, qui restent donc une forme de création monétaire ex nihilo.
Que ce soit ainsi ou par rachat d’obligations sur les marchés secondaires, le gonflement de la masse monétaire établit un lien de « symbiose » entre dette et capital fictif.
Une « symbiose » qui n’est « naturelle » que dans la mesure où la formation de la dette globale est en grande partie devenue systémique et même structurelle, du fait de la nouvelle stratification sociale induite par l’évolution technologique de l’outil de production, et donc du fait de la prégnance du cycle du capital fixe sur le travail « vivant ».
En ce sens la surcapitalisation boursière telle que vue par l’ « indicateur Buffett » reste évidemment un symptôme caractéristique et un indice pertinent de la banco-centralisation de l’économie.
C’est le « non-dit », aussi bien pour des raisons « culturelles », souvent « de gauche », que pour de simples intérêts financiers parasites à dissimuler, que ce constat ne peut être encore fait par la plupart des analystes, eux-mêmes généralement liés par les multiples contraintes de ce « non-dit ».
Sans même parler de l’éradiquer, simplement « contenir » et réduire la dette implique de sortir du « non-dit » sur son évolution systémique et structurelle.
L’idée générale de l’article est intéressante, et même passionnante, mais néglige ce qui semble pourtant être malheureusement un de facteurs essentiels des « progrès » de la technologie « humaine » : la guerre !
Dès la plus haute antiquité une invention aussi essentielle que celle de la roue semble avoir connu son essor à travers l’utilisation de chars hippomobiles.
Par contre assez logiquement « inutilisable » dans l’Amérique du Sud précolombienne, simplement en raison de la configuration générale des zones « civilisées ».
Les technologies « guerrières » sont essentiellement un mélange de « science » et d’ « ingénierie » parfois primitive mais où prime donc l’efficacité mortifère.
Les guerres « modernes », et encore aujourd’hui, comme on peut le voir en Ukraine et au Proche-Orient, n’ont donc fait que démultiplier cet effet de « destruction créatrice » théorisé par Schumpeter, précisément durant la seconde guerre mondiale.
Ce n’est donc souvent qu’incidemment et « après coup » que la société civile « bénéficie » des « améliorations technologiques » issues de l’épreuve du feu.
Mais le cycle actuel de la « civilisation industrielle » est bien un cycle très particulier de la civilisation humaine. Comme l’auteur le sous-entend, même s’il ne développe peut-être pas assez ce point, l’émergence de la civilisation industrielle occidentale est possiblement liée à sa conflictualité extrême.
Vue à l’aune du temps planétaire et même cosmique, la civilisation humaine est un phénomène « naturel » comme un autre, simplement fait d’accumulation et de dispersion d’énergie, et en tant que tel, il a son propre cycle, nécessairement limité. Même si on peut analyser plusieurs cycles au sein de son histoire elle-même, et selon les régions du monde.
La « civilisation » humaine industrielle désormais « mondialisée » est donc possiblement, sinon même probablement, l’apogée du phénomène, précédant donc le début de son déclin et de sa fin.
Gérer la « descente » genre slalom en pente douce ou tout schuss vers un chaos étendu sur la Terre, tel est le choix actuellement soumis à notre « libre arbitre », encore faut-il que nous ayons la volonté d’en user.
Sur le même thème, articles de fond plus anciens :
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Un article un peu plus ancien, mais où Richard Werner, lui-même à l’origine du concept de "Quantitative Easing", décrit on ne peut mieux, à partir de son expérience personnelle d’économiste au Japon, l’évolution économique banco-centraliste de ce premier quart du XXIe siècle, jusqu’à la naissance actuelle des Monnaies Numériques de Banque Centrale et au danger fatidique pour les libertés, économiques, et les libertés tout court, qu’elles représentent :
Pour un retour à quelques fondamentaux du Gaullisme,
réadaptés en pratique à l’évolution économique du XXIe siècle :
Reprendre le contrôle, à l’échelle nationale, de la vie économique et sociale, y compris dans sa dimension financière, reste la priorité essentielle. Contrôler le crédit, c’est contrôler la création monétaire réelle dans le pays, directement sur le terrain du développement économique, et donc tout à fait indépendamment de son signe, Euro ou autre. Contrôler le crédit permet d’orienter les grandes tendances de l’activité économique vers les activités et secteurs prioritaires pour les besoins de la population et pour l’indépendance de la nation.
C’est pourquoi nous avons proposé, sur Ciel de France, de remettre au centre du débat la reconstruction d’un Conseil National du Crédit, dans une version statutairement adaptée aux nécessités de notre indépendance nationale au XXIe siècle, c’est à dire doté de pouvoirs constitutionnels et d’une représentativité démocratique réelle :
Pour une approche plus synthétique de l’ensemble du processus de la mutation banco-centraliste depuis la formation du capital industriel, une étude de fond :