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Au cours des récents débats en commentaires sur AgoraVox, notamment avec « La Bête du Gévaudan » (Ultra-libérale), est revenue la question de savoir si la notion de valeur, en économie, a une base objective ou bien reste en toutes circonstances complètement subjective.
C’est habituellement le genre de débat qui à tendance à tourner en rond et où chacun se débrouille par un subterfuge ou l’autre pour rester sur ses préjugés idéologiques.
Néanmoins il y a peut-être un moyen de résumer ce débat du simple point de vue de la dialectique :
Au moment précis de la dépense, si elle reste subjective par bien des aspects, elle est néanmoins le plus souvent conditionnée par des facteurs objectifs incontournables.
Le premier étant, à l’évidence, et surtout pour ceux qui n’en n’ont pas ou pas beaucoup, la quantité d’argent disponible !
Un SDF passionné d’art mais très objectivement affamé et qui trouve par hasard un billet gagnant du loto jeté par mégarde avant le résultat ira d’abord s’acheter un bon sandwich avant de se payer un tableau de maître pour décorer sa future demeure…
Par contre, il ne regardera même plus le prix du sandwich, que la veille encore il aurait soupesé centime par centime, selon son maigre argent disponible.
Le « Français moyen » ne regarde en fait pas du tout du même œil ses factures de gaz et d’électricité selon qu’il habite un HLM de banlieue ou un appartement du 16ème à Paris. Et pourtant l’un ou l’autre devront payer leurs factures sauf à choisir de se geler et de repasser à la bougie.
Et de même, un investisseur qui lance un projet industriel ne peut le faire qu’en tenant compte des prix déjà établis pour tous les ingrédients du projet en termes de machines, énergies, matières premières, salaires, etc…
Il y a donc toujours un mélange de facteurs objectifs et subjectifs dans les choix des acteurs économiques, et l’un ou l’autre de ces aspects, subjectif ou objectif, devient dominant selon les situations.
Mais globalement les facteurs objectifs ont tendance à se combiner entre eux pour aboutir à ce qui ressemble bien à des « lois de l’économie ».
Même les effets de modes ou les effets spéculatifs, lorsqu’ils agissent à grande échelle, deviennent donc des facteurs « objectifs » dans la mesure où on peut étudier leurs impacts globaux, voire les anticiper.
On en revient donc à ce principe que l’économie est une combinaison des besoins, objectifs et subjectifs, d’une part, et de l’autre de la masse monétaire en circulation et de sa répartition.
Dans une société limitée aux besoins primaires il y a tendance à se former un équilibre entre les échanges et la masse monétaire en circulation.
Les effets de spéculation n’arrivent qu’avec les prémisses d’un luxe relatif, les « privilèges », autrement dit, avec les inégalités sociales.
On en revient ainsi au fait qu’un équilibre relatif se maintient tant que la majorité des acteurs économiques sont eux-mêmes peu ou prou des acteurs de la production.
Le déséquilibre naissant avec les premiers « privilèges » et les premiers facteurs de stratification sociale ne peut qu’aller en s’accentuant avec une société presque uniquement de services, « tertiarisée » et déconnectée de la production répondant pourtant à ses besoins primaires.
Lorsque la masse monétaire en circulation est elle-même déconnectée des « besoins primaires » elle devient donc un facteur à lui-seul déterminant, et lui-même de façon de plus en plus arbitraire, à mesure de la déconnection.
Le « profit » des acteurs cesse d’être essentiellement réglé par les rapports de production pour n’être plus réglé que par la masse monétaire et sa répartition, de plus en plus arbitraire.
L’économie cesse de répondre, même indirectement et avec « inégalité », à des besoins primaires, pour ne répondre qu’à des rapports sociaux fixés subjectivement par une classe banco-centraliste qui distribue l’argent selon ses propres règles, qui sont celles d’un jeu de Monopoly biaisé, dès le départ, par une répartition arbitraire et inégale. Lorsque la partie « coince », par l’effet de cette inégalité, intervient alors une nouvelle vague de « création monétaire » type Quantitative Easing, sous une forme ou sous une autre, sous un prétexte « vital » ou sous un autre, pour relancer la partie jusqu’à la prochaine « crise », en réalité à la fois tout aussi arbitraire et prévisible que la précédente.
Le capitalisme « classique », quant à lui, a déjà perdu la partie depuis bien longtemps, et ne subsiste plus qu’à l’état de vestiges, même s’ils font encore illusion pour la plupart des prétendus « analystes », tels un décor de « Village Potemkine » derrière lequel ils refusent obstinément d’aller voir, sachant pertinemment qu’ils en font eux-mêmes partie, comme marionnettes de ce spectacle de guignols.
Le Quantitative Easing est la seule véritable invention notable du XXIème siècle et la seule qui lui permette encore d’exister en tant que période historique autre que celle d’un chaos total, mais dont il n’est jamais très loin.
Le Quantitative Easing est la marque d’entrée de la société humaine dans l’ère du banco-centralisme comme le fer rouge sur sa chair était la marque de l’esclavage.
Luniterre
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https://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/de-l-objectivite-ou-non-de-la-261137
Luniterre 25 mai 09:40
Post complémentaire sur le travail et la valeur :
Pendant plusieurs millénaires, et pour l’essentiel, depuis le néolithique, c’est le travail humain productif qui est en quelque sorte l’interface essentiel entre l’économie humaine et la nature d’où la civilisation humaine tire ses ressources.
Mais déjà auparavant, chasser, pêcher, cueillir, façonner un outil de pierre primitif, tout cela s’apparente déjà à un travail productif et a sans aucun doute contribué à déterminer les premiers rapports sociaux.
Pendant plusieurs millénaires, le travail productif a donc été un déterminant essentiel de la valeur de toute production humaine, quelle que soit la forme d’organisation et/ou d’exploitation qu’il ait engendré.
A l’ère où les machines robotisées reproduisent d’autres machines, le rôle essentiel du travail humain directement productif est en train de s’estomper complètement et ne joue plus qu’un rôle mineur dans les économies les plus avancées technologiquement.
La majorité de la population qui continue à travailler de façon salariée le fait donc essentiellement dans des activités de services improductives, sauf d’elles-mêmes, même si elles ont parfois une utilité sociale importante dans le contexte de la civilisation actuelle.
Le rapport du travail à la valeur change donc complètement.
Pour l’essentiel, la valeur réelle et « objective » de la majorité des biens et marchandises produites, outre celle des matières première et des énergies utilisées, est d’abord et avant tout la valeur d’amortissement du capital fixe engagé dans les lignes de production en termes de machines et d’infrastructures technologiques.
Ce qui ne signifie pas que le travail humain productif cesse de générer sa part de valeur ajoutée et de plus-value, mais que la part de valeur du travail humain ne détermine plus, pour l’essentiel, la valeur de la production, qui ressort donc majoritairement de la valeur d’amortissement du capital fixe.
Autrement dit, c’est bien pourquoi la part de plus-value encore extraite du travail humain productif n’est plus suffisante pour assurer la « rentabilité » de la plupart des industries essentielles actuelles.
La marge de bénéfice « extra » qu’elles s’accordent donc provient d’un excédent de masse monétaire en circulation, qui a son origine dans la dette, publique et privée.
C’est bien pourquoi la dette continue de croitre, en « parallèle » des superprofits qui s’affichent, au CAC 40, à Wall Street, etc...
Un fine, ce « parallèle » est tout simplement, et singulièrement, depuis la crise de 2007-2008 et la généralisation du « Quantitative Easing » et autres stratégies « créatives » de la part des Banques Centrales, un lien direct, en réalité, de cause à effet.
Luniterre
Luniterre 25 mai 11:26
Une bonne "illustration", et même ici, stricto sensu, de cette conclusion:
La marge de bénéfice « extra » qu’elles s’accordent donc provient d’un excédent de masse monétaire en circulation, qui a son origine dans la dette, publique et privée.
C’est bien pourquoi la dette continue de croitre, en « parallèle » des superprofits qui s’affichent, au CAC 40, à Wall Street, etc...
Un fine, ce « parallèle » est tout simplement, et singulièrement, depuis la crise de 2007-2008 et la généralisation du « Quantitative Easing » et autres stratégies « créatives » de la part des Banques Centrales, un lien direct, en réalité, de cause à effet.
Luniterre
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