Par Antoine Potier
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"Nous reviendrons"
promet Cristina Kirchner
assignée à résidence,
à ses soutiens
mobilisés en masse
à Buenos Aires
information fournie parAFP •18/06/2025 à 22:30
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Vue aérienne du rassemblement de soutien à l'ancienne présidente argentine Cristina Fernandez de Kirchner sur la place Place de Mai à Buenos Aires, le 18 juin 2025 ( AFP / Tomas CUESTA )
Plusieurs dizaines de milliers de personnes ont paralysé mercredi le centre de Buenos Aires, en une massive manifestation en soutien à l'ex-présidente de centre-gauche Cristina Kirchner, désormais en détention à domicile, d'où elle a promis au mouvement péroniste: "Nous reviendrons !"
Point de ralliement, l'emblématique Place de Mai, face à la présidence, s'est remplie dans l'après-midi, les avenues y menant étaient bondées, submergeant le centre-ville, dans le rassemblement politique le plus suivi depuis de longs mois, ont constaté des journalistes de l'AFP.
Une source du Parti justicialiste de Mme Kirchner (péroniste de centre-gauche) a fait état à l'AFP de "centaines de milliers" de manifestants, dont nombre venus des provinces. Chiffre invérifiable dans un premier temps, alors que le police n'a pas communiqué d'estimation.
[NDLR: en réalité un rassemblement d'envergure historique, selon les commentateurs locaux. Voir les vidéos!]
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Une partisane de Cristina Kirchner colle un portrait de l'ex-présidente argentine sur un mur de la résidence de celle-ci, le 17 juin 2025 à Buenos Aires ( AFP / Luis ROBAYO )
Figure-clef de la politique argentine depuis 20 ans, Première Dame, puis cheffe de l'Etat puis vice-présidente, à ce jour encore encore première opposante au président ultralibéral Javier Milei, Mme Kirchner est depuis mardi assignée à résidence, après que la Cour suprême a confirmé une peine de six ans de prison et d'inéligibilité à vie, pour administration frauduleuse pendant sa présidence (2007-2015).
Mardi, la justice l'a autorisée à effectuer sa peine chez elle, comme son âge (72 ans) l'y autorise, et comme elle l'avait demandé, arguant notamment de raisons de sécurité. Le jugement lui a enjoint un "dispositif de surveillance électronique", qui n'a pas été spécifié.
"Nous reviendrons. Nous reviendrons, et avec plus de sagesse, avec plus d'unité, avec plus de force", a lancé l'ex-présidente, dans un message audio diffusé à la foule. "Ils peuvent m'enfermer, mais ils ne pourront pas enfermer tout le peuple argentin (...) Les peuples, à la fin, reviennent toujours".
- Une "minorité" ? -
"Argentina con Cristina !" Sous ce mot d'ordre, le Parti péroniste héritier du vaste mouvement politique né dans les années 40, avait appelé à manifester, avec plusieurs syndicats, des mouvements sociaux et de gauche.
Un rassemblement fervent mais une atmosphère pacifique, festive et assourdissante, de pétards, chants, grosses caisses, cuivres, sur fond d'odeur de barbecues de rue, sous des drapeaux argentins, banderoles ou pancartes: "Courage Cristina", "On ne touche pas à Cristina !" "Cristina libre !" Et nombre de tee-shirts à l'effigie de Kirchner ou de Nestor son mari décédé, et ex-président (2003-2007).
"On vient soutenir une personne qui a permis à des gens comme moi pour la première fois d'accéder à l'université", lançait à l'AFP Veronica Barrientos, infirmière de 40 ans. "Et on continuera, je continuerai à venir aussi longtemps que je peux. Pas seulement contre sa détention injuste, mais parce que le pays est en train d'être ruiné, et ça finira très mal".
"On est là car c'est une attaque contre la démocratie, rendre inéligible quelqu'un comme Cristina, pour qui le peuple veut voter", appuyait Rocio Gaviño, fonctionnaire de 29 ans.
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Une manifestante au rassemblement de soutien à l'ancienne présidente argentine Cristina Fernandez de Kirchner qui tient une pancarte "Cristina libre", à Buenos Aires, le 18 juin 2025 ( AFP / Luis ROBAYO )
Depuis sa condamnation du 10 juin, un noyau dur du militantisme péroniste s'est mobilisé autour de "CFK". Plusieurs centaines de partisans indéfectibles se sont relayés sous ses fenêtres, y compris de nuit, en une garde quasi-permanente.
Mais mercredi voyait le premier réel rassemblement de masse, avec des autocars convoqués de plusieurs parties du pays, et soumis à de stricts contrôles policiers, dès tôt le matin, aux accès à la capitale.
"Pour éviter que certains objets soient importés, prévenir toute intention de violence, que ceci se transforme en quelque chose que personne ne veut", a justifié Guillermo Francos, chef du cabinet des ministres. Qui remettait la mobilisation péroniste en perspective.
- Interdite de balcon ? -
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Un portrait de Cristina Kirchner brandi lors de la manifestation de soutien à son égard à Buenos Aires, le 18 juin 2025 ( AFP / TOMAS CUESTA )
Mme Kirchner, désormais consignée chez elle, a ironisé mercredi en annonçant avoir transmis, très officiellement via ses avocats, une demande à la justice pour savoir "si je peux sortir ou non au balcon de ma maison. Ca paraît une blague, mais non".
Depuis sa condamnation, elle pris l'habitude de longuement saluer, plusieurs fois par jour, les partisans sous ses fenêtres. Or son assignation à résidence l'enjoint de "s'abstenir de tout comportement susceptible de troubler la tranquillité du voisinage".
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Argentine: mobilisation massive contre la condamnation de l'ex-présidente Cristina Kirchner
Depuis mardi 17 juin, l’ancienne présidente par deux fois de l’Argentine, la péroniste Cristina Kirchner, purge chez elle une peine de six ans d’emprisonnement, doublée d’une interdiction à vie de concourir aux élections. Une condamnation pour des faits de corruptions, dénoncée par ses partisans qui organisaient mercredi une démonstration massive dans les rues de Buenos Aires.
Publié le : 19/06/2025 - 11:47
Avec notre correspondant à Buenos Aires, Lucas Lazo
Dans une nuée bleue et blanche, des dizaines de milliers d’Argentins se sont rassemblés mercredi 18 juin au cœur de la capitale. Pari réussi pour l’opposition péroniste qui souhaitait rassembler autour d’un message simple, résumé par Alejandro : « une décision de justice a été prise contre Cristina et elle est entachée de nombreuses irrégularités. C’est une affaire politique : ils voulaient l’écarter du chemin pour qu’elle ne puisse pas être réélue ! C’est un attentat contre la démocratie », assure le manifestant.
« Nous reviendrons »
La grande absente de cette mobilisation historique s’est exprimée au travers d’une courte vidéo, faisant la promesse que les péronistes reviendraient au pouvoir en Argentine, « vamos a volver » (« nous reviendrons »), une promesse reprise en chœur par la foule et par Romina. « Ils ont peur parce que Cristina est la principale dirigeante politique du péronisme. Et ils savent qu’elle n’est pas seule, elle a un immense peuple derrière elle, explique-t-elle. Le péronisme en tant qu’opposition, c’est une chose, mais le péronisme en tant que résistance, c’en est une autre. Et aujourd’hui, le péronisme entre en résistance. »
Sous les fenêtres du palais présidentiel, Martin brandit une pancarte particulièrement hostile contre l’actuel locataire, l’ultra-libéral Javier Milei. « Il faut que nous soyons unis, les Argentins, pour essayer de sortir ce type du gouvernement, c’est le fascisme au cœur de la République argentine », dénonce-t-il.
Six ans de prison et inégibilité à vie
C’est le second message de cette mobilisation massive qui, avec ou sans Cristina Kirchner, a pris l’allure d’un lancement de campagne, avec en ligne de mire la présidentielle de 2027.
Figure-clef de la politique argentine depuis 20 ans, Première Dame, puis cheffe de l'État puis vice-présidente, à ce jour encore première opposante au président ultralibéral Javier Milei, Cristina Kirchner est depuis mardi assignée à résidence, après que la Cour suprême a confirmé une peine de six ans de prison et d'inéligibilité à vie, pour administration frauduleuse pendant sa présidence (2007-2015).
Mardi, la justice l'a autorisée à effectuer sa peine chez elle, comme son âge (72 ans) l'y autorise, et comme elle l'avait demandé, arguant notamment de raisons de sécurité. Le jugement lui a enjoint un « dispositif de surveillance électronique », qui n'a pas été spécifié.
https://www.rfi.fr/fr/am%C3%A9riques/20250619-argentine-mobilisation-massive-contre-la-condamnation-de-l-ex-pr%C3%A9sidente-cristina-kirchner
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Source de l'article et de la compilation:
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