Par Antoine Potier
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À le lire il est donc tout à fait significatif que cet auteur, Paul Jael, ait baptisé son site « éco-médie », d'où le titre de ce bref article qui se contente de reprendre deux posts que nous avons mis en réponse sur AgoraVox à un article également bref, et dont c'est bien le seul mérite, par comparaison, effectivement, avec la logorrhée qu'il y déploie par ailleurs, ainsi que dans ses œuvres telles qu'accessibles en ligne, où il a notamment placé ce qui se présente également néanmoins comme une sorte de « synthèse » de l'oeuvre de Marx !
Luniterre
Quelques réflexions sur la « lutte des classes »
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L’existence structurelle d’intérêts contradictoires ne peut manquer de susciter parmi les groupes impliqués des manœuvres visant à renforcer leur position aux (...)
353 visites 28 jui. 2025 | 7 réactions | Paul Jael + Partager
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https://www.agoravox.fr/actualites/politique/article/quelques-reflexions-sur-la-lutte-262361
Luniterre 29 juillet 12:46
Dans le contexte actuel, mais plus généralement, celui de notre XXIème siècle, un article hilarant par sa démarche, et compte tenu des enjeux supposés, plutôt à pleurer de rire, avec toute l’ambigüité, et précisément, toute la « dialectique » sous-jacente que ce sentiment implique :
« De cette dualité découle la distinction entre deux modes de l’appel qu’un parti peut adresser aux électeurs. La plupart des partis de gauche émanent d’une façon ou d’une autre du mouvement ouvrier. La façon dont ils se perçoivent et dont ils se présentent s’en ressent. Chacun choisissant son vocabulaire, ils inscrivent sur leur étendard la défense du prolétariat, de la classe ouvrière, des classes laborieuses, des salariés… Le discours alternatif insiste plutôt sur l’harmonie et l’humanité d’une société moins inégalitaire. Les deux options tendent à se rejoindre puisque la classe mise en avant est celle qui a le plus à gagner de la baisse de l’inégalité. Pourtant elles ne se confondent pas. La réalité sociale ne met pas simplement face à face une bourgeoisie prospère et un prolétariat indigent, mais comporte toute une palette de situations… »
L’auteur fait donc un effort pour prétendument sortir d’une conception binaire de la lutte des classes, mais pour y retomber aussitôt sous une autre forme : celle de la « lutte contre les inégalités ». De fait l’impression qui ressort de ce bref article est une sorte de « leçon de politique » selon laquelle la « gauche » devrait passer de la « lutte des classes » à la « lutte contre les inégalités ».
Une sorte de truisme hilarant, donc, selon lequel la « gauche » incarnerait « les pauvres » et/ou, plus généralement « les classes pauvres », mais sans rentrer dans le détail, histoire de « ratisser large »…
L’auteur semble vivre dans un monde où le terme « mouvement ouvrier » aurait encore un sens dans la supposée « lutte des classes », dont serait issue la « gauche », alors qu’il y a manifestement belle lurette que la « gauche » est un amalgame disparate et contradictoire de fractions politiques bureaucratiques qui ne survivent, précisément, que dans la dépendance des prébendes diverses que leur accorde le reste des classes dominantes, qu’elles ont de fait complètement intégré, et de façon flagrante, depuis la période « mitterrandienne » au moins, et certainement bien avant, même.
En somme, l’auteur est à la recherche d’une gauche dissociée de la « lutte des classes » au sens archaïque du « mouvement ouvrier » pour « reconstituer », en quelque sorte, une « gauche de lutte contre les inégalités », comme une sorte de « fourre-tout » plus ou moins réformiste, mais qu’elle est en réalité même tout à fait incapable d’incarner tant elle assume son rôle au sein du système, depuis des décennies déjà, ce qu’il feint d’ignorer, manifestement, étant donné son niveau général de culture politique, vu sur son site !
Il ne s’agit pas pour autant de vouloir en revenir à une « gauche de lutte ouvrière » dont Arlette Laguiller fut en un sens la dernière « incarnation » au siècle dernier et au tout début du XXIème. Son échec lui-même consacre le fait que la classe ouvrière cesse à ce moment d’exister en tant que classe en soi, et encore plus nettement, en tant que classe pour soi.
C’est, paradoxalement, mais en apparence seulement, cette « disparition » qui atteste de la pertinence de l’analyse des classes faite par Marx : une classe dominante succède à une autre en fonction des rapports de production. Le capitalisme industriel de son époque reposait effectivement sur l’exploitation du prolétariat industriel productif et il a bel et bien quasiment disparu avec cette classe sociale, remplacé par une bureaucratie mondialiste banco-centraliste « informatisée » capable de contrôler la production et les services de plus en plus « robotisés ».
La « lutte finale » n’a pas eu lieu, faute de combattants potentiels, tout simplement. Le nouveau système mondialiste ne répond effectivement en rien à la définition marxiste du « capitalisme ». Par contre il est bel et bien l’aboutissement du processus d’automatisation généralisée de l’industrie tel que précisément décrit dans les Grundrisse, dix ans avant le Capital.
Marx s’est simplement « illusionné » sur la capacité du prolétariat industriel à provoquer une « bifurcation » sociale dans ce processus vers ce qu’il appelait « communisme », mais sans le définir avec précision. Une « illusion » qui n’était toutefois pas entièrement sans quelques fondements, dans le contexte de son époque, dans lequel il faut donc replacer son œuvre, pour distinguer ce qui est « transhistorique » de ce qui est essentiellement circonstanciel, au milieu du XIXème siècle, à l’ère de la machine à vapeur comme forme encore quasi hégémonique de l’énergie industrielle.
Luniterre
Luniterre 29 juillet 14:30
Autre occasion de « pleurer de rire » sur le site de l’auteur :
« Marx a voulu construire sa théorie de l’exploitation, non sur des sentiments mais sur la science, qui lui semblait une base plus solide. La théorie de la valeur-travail joue un rôle fondamental dans cette construction. La loi de la valeur-travail fait implicitement du salarié le seul créateur de valeur d’échange. Le travail et le capital contribuent à produire de la valeur d’usage. Mais la substance du profit, c’est la valeur d’échange, non la valeur d’usage : le travail en est la source unique. »
https://www.eco-medie.be/?p=676
La « substance du profit », pour le capitalisme, « industriel », à l’époque de Marx, « capitalisme industriel » étant dans ce contexte un « pléonasme », c’est ce qu’il définit comme étant la « plus-value » réalisée sur le travail humain directement productif.
Cette « plus-value » étant la différence entre la valeur d’échange de la force de travail, c’est-à-dire le salaire permettant le maintien et la reproduction de cette force, et la valeur d’usage ajoutée directement par cette force à la marchandise au cours du processus productif lui-même.
La valeur globale de la marchandise cumulant également la somme de toutes les autres valeurs d’usages impliquées dans le processus productif, et notamment, la valeur d’usage du capital fixe, soit une part proportionnelle de l’amortissement de la machinerie, des bâtiments, etc... en plus de la valeur d’usage des matières premières, etc…
Donc la substance du profit, comme la substance du Capital en général, dans la définition qu’en donne Marx, c’est bien la valeur d’usage, et non la valeur d’échange, qui n’est que le moment de la réalisation « monétaire » du Capital.
Mais à notre époque il ne reste plus du « capital » que la forme monétaire non seulement dématérialisée et carrément fictive du « capital financier », mais une « forme » qui ne repose plus, en réalité, que sur la dette publique et privée « permettant » la circulation d’une « masse monétaire » fictive suffisante pour qu’une classe bureaucratique parasite en « accumule » une partie à son profit personnel, ce qui tient essentiellement de la pyramide de Ponzi, et non pas du « capitalisme », même si sa « base » est constamment « reconsolidée » en réalité ex nihilo par la création monétaire banco-centralisée, depuis la crise de 2007-2008 (« Quantitative Easing »), et « renouvelée » à chaque occasion « possible » et sous tous les prétextes, genre « Covid 19 », « menace russe », etc…
Luniterre
PS : pour aller plus loin sur le thème de l’analyse critique du banco-centralisme, cet article circonstanciel récent, mais qui comporte à la suite une sélection de quelques liens utiles sur le sujet :
La suite du débat:
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Quelques études et articles récents et plus anciens pour comprendre la mutation banco-centraliste de l'économie au XXIème siècle :
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France Finances, ça Balance… Mal ! Déficit Public Vs Dividendes CAC 40
L’évidence que met sous nos yeux le schéma symbolique de la balance, c’est la part de la valeur d’amortissement du capital fixe qui est assumée par la dette sur le plateau le plus "lourd" de la balance, d’un côté, et qui permet donc, de l’autre côté, sur le plateau de la finance, les « superprofits » autrement impossibles.
Un tour de « passe-passe » qui serait impossible sans les politiques monétaires ad hoc des Banques Centrales, et en UE, donc, de la BCE.
Exit le capitalisme « classique », bonjour le banco-centralisme !
Un système qui tient à la fois de la pyramide de Ponzi et de la dystopie orwellienne. Mais une pyramide de Ponzi constamment « consolidée » par les politiques monétaires « créatives » des Banques Centrales et une dystopie qui ne peut précisément se rendre « durable » que par un contrôle de plus en plus totalitaire de la vie quotidienne et de la « pensée » des citoyens.
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NOUVEAU!
Un diamant trouvé sur la plage - Chronique économique estivale
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« Je me promène au bord de la mer. Un heureux hasard me fait mettre la main sur un superbe diamant. Me voilà en possession d’une grande valeur. Pourquoi ? Est-ce que je vais répandre un grand bien dans l’humanité ? Serait-ce que je me sois livré à un long et rude travail ? Ni l’un ni l’autre. Pourquoi donc ce diamant a-t-il tant de valeur ? C’est sans doute que celui à qui je le cède estime que je lui rends un grand service, d’autant plus grand que beaucoup de gens riches le recherchent et que moi seul puis le rendre. Les motifs de son jugement sont controversables, soit. Ils naissent de la vanité, de l’orgueil, soit encore. Mais ce jugement existe dans la tête d’un homme disposé à agir en conséquence, et cela suffit. »
Frédéric Bastiat - Harmonies économiques - 1850
Que sa possession soit le fruit d’un improbable hasard sur le sable de la plage ou le fruit d’un travail acharné pour l’extraire des entrailles de la terre, la valeur d’un diamant ne réside jamais que dans l’apparence sociale de richesse qu’il pose.
La simple apparence est l’utilité sociale du diamant comme nourrir est l’utilité sociale du pain. Que la possession de l’un ou de l’autre aient nécessité plus ou moins de travail est un présupposé qui questionne donc la valeur du travail. Mais quoi qu'il en soit, gagnés avec ou sans travail, nourrir reste l’effet social du pain comme l’apparence reste l’effet social du diamant, et c'est bien cet effet social qui en fait la valeur immédiate.
La question de savoir si le travail humain a une valeur ou non dépend donc uniquement de son utilité sociale. C’est la valeur particulière de l’énergie du travailleur. Le travail est d’abord et avant tout une énergie, et c’est sous cette forme fondamentale qu’il a une utilité sociale ou non, une valeur ou non.
La quantité d’énergie dépensée par un ouvrier au cours d’une opération de production est mesurable par le temps de travail moyen consacré à cette opération, par exemple le temps nécessaire à tourner tel ou tel épaulement d’une pièce avec telle ou telle machine plus ou moins perfectionnée techniquement.
Il y a une quantité de travail fournie par la machine, une autre par l’ouvrier, et donc un rapport entre les deux : capital fixe/capital variable. La somme des deux énergies est la base du capital industriel productif tel qu’il a révolutionné le monde au XIXème siècle.
Un diamant trouvé sur la plage - Chronique économique estivale
Voir également:
Sur AgoraVox "Un diamant trouvé sur la plage - Chronique économique estivale" - Le débat
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"Droit européen" : la laisse de l'endettement banco-centralisé - Maintenant en Allemagne aussi...
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Banco-centralisme : définition et mise au point
https://cieldefrance.eklablog.com/2025/04/banco-centralisme-definition-et-mise-au-point.html
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Le "macronisme" est-il une nouvelle forme de "capitalisme" ou une autre forme d'exploitation ?
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Existe-t-il de « l’argent magique », et si oui, au profit de qui ???
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Pour en finir avec le mythe de la "productivité du travail" au XXIe siècle ! (VF - AgoraVox)
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Sur l'histoire et la formation des fondamentaux du banco-centralisme, et sur une alternative éventuelle :
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Un article un peu plus ancien, mais où Richard Werner, lui-même à l’origine du concept de "Quantitative Easing", décrit on ne peut mieux, à partir de son expérience personnelle d’économiste au Japon, l’évolution économique banco-centraliste de ce premier quart du XXIe siècle, jusqu’à la naissance actuelle des Monnaies Numériques de Banque Centrale et au danger fatidique pour les libertés, économiques, et les libertés tout court, qu’elles représentent :
Richard Werner, "père spirituel" du Quantitative Easing et "apprenti sorcier" du banco-centralisme
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Pour l’ébauche d’une solution…
Pour un retour à quelques fondamentaux du Gaullisme,
réadaptés en pratique à l’évolution économique du XXIesiècle :
Reprendre le contrôle, à l’échelle nationale, de la vie économique et sociale, y compris dans sa dimension financière, reste la priorité essentielle. Contrôler le crédit, c’est contrôler la création monétaire réelle dans le pays, directement sur le terrain du développement économique, et donc tout à fait indépendamment de son signe, Euro ou autre. Contrôler le crédit permet d’orienter les grandes tendances de l’activité économique vers les activités et secteurs prioritaires pour les besoins de la population et pour l’indépendance de la nation.
C’est pourquoi nous avons proposé, sur Ciel de France, de remettre au centre du débat la reconstruction d’un Conseil National du Crédit, dans une version statutairement adaptée aux nécessités de notre indépendance nationale au XXIe siècle, c’est à dire doté de pouvoirs constitutionnels et d’une représentativité démocratique réelle :
Les leçons de l’Histoire…
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Il était une fois… le Conseil National du Crédit (1945). Et aujourd’hui ?
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Pour une approche plus synthétique de l’ensemble du processus de la mutation banco-centraliste depuis la formation du capital industriel, une étude de fond :
Le Roi « Capital » est mort, vive la Reine « Dette » !
https://cieldefrance.eklablog.com/le-roi-capital-est-mort-vive-la-reine-dette-a215991921
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