Par Antoine Potier
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Chronique économique estivale d'une crise française "programmée"...
De la crise dite des "subprimes" (2007-2009) née du marché immobilier US à la présente conjoncture actuelle de récession économique en France, en passant par celle dite "du Covid", il y a bien un fil "conducteur" qui est celui de la dette, publique et privée. Pourquoi "publique et privée"? Formellement, la crise des subprimes était donc une crise de la dette privée. Mais à quoi est-elle due sinon déjà au déficit de la productivité US qui ne permettait plus aux ménages US modestes de payer leur logement tout en consommant normalement, selon le standard de vie de l'américain de base, à l'époque? L'octroi de crédits "abusifs" était donc une nécessité de survie impérative de l'économie US pour tenter de maintenir sa croissance: on connait la suite...
Ou plutôt, il est précisément nécessaire d'y revenir pour comprendre que le sauvetage des banques par les finances publiques, "soutenues" par les Banques Centrales, et finalement via les politiques monétaires de "Quantitative Easing", c'était le sauvetage "indispensable" pour la survie du système. Autrement dit, c'est le transfert de la dette privée sur la dette publique qui a permis au système de ne pas s'écrouler tout à fait, et même jusqu'à un certain point, de relancer la machine économique. Pour autant, lorsqu'un vieux moteur en panne redémarre avec un bon coup de manivelle, il n'est pas sensé continuer à entraîner la manivelle et son opérateur lorsqu'il a repris son rythme "normal": c'est plus que dangereux, et pour le moteur, et surtout, pour l'opérateur qui ne "lâche pas la manivelle".
La vraie question est donc de savoir ce qui se passe si l'opérateur "lâche la manivelle": est-ce que le moteur se bloque à nouveau, laissant également l'opérateur "en panne de croissance", alors que même ainsi elle reste de toute façon déjà très faible? Et avec ce "blocage", ne risque-t-on pas un violent "retour de manivelle" encore bien pire que les précédents de 2008 et 2020?
Malheureusement, concernant ce risque majeur, il semble évident que la réponse est OUI, une crise majeure se profile en France dans les mois qui viennent et possiblement, dès la très prochaine "rentrée"...
Comme on l'a vu, la crise de 2020, en réalité "masquée" par celle dite "du Covid", était concrètement une secousse "réplique" absolument inévitable de celle de 2008 et n'a pu être "surmontée" que tout aussi formellement et avec les mêmes procédés dilatoires, type "Quantitative Easing", c'est à dire création monétaire ex nihilo à gogo, et donc creusement toujours plus abyssal de la dette, publique et privée.
Ce à quoi on nous rétorquera que cela n'a pas empêché les "superprofits" de continuer d'exploser plus ou moins exponentiellement, mais en réalité, pas autant que la dette, si l'on y regarde d'assez près, et donc le système ne tient toujours debout, en définitive, que par le transfert, et un transfert particulièrement inéquitable, même si indirect, entre dette privée et dette publique, pas forcément "perdue" pour tout le monde!
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Ce "transfert systémique" est même devenu la base de la continuation de l'économie "moderne", banco-centraliste, et donc déjà post-capitaliste, dans la mesure où les "profits" ne proviennent plus essentiellement de l'activité économique elle-même, mais de la spéculation sur la dette, publique et privée.
Avec la rentrée pour le moins "délicate" qui se profile dans une France déjà depuis des années livrée aux prédateurs banco-centralistes par la macronie, c'est donc éventuellement, sinon même, très probablement, une nouvelle crise généralisée, au moins en Europe, qui menace d'aggraver encore davantage la situation des classes populaires déjà précaires, et même des classes moyennes, à nouveau, comme ce fut le cas, à l'origine de la dite "crise des Gilets Jaunes".
Après la répression violente de ce mouvement, la macronie a pu continuer de "prospérer", relativement, mais toujours au détriment de la vitalité du pays, et donc en le rendant encore plus exsangue, et non pas en lui apportant quelque solution que ce soit, comme l'illustre tragiquement la mort d'Olivier Marleix, "suicidé" avant de pouvoir faire paraître son nouveau constat de cette déchéance française.
Avec l'étrange "promotion" faite par les médias du système au "mouvement du 10 septembre", la "gauche" politique et syndicale s'engouffre dans la "brèche", et semble-t-il, avec une certaine "bienveillance" de la part du dit système, dont elle fait partie intégrante depuis des décennies: de quoi s'interroger...
Bien entendu, même s'il n' a pas, jusqu'ici, trouvé de moyen d'expression efficace, le mécontentement populaire est plus que légitime, et il est donc bien naturel qu'il tente de s'organiser autour de ce qui semble être une "initiative spontanée", bien que l'on en ignore encore officiellement la véritable origine. Le fait est, vu sur le "terrain" des réseaux sociaux, qu'elle semble maintenant être essentiellement contrôlée par des intervenants se référant de plus en plus explicitement aux phraséologies usuelles de la "gauche" et le "soutien distant" de la part de J-L Mélenchon semble donc assez évidemment être une "figure de style" pour masquer ce qui semble être une manipulation quasiment dès l'origine, très probablement.
Sortir le pays de l'ornière fatale dans laquelle il est déjà profondément engagé ne peut évidemment pas se faire avec des mesures économico-politiques inspirées par le keynésianisme, même formellement "de gauche" et revisité par MM. Mélenchon et consorts: dans la situation actuelle, c'est le remède pire que le mal, et il faut avoir le courage de le dire.
La solution n'est pas non plus, au prétexte, non pas même de "réduire la dette", mais seulement prétendument, comme nous l'explique Marc Touati, de l'"augmenter moins que prévu", comme résultat éventuel de la "nouvelle politique" de M. Bayrou, mais bien de la contenir, néanmoins, et en vue de la réduire réellement, à terme, en sabrant déjà tous les gaspis de fonds publics, sans les confondre avec les postes budgétaires utiles concernant la santé, l'éducation, et la défense nationale, mais sans politique d'armement d'autres puissances que notre propre pays!
Bref, une restructuration des choix budgétaires de notre pays doit nécessairement passer par un débat démocratique, mais il doit réellement démarrer de la base, et surtout, sur la base d'une auto-formation populaire aux questions sociales et économique, et cela ne saurait passer par l'entremise de ces ces mêmes forces politiques et syndicales qui ont mis la France dans sa situation actuelle, à laquelle gauche et droite ont malheureusement " efficacement et équitablement" contribué en termes de ruine et de déchéance!
Mettre fin à la macronie est un prérequis pour mettre fin à la mise à sac de notre pays, mais il reste insuffisant, au vu de l'état général de la classe politique française actuelle, qui ne constitue en rien un "vivier" pour quelque alternative que ce soit.
Le mouvement "nouveau" actuel peut-il trouver dans sa propre dynamique la force de construire une alternative qui échappe complètement aux bureaucraties politiques et syndicales systémiques, telle est la véritable question qui se pose pour son devenir historique éventuel, autrement que comme une énième phase d'agitation-récupération-répression et nouvelle consolidation du système, en fin de compte.
Luniterre
PS: à la suite, après l'inévitable spot des pubs mensongères qui nous sont désormais imposées par le nouvel éditeur Webedia-Overblog, qui a pris le contrôle de l'ancien Eklablog, deux récentes vidéos de Marc Touati qui fait précisément le point, aussi bien sur l'historique de la crise de 2008, que sur la présente crise majeure qui se profile pour la rentrée.
Et encore à la suite, après les vidéos, un récapitulatif présentant quelques articles d'analyse concernant l'évolution en profondeur de la mutation économique actuelle, banco-centraliste et mondialisée.
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Quelques études et articles récents et plus anciens pour comprendre la mutation banco-centraliste de l'économie au XXIème siècle :
France Finances, ça Balance… Mal ! Déficit Public Vs Dividendes CAC 40
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L’évidence que met sous nos yeux le schéma symbolique de la balance, c’est la part de la valeur d’amortissement du capital fixe qui est assumée par la dette sur le plateau le plus "lourd" de la balance, d’un côté, et qui permet donc, de l’autre côté, sur le plateau de la finance, les « superprofits » autrement impossibles.
Un tour de « passe-passe » qui serait impossible sans les politiques monétaires ad hoc des Banques Centrales, et en UE, donc, de la BCE.
Exit le capitalisme « classique », bonjour le banco-centralisme !
Un système qui tient à la fois de la pyramide de Ponzi et de la dystopie orwellienne. Mais une pyramide de Ponzi constamment « consolidée » par les politiques monétaires « créatives » des Banques Centrales et une dystopie qui ne peut précisément se rendre « durable » que par un contrôle de plus en plus totalitaire de la vie quotidienne et de la « pensée » des citoyens.
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NOUVEAU!
Un diamant trouvé sur la plage - Chronique économique estivale

« Je me promène au bord de la mer. Un heureux hasard me fait mettre la main sur un superbe diamant. Me voilà en possession d’une grande valeur. Pourquoi ? Est-ce que je vais répandre un grand bien dans l’humanité ? Serait-ce que je me sois livré à un long et rude travail ? Ni l’un ni l’autre. Pourquoi donc ce diamant a-t-il tant de valeur ? C’est sans doute que celui à qui je le cède estime que je lui rends un grand service, d’autant plus grand que beaucoup de gens riches le recherchent et que moi seul puis le rendre. Les motifs de son jugement sont controversables, soit. Ils naissent de la vanité, de l’orgueil, soit encore. Mais ce jugement existe dans la tête d’un homme disposé à agir en conséquence, et cela suffit. »
Frédéric Bastiat - Harmonies économiques - 1850
Que sa possession soit le fruit d’un improbable hasard sur le sable de la plage ou le fruit d’un travail acharné pour l’extraire des entrailles de la terre, la valeur d’un diamant ne réside jamais que dans l’apparence sociale de richesse qu’il pose.
La simple apparence est l’utilité sociale du diamant comme nourrir est l’utilité sociale du pain. Que la possession de l’un ou de l’autre aient nécessité plus ou moins de travail est un présupposé qui questionne donc la valeur du travail. Mais quoi qu'il en soit, gagnés avec ou sans travail, nourrir reste l’effet social du pain comme l’apparence reste l’effet social du diamant, et c'est bien cet effet social qui en fait la valeur immédiate.
La question de savoir si le travail humain a une valeur ou non dépend donc uniquement de son utilité sociale. C’est la valeur particulière de l’énergie du travailleur. Le travail est d’abord et avant tout une énergie, et c’est sous cette forme fondamentale qu’il a une utilité sociale ou non, une valeur ou non.
La quantité d’énergie dépensée par un ouvrier au cours d’une opération de production est mesurable par le temps de travail moyen consacré à cette opération, par exemple le temps nécessaire à tourner tel ou tel épaulement d’une pièce avec telle ou telle machine plus ou moins perfectionnée techniquement.
Il y a une quantité de travail fournie par la machine, une autre par l’ouvrier, et donc un rapport entre les deux : capital fixe/capital variable. La somme des deux énergies est la base du capital industriel productif tel qu’il a révolutionné le monde au XIXème siècle.
Un diamant trouvé sur la plage - Chronique économique estivale
Voir également:
Sur AgoraVox "Un diamant trouvé sur la plage - Chronique économique estivale" - Le débat
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"Droit européen" : la laisse de l'endettement banco-centralisé - Maintenant en Allemagne aussi...
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Banco-centralisme : définition et mise au point
https://cieldefrance.eklablog.com/2025/04/banco-centralisme-definition-et-mise-au-point.html
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Le "macronisme" est-il une nouvelle forme de "capitalisme" ou une autre forme d'exploitation ?
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Existe-t-il de « l’argent magique », et si oui, au profit de qui ???
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Pour en finir avec le mythe de la "productivité du travail" au XXIe siècle ! (VF - AgoraVox)
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Sur l'histoire et la formation des fondamentaux du banco-centralisme, et sur une alternative éventuelle :
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Un article un peu plus ancien, mais où Richard Werner, lui-même à l’origine du concept de "Quantitative Easing", décrit on ne peut mieux, à partir de son expérience personnelle d’économiste au Japon, l’évolution économique banco-centraliste de ce premier quart du XXIe siècle, jusqu’à la naissance actuelle des Monnaies Numériques de Banque Centrale et au danger fatidique pour les libertés, économiques, et les libertés tout court, qu’elles représentent :
Richard Werner, "père spirituel" du Quantitative Easing et "apprenti sorcier" du banco-centralisme
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Pour l’ébauche d’une solution…
Pour un retour à quelques fondamentaux du Gaullisme,
réadaptés en pratique à l’évolution économique du XXIesiècle :
Reprendre le contrôle, à l’échelle nationale, de la vie économique et sociale, y compris dans sa dimension financière, reste la priorité essentielle. Contrôler le crédit, c’est contrôler la création monétaire réelle dans le pays, directement sur le terrain du développement économique, et donc tout à fait indépendamment de son signe, Euro ou autre. Contrôler le crédit permet d’orienter les grandes tendances de l’activité économique vers les activités et secteurs prioritaires pour les besoins de la population et pour l’indépendance de la nation.
C’est pourquoi nous avons proposé, sur Ciel de France, de remettre au centre du débat la reconstruction d’un Conseil National du Crédit, dans une version statutairement adaptée aux nécessités de notre indépendance nationale au XXIe siècle, c’est à dire doté de pouvoirs constitutionnels et d’une représentativité démocratique réelle :
Les leçons de l’Histoire…
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Il était une fois… le Conseil National du Crédit (1945). Et aujourd’hui ?
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Pour une approche plus synthétique de l’ensemble du processus de la mutation banco-centraliste depuis la formation du capital industriel, une étude de fond :
Le Roi « Capital » est mort, vive la Reine « Dette » !
https://cieldefrance.eklablog.com/le-roi-capital-est-mort-vive-la-reine-dette-a215991921
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