Le fascisme est une forme de totalitarisme appropriée pour répondre aux crises du capitalisme jusqu’à un certain stade de son développement. Même s’il ne constitue pas un stade particulier du capitalisme, il n’en est pas moins une sorte de "boursouflure" maladive en réaction aux crises caractéristiques du stade impérialiste du capitalisme.
Le fascisme, tel que décrit dans les classiques, c’est donc un phénomène totalitaire en liaison symbiotique avec ce mode de production historique particulier qu’est encore le capitalisme, et donc tant qu’il tant qu’il dure, mais ne peut donc plus correspondre, par définition, à ce qui est d’ores et déjà identifiable au-delà.
Le banco-centralisme est quant à lui un mode de production nécessairement totalitaire, de par sa nature intrinsèque elle-même.
La transition du capitalisme au banco-centralisme est donc une transition systémique vers une nouvelle forme de totalitarisme "durable", pour utiliser un terme facilement compréhensible aujourd’hui…
La polémique, dans la mesure où elle est utilisée pour interroger sur l’histoire du système bancaire et son évolution, et dans la mesure où elle mène à une réflexion qui dépasse l’anecdote, cela peut néanmoins être l’occasion d’éclaircir à nouveau, et encore davantage, même, si possible, la différence fondamentale entre le capitalisme "classique", d’ores et déjà obsolète pour l’essentiel, et le banco-centralisme, qui l’a désormais supplanté, comme système de domination de classe, sur la majeure partie de la planète, à des stades et sous des nuances de formes diverses, tout comme l’avait fait le capitalisme industriel au cours du XIXe siècle, en remplacement des restes du féodalisme.
Parmi tous les auteurs de tous horizons qui écrivent sur AgoraVox, "Armelle" se réclame du mouvement "libertarien", qui est, en économie, la forme la plus "extrême" du libéralisme. En principe, une sorte d’"anarcho-libéralisme" visant à réduire au maximum le rôle de l’Etat dans la société, et surtout, évidemment, son influence et son rôle dans la vie économique. Autrement dit, un capitalisme tout à fait débridé… Au motif et/ou prétexte que le marché complètement livré à lui-même se "régulerait" spontanément en termes d’équilibre économique et social.
Une "utopie" que la loi de la jungle "humaine" n’a jamais rendue opérationnelle nulle part, sauf à mener à son exact contraire : la dictature monopoliste…
Le dernier article d’"Armelle", portant sur le rôle de l’IA dans l’économie, et les transformations profondes, voire radicales, qu’elle y induit, était donc un thème à priori tout à fait passionnant et si "Armelle" est restée, pour le moins, dans une certaine confusion au cours du débat dans les commentaires, avant de le déserter, en fin de compte, celui-ci n’en a pas moins abordé toute une série de questions fondamentales en lien avec ce thème et ses conséquences.
Dans une suite à ce débat le rôle de l’IA dans l’évolution actuelle du monde est plus spécialement abordé entre "Christophe", qui semble savoir de quoi il parle, et "Luniterre", autodidacte en cette matière comme en d’autres, sujet qui porte sur la question de l’autonomisation de l’IA par rapport à ses concepteurs et utilisateurs, avec ses conséquences, déjà concrètes, sur la société humaine.
Peut-on et doit-on y mettre une limite, et laquelle ?
Depuis plusieurs décennies déjà, le monde est essentiellement écrasé par la dette, tant publique que privée. Néanmoins jamais autant d’argent n’a circulé dans la sphère financière ni ne s’est accumulé sur quelques « grandes fortunes » qui capitalisent formellement à des chiffres supérieurs aux budgets complets de bon nombre de nations. Si l’on veut simplement figurer la chose en termes de « vases communicants » ou plus exactement encore, de « siphonage », les chiffres rendent pourtant évident que les montants faramineux de ces fortunes restent malgré tout en deçà de la dette publique et privée.
Le vocabulaire courant reste donc en retard sur l’évolution du réel, tout aveuglé qu’il est par la brillance factice, la morgue et l’exubérance indécente de ces fortunes spectaculaires, dont très peu, et surtout pas, les plus grosses, ressortent réellement d’une démarche concrètement entrepreneuriale.
Cet article explique pourquoi il arrive qu’à un certain point le terme de banco-centralisme doit nécessairement remplacer le terme de « capitalisme » pour nommer de manière appropriée le système de domination économique qui règne actuellement sur la majorité des pays, et qui n’en reste pas moins, tout comme le capitalisme, un système de domination de classe.
Quelques articles qui parlent de la mutation banco-centraliste en cours depuis le début du XXIe siècle, avec ses deux tournants décisifs en 2007-2008 et 2020-2021, à commencer par cet autre résumé qui « illustre » littéralement le « poids » de la dette dans le déséquilibre économique catastrophique de notre pays :
Cet autre article, plus détaillé, avec deux vidéos documentaires importantes, nous parle précisément et par la voix de son initiateur, aujourd’hui heureusement pour nous « repenti », de la première expérience historique de banco-centralisation d’une économie moderne, au Japon, le « prototype », en quelque sorte, des « solutions de crises » basées sur la dette publique exponentielle, telles qu’elles ont gagné ensuite la majeure partie des grandes puissances industrielles, dont évidemment la France…
Un article où Richard Werner, lui-même à l’origine du concept de « Quantitative Easing », décrit on ne peut mieux, à partir de son expérience personnelle d’économiste au Japon, l’évolution économique banco-centraliste de ce premier quart du XXIe siècle, jusqu’à la naissance actuelle des Monnaies Numériques de Banque Centrale et sur le danger fatidique pour les libertés économiques, et les libertés tout court, qu’elles représentent :
Et pour une approche historique plus synthétique de l’ensemble du processus de la mutation banco-centraliste depuis la formation du capital industriel, une étude de fond sur le temps long :
Ce n’est pas parce que des criminels parlent entre eux de la pluie et du beau temps, plus ou moins sur le même ton que des concierges, que cela fait des chroniqueurs météo des complices de leurs crimes… Evidemment, lorsqu’ils parlent entre eux de sujets d’actu, cela peut donc impliquer des acteurs politiques majeurs de notre époque. Le fait que des truands cherchent à avoir des accointances avec des politiques est historiquement assez fréquent, et le fait qu’ils y arrivent assez souvent est même historiquement très bien documenté, et depuis des décennies.