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En réponse à :
Discussion avec l’IA de Google sur les ouvriers (8 juin 2026)
https://mai68.org/spip3/spip.php?article7073
Habituelle et habile manipulation des statistiques, de la part de l’INSEE, comme de la part de l’IA, programmée en fonction :
Selon cette IA google, qui se base en partie sur l’INSEE (https://www.insee.fr/fr/statistiques/8376826) >>>
"Un déclin historique : La part des ouvriers dans l’emploi total n’a cessé de diminuer, passant de 30 % en 1982 à seulement 18,0 % aujourd’hui."
"L’essor du tertiaire : Plus de la moitié des ouvriers travaillent désormais dans le secteur des services (logistique, transports, gestion des déchets, nettoyage). Un cariste dans un entrepôt Amazon n’a pas le même quotidien qu’un ouvrier de la métallurgie."
>>> "plus de la moitié" >>> il faut donc déjà diviser 18 % "au moins" par 2 pour arriver à une estimation logiquement plus proche de la réalité, soit moins de 9%, donc, et qui regroupe >>>
"Le secteur d’activité : Industrie, bâtiment, travaux publics, transport, logistique, ou agriculture"
Or si la part de l’agriculture est malheureusement devenue dérisoire, il y a par contre une relativement bonne "résistance" de l’emploi ouvrier dans le bâtiment, secteur difficilement robotisable : dans ce secteur l’emploi ouvrier représente encore entre 50 et 64,5% du personnel, selon branche :
"_ dans les Travaux Publics, il y a 1 ouvrier pour 1 salarié non ouvrier (ETAM et cadres).
Au total, en 2023, 64,5% des effectifs salariés du BTP sont des ouvriers, 22,4% des ETAM et 13,1% des cadres (soit respectivement -1,5 pt, +0,7 pt et +0,8 pt par rapport à 2022)."
https://www.metiers-btp.fr/actualites/edition-2025-portraits-statistiques-dares/
Pourcentage à rapporter à un total d’ 1,5 millions de salariés du secteur, soit 967 500 ouvriers, environ.
Les 9% d’ouvriers réels, au maximum, donc, y incluant le bâtiment et l’agriculture représentent au total 2 611 980 actifs (sur les 29 022 000 recensés par le doc INSEE), et si l’on veut mieux cerner la réalité industrielle de notre pays il faut donc en déduire le bâtiment :
2 611 980 - 967 500 = 1 644 480 actifs, environ.
(Recoupement des chiffres DARES et INSEE)
Et étonnamment "Les effectifs salariés relevant du régime agricole atteignent presque 830 000 emplois, en légère hausse de 0,8 % en un an.", selon la MSA >>>
https://statistiques.msa.fr/publication/chiffres-utiles-edition-nationale-2025/
…Ce qui semble logiquement disproportionné, mais l’est moins si on rentre dans le détail >>>
"En France, 1,3 million de personnes travaillent en production agricole[1]. Parmi elles, 900 000, soit les 2/3 sont salarié·e·s. Seulement 119 000 sont salarié·e·s Permanent·e·s dans une ferme. 80% des contrats de travail salarié sont courts. 25 % des salarié·e·s en contrat saisonnier sont étrangers. En équivalent temps plein (ETP), en 2021, 674 000 ETP travaillent dans la production agricole dont 413 000 agriculteurs.trices et autres non-salarié·e·s, et 261 000 salarié·e·s. Les salarié·e·s agricoles assurent près de 40% du travail agricole."
https://cf.eelv.fr/cf-2025-06-1415-md-salaries-agricoles/
Donc, et si l’on considère que les 119 000 salariés agricoles à temps plein sont tous des ouvriers, ce qui est une approximation, il reste en France >>>
1 644 480 - 119 000 = 1 525 480 ouvriers actifs dans l’industrie, et encore, en y incluant donc, selon cette IA, transport et logistique, dont il faudrait éventuellement étudier les statistiques spécialisées.
Ce qui reste une approximation, mais avec une marge d’erreur limitée, compte tenu de la précision des sources.
Soit 5,26 % du total des actifs en France, mais répartis de façon inégale sur le territoire, comme on a déjà pu le voir avec une évaluation précédente concernant spécifiquement l’Île de France, où ce pourcentage était déjà carrément tombé à 1,52 %, en 2018, en ce qui concerne strictement la production industrielle, selon l’INSEE, et en fonction de la "pente" de la courbe INSEE de cette époque, il y a logiquement lieu de penser que le chiffre réel est encore plus bas aujourd’hui.
https://cieldefrance.eklablog.com/le-sens-retrouve-du-combat-social-en-france-a213299195
Voir aussi, avec des données chiffrées et sourcées :
La conclusion qui s’impose est donc que le prolétariat du XXIe siècle n’est plus essentiellement "ouvrier", et surtout quasiment plus au sens "industriel productif" du terme, mais désormais essentiellement "tertiaire", et il reste donc à en tirer toutes les conséquences en termes de luttes sociales encore réellement possibles et plus que jamais nécessaires face à ce qui est devenu la dictature du capital fixe et son cycle de reproduction et d’automatisation-robotisation, reposant sur le cycle de la dette banco-centralisée à l’échelle européenne (BCE) et mondiale (Fed, BRI, etc…)
Luniterre
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https://mai68.org/spip3/spip.php?article7074
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En réponse au camarade Do, https://mai68.org/spip3/spip.php?article7074#forum4032
Salut Luniterre,
Tu dis : « Habituelle et habile manipulation des statistiques, de la part de l’INSEE »
Question : Pour quelle raison l’INSEE voudrait faire croire qu’il y a plus d’ouvriers qu’il y en a en fait ?
Bien à toi, do
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Bonjour, camarade !
Encore une très bonne question, à ceci près qu’elle n’est pas à poser au conditionnel vu que c’est un simple constat, selon l’IA elle-même :
"L’essor du tertiaire : Plus de la moitié des ouvriers travaillent désormais dans le secteur des services (logistique, transports, gestion des déchets, nettoyage). Un cariste dans un entrepôt Amazon n’a pas le même quotidien qu’un ouvrier de la métallurgie."
Pour mieux comprendre, il faut donc rentrer dans le détail de la classification et de l’arborescence INSEE "complexe" des catégories "ouvrières" qui comprennent donc en fait plus de la moitié de salariés embauchés en réalité dans le secteur tertiaire !
L’évaluation dans ce bref article, basée sur les chiffres officiels, dont essentiellement ceux de l’INSEE, montre donc que la classe ouvrière industrielle ne représente tout au plus que 5,26% des actifs, et c’est encore probablement une évaluation assez large, et qui serait à "réduire" si l’on voulait véritablement cerner dans ce groupe les emplois encore réellement directement productifs au sens marxiste de la plus-value, c’est à dire d’emplois contenant un quantum de force de travail directement intégré à la marchandise produite.
Ceci dit, et comme je l’ai déjà souligné dans divers articles sur le sujet, il existe donc bien des métiers de services où la force de travail est directement partie intégrante du service vendu, au sens marxiste du quantum de travail directement intégré, question valeur, et carrément "comptabilisable" comme tel, stricto sensu : par exemple, lorsqu’une employée de l’hôtellerie a une durée fixe impartie pour le nettoyage d’une chambre dont la location est tarifée à la nuitée >>> il y a là un rapport direct entre temps de travail, force de travail et valeur ajoutée, et donc part de plus-value directement calculable sur le profit que fait l’hôtelier.
C’est pourquoi il est logiquement plus juste, d’un point de vue d’analyse sociologique et économique, de parler de prolétariat du secteur tertiaire, plutôt que de "classe ouvrière", pour de nombreuses catégories du tertiaire que l’INSEE veut faire rentrer dans la catégorie "ouvriers" tout en galvaudant le fond du concept qui est à minima celui d’une classe en soi, clairement repérable en tant que groupe social se reconnaissant comme tel, sinon comme "classe pour soi", ce qui suppose un minimum de conscience de classe et d’organisation en conséquence, ce qui n’est pas du tout le cas de la catégorie "ouvriers" de l’INSEE, qui est un fourre-tout ad hoc en vue de sauver le concept dans le discours des uns et des autres, tous bords confondus, alors que tous ont largement contribué à la destruction de la réalité de la classe ouvrière, qui était essentiellement son noyau industriel et massif, notamment dans l’industrie métallurgique, mais dans bien d’autres branches aussi, il y a encore quelques décennies.
L’intérêt de cette manipulation est double : tout d’abord, dissimuler l’impact de la désindustrialisation sur la structure sociale de notre pays. Ensuite, favoriser les manipulations du prétendu "vote ouvrier" dont on ne sait donc pas vraiment ce qu’il recouvre, en termes de statistiques, dans les études des instituts de sondage.
En réalité, même à supposer que Nathalie Arthaud, par exemple, arrive à mobiliser 100% du vote ouvrier industriel en France, cela lui ferait donc un score de 3,13%, toujours mieux que ses derniers scores, mais toujours loin d’un "changement de société" possible !
Il faut donc cesser de se gargariser avec des concepts déjà obsolètes à la fin du siècle dernier et commencer à comprendre véritablement la structure économique et sociale de notre monde du XXIe siècle et voir ce qu’il est encore possible de faire.
Se complaire dans le vocabulaire idéologique du siècle passé ne peut mener qu’à de nouveaux échecs.
Luniterre
Pour aller + loin sur le thème, ce nouvel article, qui fait une suite logique à la conclusion qui se dégage de cette brève étude des chiffres de l’évolution de la classe ouvrière industrielle en France :
1936-2026, le combat social est-il encore possible, et pour quel objectif ?
Voir également, avec des données chiffrées et sourcées >>>
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https://cieldefrance.eklablog.com/le-sens-retrouve-du-combat-social-en-france-a213299195
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