Par Antoine Potier
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1223 visites 10 aoû. 2026 | 29 réactions | Luniterre + Partager
https://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/1945-2026-de-nagasaki-a-gaza-une-271145
Étirév 10 août 13:32
Notons que Robert Charroux, dans son livre « L’énigme des Andes », au paragraphe intitulé « La conjuration de Pugwash », rappelle que « Le plus coupable des criminels de guerre fut sans doute Albert Einstein qui convainquit les présidents des USA Roosevelt et Truman de faire usage de la puissance nucléaire contre le Japon et, au besoin, contre l’Allemagne. ». Précisons au sujet d’Harry Salomon Schripp, dit « Truman », ancien vice-président devenu président des USA après le décès de Roosevelt en avril 1945, qu’il est celui qui ordonna la pulvérisation d’Hiroshima par une bombe à l’uranium le 6 août 1945, et qui, exultant à l’annonce du résultat, s’exclama : « This is the greatest thing in history ! ». Ce psychopathe récidiva trois jours plus tard sur Nagasaki, avec une bombe au plutonium « pour comparer ».
[NDLR CdF >>> abrégé par nous >>> voir "Lien permanent" pour le reste!]
Ce sont les flèches de la cathédrale Urakami Tenshudo à Nagasaki, centre le plus important de la communauté catholique japonaise, qui ont été prises comme point de repère par les pilotes du B-29 pour larguer la bombe « Fat Man ». On sait aujourd’hui que ce double « feu nucléaire » contre les japonais n’obéissait à aucune nécessité militaire, puisque Tokyo et 66 autres villes japonaises avaient déjà été réduites en cendres sous un déluge de bombes incendiaires, et que l’empereur Hirohito avait accepté le principe de la capitulation. Blog : https://livresdefemmeslivresdeverites.blogspot.com/
Luniterre 10 août 18:00
@Étirév
"Notons que Robert Charroux, dans son livre « L’énigme des Andes », au paragraphe intitulé « La conjuration de Pugwash », rappelle que « Le plus coupable des criminels de guerre fut sans doute Albert Einstein qui convainquit les présidents des USA Roosevelt et Truman de faire usage de la puissance nucléaire contre le Japon et, au besoin, contre l’Allemagne. ».
Effectivement, un point historique bien réel et tout à fait important à l’occasion de cette « commémoration » annuelle de la tragédie de ces deux villes japonaises, où ce sont essentiellement et délibérément les civils qui étaient visés, selon le documentaire historique Arte, également republié en lien vidéo MP4 avec cet article de 2019 :
Luniterre
Eric F 11 août 10:06
@Étirév
« De plus, selon la progression du Plan... »
On voit où vous voulez en venir.
Gollum 11 août 11:23
@Étirév
> dont le fonds de commerce est principalement la PEUR (obstacle majeur à la Spiritualité).
Z’êtes gonflée quand même... Tout votre discours consiste à faire peur aux lecteurs pour qu’ils se tournent vers votre blog et en adopte la vision paranoïaque pseudo-spirituelle...
Vérité à l’envers = mensonge... Un vrai lapsus freudien pour le coup.
Gollum 11 août 11:32
@Étirév
— -> rappelle que « Le plus coupable des criminels de guerre fut sans doute Albert Einstein qui convainquit les présidents des USA Roosevelt et Truman de faire usage de la puissance nucléaire contre le Japon et, au besoin, contre l’Allemagne. ».
Archi faux. Einstein mit en garde Roosevelt sur le danger énorme si l’Allemagne nazie fabriquait la bombe avant les USA...
Avertissement pris au sérieux par Roosevelt et qui aboutit au projet Manhattan.. sur lequel Einstein ne travailla jamais.
Voir ici la vérité (hein la vérité ? Vous aimez ça la vérité ? hahhahha) :
Luniterre 11 août 11:59
PS >>> avec cette republication « Août 2026 » d’un article qui datait de 2019 sur mon ancien blog TML, qui republie désormais « Ciel de France », mais tout en conservant son fond d’archives bien utiles, j’ai donc évidemment fait également une mise à jour des liens utiles sur le thème, outre l’excellent documentaire Arte, et c’était donc l’occasion d’une nouvelle recherche sur le net, également, pour revérifier la pérennité des sources, et d’où il est ressorti un article de 1992 du « New Scientist », c’est à dire à la « déclassification » des transcriptions des enregistrements de « Farm Hall », la « prison » des scientifiques allemands en Grande Bretagne, en 1945, à l’époque des bombardements d’Hiroshima et Nagasaki :
"Heisenberg’s principles kept bomb from Nazis
https://www.newscientist.com/article/1827185-heisenbergs-principles-kept-bomb-from-nazis/
Nazi leaders were kept in the dark about how far Germany’s nuclear physicists had got in their work on an atomic bomb
By Dan Charles - 5 September 1992
NAZI leaders were kept in the dark about how far Germany’s nuclear physicists had got in their work on an atomic bomb. According to a new account of German nuclear research during the Second World War, physicist Werner Heisenberg hid information from Nazi leaders about how to build an atomic bomb. The account relies heavily on secretly taped conversations among German scientists interned in England after the war."
(C’est en accès gratuit, mais il faut néanmoins s’inscrire avec une adresse mail.)
De la suite de cet article, et comme indiqué dès les première lignes, il ressort donc bien qu’Heisenberg, le plus grand physicien de son temps, incidemment « juif allemand », a donc bien fait de la « Résistance passive » au plus haut niveau de la hiérarchie scientifique allemande, alors qu’à la même époque Einstein était parmi les partisans les plus zélés de la bombe US, bien qu’ayant été finalement écarté du « brain trust » pour éviter tout risqua de « dissidence » au sein du staff de recherches nucléaires US, semble-t-il.
De son côté, la stratégie d’Heisenberg a été essentiellement de pousser l’effort nucléaire allemand vers les applications civiles, uniquement, alors qu’il avait manifestement, et on s’en rend compte à son analyse des événements, toute la capacité intellectuelle de mener à bien un projet « nazi » de bombe atomique !
Un paradoxe de l’histoire qu’il est important de toujours rappeler pour comprendre globalement l’œuvre d’Heisenberg, non seulement dans ce qu’elle a de strictement scientifique, et qui est évidemment hors de portée du lecteur autodidacte que je suis, mais aussi et surtout le sens profond et bien réel de ses réflexions philosophiques et épistémologiques.
Néanmoins accessibles, précisément, dans son « Manuscrit de 1942 » écrit et publié clandestinement (...et confidentiellement !) à l’époque, et seulement accessible, en traduction, au lecteur français, depuis 2003.
Luniterre
Luniterre 11 août 12:35
@Gollum
« Etirev » a une manie, il est vrai, d’étaler infiniment la sauce d’un blog assez particulier, mais sur ce point l’article du « National Geographic », que j’ai donc également republié in extenso ici, dans un article paru à l’origine sur TML en 2019 :
...lui donne plutôt raison, au sens où Einstein a donc poussé les USA à travailler à la bombe et finalement à l’utiliser, alors que les allemands avaient en fait assez vite renoncé à cet objectif, et notamment sous l’influence de Werner Heisenberg, comme déjà expliqué dans mon post de 11:59 >>>
https://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/1945-2026-de-nagasaki-a-gaza-une-271145#forum6938329
Son initiative était donc basée sur une mauvaise évaluation de l’état d’avancement de la recherche en Allemagne, indépendamment de ses intentions éventuelles, qui ne se sont jamais concrétisées autour d’un projet de bombe, contrairement à une légende tenace, mais bien autour de la production « civile » d’électricité, dont l’Allemagne avait le plus grand besoin, même si évidemment aussi pour son industrie militaire.
Il y a donc pour le moins « ambiguïté » d’un côté comme de l’autre en ce qui concerne le rôle des scientifiques de chaque côté, mais factuellement, au delà des apparences et des légendes urbaines, c’est donc bien Heisenberg qui a œuvré pour la paix et Einstein pour la guerre, bien qu’il l’ait évidemment profondément regretté par la suite... !
Un paradoxe de l’histoire qui reste utile à comprendre, si on veut éviter de retomber dans des scénarios type « la fiole de Powells » qui a servi à « justifier » la guerre en Irak.
Luniterre
Eric F 11 août 13:55
@Luniterre & @Gollum
Plus simplement, Hitler ne croyait pas au nucléaire qui était à ses yeux une « science juive », il a laissé tomber les recherches initiales (plus de crédit, poursuite au ralenti). La « deutsche Physik » a été une tendance en Allemagne d’éliminer les apports des physiciens juifs.
Eric F 11 août 14:05
...Einstein avait averti sur le risque que les nazis mettent au point une bombe nucléaire avant les alliés (ce qui s’est avéré inexact), mais il n’était pas thuriféraire d’une telle bombe à laquelle il n’a pas participé, et dont il a milité ensuite pour la suppression.
Luniterre 11 août 14:14
PS >>> précision utile, mon article de 2019 cite :
https://www.nationalgeographic.fr/sciences/einstein-est-il-le-pere-de-la-bombe-atomique
Par Erin Blakemore
Alors que le lien de Gollum mène à :
Par le même Erin Blakemore, mais republié en 2025, donc, et qui est peu ou prou une paraphrase du précédent, ce qui s’appelle se plagier soi même, ce qui est juridiquement sans grand danger, évidemment, mais donc pas vraiment utile...
Mais ce qui peut, éventuellement, entraîner des confusions sur tel ou tel point de détail « historique »... Sans changer quoi que ce soit de significatif, cependant, au rôle des uns et des autres quant au résultat final.
A noter que l’ancien article est donc bien toujours en ligne sur le même site, sans précision de date, cependant. Mais c’est donc 2019 au plus « récent », compte tenu de la republication datée de cette époque sur TML.
Luniterre
Gollum 11 août 16:49
@Eric F
— -> mais il n’était pas thuriféraire d’une telle bombe à laquelle il n’a pas participé, et dont il a milité ensuite pour la suppression.
Voilà. Faire passer Einstein pour un salaud dans l’histoire me semble un peu cavalier...
Durand 10 août 14:23
« La question n’est pas de savoir si l’Europe dispose de la capacité institutionnelle nécessaire. Elle l’a. La question est de savoir si elle possède la clarté stratégique pour reconnaître ce moment charnière, ainsi que le courage politique de corriger les incohérences qui, pour l’heure, en font un porte-parole peu crédible. »
L’Europe ??!!!… ^^
..
Luniterre 10 août 17:24
@Durand
C’est, comme indiqué dans mon article de présentation, une illusion « européenne » d’Ingo Piepers que je ne partage évidemment pas du tout.
C’est une des contradictions internes de son propos, évidemment : il tente de définir ce que devrait être le rôle de l’Europe, en fonction de son histoire ancienne, et non pas de sa réalité actuelle, qu’en tant que hollandais, et donc citoyen d’un relativement « petit pays », désormais, il a du mal à percevoir... Il attend notamment de la France qu’elle joue plus ou moins un rôle de « parapluie nucléaire », ce qui serait tout à fait contre-productif et même carrément dangereux, dans le contexte actuel !
Il nous faut au contraire militer pour le retour à une véritable doctrine d’indépendance nationale française, avec toutes ses conséquences pratiques, qui permettra à notre désormais également « petit pays » de jouer néanmoins à nouveau un rôle clef sur le plan diplomatique.
Cela commence donc par « sanctuariser » constitutionnellement notre force de frappe nucléaire au service de notre indépendance nationale, et « tous azimuts », question d’orientation géostratégique.
Les Quatre Points Cardinaux du Retour à l’Indépendance de la France
Point 1 :
« *_ Indépendance militaire et géostratégique : la force de dissuasion nucléaire doit être remise à jour et au service de l’indépendance de la France de façon potentiellement efficace dans toutes les directions. L’industrie militaire française doit fournir par priorité absolue nos forces armées nationales, en complément et renfort de la dissuasion, et non au service d’intérêts étrangers à la nation. »
Luniterre
Durand 10 août 18:17
@Luniterre
« Il nous faut au contraire militer pour le retour à une véritable doctrine d’indépendance nationale française, avec toutes ses conséquences pratiques, qui permettra à notre désormais également « petit pays » de jouer néanmoins à nouveau un rôle clef sur le plan diplomatique. »
Entièrement d’accord et j’espère que tous ceux qui défendent notre indépendance nationale sauront, provisoirement, mettre de côté leurs divergences et se rassembler pour le Frexit.
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Eric F 11 août 10:27
A propos de l’idée de Ingo Piepers de comparer les tensions dans la société qui mènent à un éclatement guerrier, on pourrait alors aussi comparer à la tectonique des plaques pour ce qui est de l’accumulation de tensions. Tout séduisant que soit le modèle, on peut relever qu’en fait « il y a toujours un guerre quelque part », les causes peuvent être extérieures aux tensions de la société dans la région concernée (pensons à Gengis Khan).
Sur un autre ordre d’idée, il ne me parait pas que les bombes nucléaire contre le Japon dans le cadre de l’achèvement du plus considérable conflit mondial de tous les temps, soit de nature comparable au pilonnage destructeur et meurtrier de Gaza dans le cadre d’un conflit régional.
Luniterre 11 août 11:12
@Eric F
Ce qui n’est pas suffisamment apparent, dans ce « petit » article d’Ingo Piepers, qui n’est qu’une sorte de chronique d’actu sur son fil « Linkedin », c’est que sa démarche scientifique s’appuie précisément sur des considérations thermodynamiques globales mettant en relation activités économiques, activités militaires, et évolution des civilisations humaines, sur le temps historique « long », mais comme l’indique, par contre, le graphique cité à dessein à la suite des liens vers quelques une de ses œuvres plus conséquentes, et donc également plus volumineuses, sur le fond...
Et donc, si l’on veut bien, mais ce qui est absolument nécessaire pour une analyse sérieuse, en fait, « prendre de la hauteur » par rapport à des considérations tactiques « immédiates » entre destructions nucléaires, survenues seulement à Hiroshima et Nagasaki, et presqu’autant à des fins « expérimentales » que politiques et/ou géostratégiques, en fait, d’une part, et de l’autre les bombardements systématiques de zones urbaines essentiellement civiles, comme à Gaza et aussi, par exemple, à Dresde, en Allemagne, vers la fin de la deuxième guerre mondiale, on voit bien que dans tous ces exemples tragiques il s’agit bel et bien de destructions systématiques et systémiques, amenant à terme une « recomposition » des équilibres, après reconstructions, que l’on peut tout à fait, et à tous points de vues, comparer et même assimiler, dans une large mesure, à des « transitions de phases » dans les processus thermodynamiques étudiés autrement à plus petite échelle, tout simplement.
Le cycle est « accumulation de forces, destructions, reconstructions », et comme vous le soulignez vous même il est tout à fait comparable à certains phénomènes sismiques concernant la tectonique des plaques, qui sont eux-mêmes, et quasiment par définition, des processus thermodynamiques !
Dans les deux cas le lien entre les forces tectoniques et la nature des matériaux mis en mouvement est dialectique : forces et nature physique des matières ont évidemment une certaine interdépendance, mais elle est toujours finalement relativisée par le résultat final, après transition de phase, qui peut donc avoir des caractéristiques tout à fait communes dans des situations relativement différentes, au départ.
Et dans tous les cas le lien le plus fondamental est évidemment l’augmentation de l’entropie globale, toutes catégories de phénomènes « confondus » sous ce critère d’évaluation, qui est ce qui « gouverne » tout le reste, en dernier ressort et sur le long terme.
De façon à trouver la meilleure situation possible pour nous autres, les humains, dans ce flot général de l’entropie, il serait donc temps d’en prendre conscience...
Sur les phénomènes tectoniques, on n’y peut pas grand chose, sauf les étudier pour savoir comment vivre avec sans être broyés, mais pour les guerres, on peut logiquement user de notre libre arbitre pour chercher à comprendre comment les éviter...
Et donc cela commence par chercher à comprendre les causes systémiques des conflits, et c’est donc l’objet de la recherche d’Ingo Piepers.
Luniterre
Eric F 11 août 14:30
@Luniterre
Je suis en train de lire un compendium en 5 volumes -un peu daté- sur l’histoire du monde par Jeau Duché. Il apparait que des conquérants et chefs de guerre ont parfois usé de la pratique d’éradication des populations d’une ville, soit par méthode systématique (on est débarrassé pour la suite), soit par intimidation pour d’autres ennemis actuels ou potentiels, soit par vengeance, et cela bien avant l’aube de la civilisation occidentale contemporaine.
Les bombes sur le Japon me paraissent relever notamment de l’« intimidation pour d’autres ennemis » (en plus d’anticiper la clôture d’un conflit pouvant durer), et Gaza, disons le, de la « vengeance » (également, mais en second, de intimidation pour la suite, là on peut faire le parallèle avec Dresde). p>
Eric F 11 août 14:38
(suite) Concernant le conflit en Ukraine, il y a un aspect systémique qui est la propension des empires à étendre ou maintenir leur zone de suzeraineté, c’est vieux comme les civilisations et c’est ça qui m’a fait penser à la tectonique des plaques. La cause première pour cette région vient de l’extérieur qui ravive des tensions locales.
Bruno Hubacher 11 août 10:31
...alors on peut bien parier que l’homme s’effacerait, comme à la limite de la mer un visage de sable. Michel Foucault
https://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/le-panoptique-aux-temps-de-la-238778
Luniterre 11 août 12:57
@tous >>>
D’une manière générale il y a une sorte de « résonnance », et on l’espère aussi « raisonnance » si on ose ce néologisme, entre l’article
https://www.agoravox.fr/actualites/technologies/article/dernieres-nouvelles-de-cyberie-271135
...et le présent article, au sens où ils abordent chacun à leur façon la problématique de la production d’entropie par la civilisation humaine.
Sur le fil de « lePhénix », « Durand » cite ce lien sur le thème de l’entropie :
https://vincent-mignerot.fr/emotions-thermodynamique/
... dont la lecture m’a suggéré quelques réflexions qui me semblent donc également tout à fait en rapport avec la démarche d’Ingo Piepers et que je republie donc également ici telles quelles :
@Durand
A propos de la recherche d’une éventuelle « théorie du tout », Einstein a répondu que selon lui la thermodynamique était déjà la meilleure candidate au poste. En effet, c’est un domaine de la science qui se situe à l’intersection de quasiment tous les autres, et cela depuis la « naissance » de l’univers, s’il en fut.
Les lois les plus basiques de la thermodynamique commandent donc le cours de l’évolution de tous les phénomènes qui se produisent dans notre univers, un peu comme la pente des terrains commande le cours de l’écoulement des eaux, ou presque...
Les êtres vivants ne sont que l’une des multiples « pentes » par lesquelles se disperse l’énergie dans un univers en expansion constante, jusqu’à preuve du contraire...
L’évolution de la complexité du vivant n’a donc fait que suivre la pente en termes de capacités de dispersion de l’énergie et l’espèce humaine est au top de cette évolution, avec sa « techno-civilisation »...
La capacité de dispersion par individu « moderne », comme consommateur et utilisateur quotidien de technologies diverses, est, en rapport de sa masse, semble-t-il désormais supérieure à celle du soleil, en rapport « énergie dispersée/masse ».
La différence essentielle étant que le soleil a encore pas mal de réserves à cramer avant de « s’éteindre » sous une autre forme encore plus « dispersée » de son énergie...
Une autre différence, par contre, c’est que pour en arriver là, de notre côté, il nous a fallu évoluer une conscience de nous mêmes assez complexe, à partir de notre instinct primitif de survie.
Depuis l’aube de la civilisation un relatif conflit se poursuit entre conscience évolutive et instinct primitif, avec les divers « inconvénients » que cela engendre encore en société...
Fondamentalement, l’instinct de puissance et de pouvoir sur ses semblables, que ce soit par la technologie ou autrement, n’est jamais qu’une forme paroxystique et plus ou moins dévoyée de l’instinct primitif de survie.
Néanmoins, au cours de cette dialectique évolutive « instinct/conscience », l’être humain a été amené à inventer un truc qui s’appelle le « libre arbitre » et qui est sensé l’aider à faire les meilleurs choix en toute connaissance de causes, ou presque...
Le problème actuel de l’humanité c’est simplement que de ce « libre arbitre » on ne fait pas véritablement un usage intensif, c’est le moins que l’on puisse en dire...
On ne peut pas arrêter le cours de l’entropie universelle, mais on peut apprendre à nager en conservant la tête hors de l’eau pour quelques millénaires encore, en fonction de nos choix fondés sur ce fameux « libre arbitre » que nous avons oublié en chemin, sur les rives du flot de nos illusions...
La civilisation humaine ne peut absolument pas échapper à sa fonction basique de flot de dispersion énergétique parmi d’autres flots, mais grâce à son « libre arbitre » elle a néanmoins acquis la capacité d’en réguler éventuellement le cours, afin de le rendre davantage « durable », au sens véritable et donc relatif du terme.
On ne peut que ralentir le flot de l’entropie au niveau de notre biotope, notamment en limitant les aspects les plus délétères de notre impact sur lui, tout en restant conscients que le passage de l’humanité et de sa civilisation sur Terre ou ailleurs n’est jamais qu’un bref moment du flot universel de l’entropie et que tous nos vieux fantasmes de transcendance et d’éternité sont définitivement à ranger au musée des accessoires de l’homme des cavernes scrutant les nuages en quête de « divinités » plus ou moins fâchées avec lui les jours de tempêtes...
Ce réveil de nos consciences, nous le devons à nos enfants et petits enfants, c’est là la question essentielle qui se trouve posée à notre libre arbitre, dès aujourd’hui, en espérant qu’il soit encore temps d’y répondre.
Luniterre
Eric F 11 août 14:51
@Luniterre
« On ne peut pas arrêter le cours de l’entropie universelle, mais on peut apprendre à nager en conservant la tête hors de l’eau pour quelques millénaires encore, en fonction de nos choix fondés sur ce fameux « libre arbitre » »
Oui, quoique l’entropie universelle est compensée par des mécanismes d’organisation, sinon l’énergie primale se serait diluée dans l’immensité de l’espace-temps, voire dispersée après les premières particules. La combinaisons de ces particules jusqu’à donner naissance à la « vie qui pense » est un pied de nez à l’entropie, me semble-t-il,
« ...nos vieux fantasmes de transcendance et d’éternité sont définitivement à ranger au musée des accessoires de l’homme des cavernes scrutant les nuages en quête de « divinités » plus ou moins fâchées avec lui les jours de tempêtes... »
Excellente formulation !
Luniterre 11 août 17:40
@Eric F
« ...l’entropie universelle est compensée par des mécanismes d’organisation, sinon l’énergie primale se serait diluée dans l’immensité de l’espace-temps, voire dispersée après les premières particules. La combinaisons de ces particules jusqu’à donner naissance à la « vie qui pense » est un pied de nez à l’entropie,... »
Non, vous avez une perception « unilatérale » de ce qu’est l’entropie, en fonction de définitions simplistes basées sur la notion de « désordre » généralement reproduite dans les articles de vulgarisation sur le thème.
Donc, précisément, non, « la vie qui pense » n’est pas du tout un pied de nez à l’entropie, selon une idée assez couramment reçue, mais bien au contraire, elle en est, sur notre planète, le « fruit » le plus achevé, jusqu’à présent, mais potentiellement « détrônable » par l’IA, si elle continue sur la voie de sa propre « autonomisation », comme de récents « incidents » tendent à le montrer...
Une « structure dissipative », dont l’être humain est jusqu’ici la forme « vivante » la plus aboutie, est précisément une structure dissipative d’énergie, et donc productrice d’entropie.
Au cours de leur évolution les structure dissipatives passent par différentes phases de transition, mais c’est toujours pour maximiser leur production d’entropie.
Et dans une sorte de phase de transition « finale » elles finissent par se dissiper elles-mêmes, en tant que structures : il en va ainsi des êtres vivants comme des étoiles, des planètes, etc... Seules les échelles de temps sont différentes, et même extrêmement différentes, selon les catégories de phénomènes, et bien évidemment, il y a une interaction entre tous, jusqu’à un certain point...
Il semble qu’il en ait été ainsi dès les premières secondes de l’univers, dès qu’il a cessé d’être totalement isotrope, si jamais il l’a véritablement été, du reste... Parler d’isotropie, en cosmologie, est relatif aux probabilités de croiser le même type de structures dans toutes les directions de l’espace, mais à l’échelle du système solaire, simplement, notre environnement spatial est tout sauf isotrope...
En un sens l’entropie est une sorte de tropisme que l’on peut définir comme un retour à l’isotropie, avec donc une énergie de plus en plus dispersée, mais de manière isotrope, in fine, et donc il est assez aberrant de définir l’entropie comme une « tendance au désordre », même si la destruction d’une structure arrivée au terme de ses capacités à produire de l’entropie peut le suggérer.
En très résumé on peut éventuellement avancer que l’univers parti d’un état isotrope initial a commencé à évoluer a partir à la fois de son expansion et de sa brisure de symétrie (anisotropie), quelle qu’en soit la cause. Dans un univers qui aurait subi une expansion réellement tout à fait isotrope jusque dans ses plus petites « dimensions » on ne serait donc pas là pour en parler... ! le retour le plus « rapide », au sens de l’image de la pente la plus « favorable » que suit l’eau à partir d’un sommet, c’est donc le flux d’entropie qui aboutit à la formation de structures dissipatives à la fois de plus en plus complexes et de plus en plus « efficaces » en termes de production d’entropie, même si c’est bien, en dernière analyse, pour suivre la pente la plus « favorable », la plus « efficace » en termes de dispersion d’énergie, ce qui est la base même de l’entropie « universelle », à plus d’un titre...
A l’issue du processus, qui n’est pas une « fin », évidemment, mais plutôt une sorte de « ralentissement infini », la même qantité initiale d’énergie sera toujours dans l’univers, mais dispersée précisément de façon isotrope et avec une telle faiblesse de « densité », en quelque sorte, qu’il ne s’y passera plus grand chose, d’une manière ou d’une autre, mais une telle isotropie est par définition tout à fait le contraire d’un « désordre »...
Bon, mais d’ici là les humains ont encore quelques jolis millénaires à vivre sur notre planète verte et bleue, à condition d’arrêter d’y faire surtout des conneries...
Luniterre
Luniterre 11 août 17:59
PS >>> suite à vos posts de 14:30 et 14:38, j’avais donc préparé cette réponse, ci-dessous, que j’ai laissée de côté pour aller plus loin à propos du concept d’entropie et éventuellement de « néguentropie » que vous suggérez, même si sans la nommer ainsi, dans votre post de 14:51 >>> un concept qui a bien une réalité, mais tout à fait complémentaire de celui d’entropie, et non pas « contradictoire » comme parfois suggéré par des vulgarisateurs maladroits, et plus fréquemment par des idéologues charlatans pseudo-« scientifiques »...
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Ingo Piepers, considérant la société humaine comme une « structure dissipative » au sens Prigogonien du terme, c’est à dire un système organisé d’échanges avec son milieu extérieur en vue de maintenir sa propre structure « énergétique », fait remonter le stade « structure dissipative globale » à la fin du XVème siècle, alors que l’Europe devient la base et le point de départ de l’expansion d’un système qui va assez rapidement dominer la planète. Ensuite il distingue différentes « phases de transition » pour aboutir jusqu’au système « global » actuel, mais qui rentre, avec les trois « principales » guerres actuelles dans une nouvelle phase de transition.
Je dirai que malheureusement sa théorie me paraît assez cohérente avec mes propre recherches, qui rentrent davantage dans la problématique de l’évolution des rapports de production, mais encore selon les régions du monde, également, plus ou moins « banco-centralisées », selon les cas : cinq grandes Banques Centrales pour cinq grandes zones d’influence monétaire, mais avec une forte tendance à l’intégration entre elles, du fait de l’interdépendance des ressources et des technologies. >>> un point commun entre son approche et la mienne.
Historiquement la deuxième guerre mondiale constituait donc une phase de transition importante et savoir quel impact aurait pu avoir tel ou tel acteur important de l’époque est devenu anecdotique sauf à considérer le rapport entre stratégies et ressources, précisément.
La mégalomanie d’Hitler l’a poussé a vouloir prendre la France avant d’attaquer l’URSS et ensuite à vouloir prendre Moscou avant le reste... Les deux erreurs qui lui ont été fatales, et c’est tant mieux pour nous, même s’il a encore fallu quatre ans pour en venir à bout.
S’il avait raisonné logiquement et non pas idéologiquement, il aurait tout de suite foncé occuper les champs pétrolifères de Bakou, aujourd’hui en Azerbaïdjan, et aurait pu alimenter durablement son industrie sans précipitation et s’installer progressivement un peu partout en europe et en Russie, par la suite : il serait alors devenu très difficile à « déloger », contrairement à ce qui s’est passé, même si avec beaucoup de violence. Il est donc même possible, sinon probable, que les américains et les anglais auraient cherché un « modus vivendi » avec son « Reich européen » plus ou moins inexpugnable, du moins pour pas mal d’année, même si certainement pas « mille ans », vu les contradictions internes de son propre système.
L’empire japonais, une fois privé de son arrière-cour chinoise continentale, était de toutes façon condamné pour la même raison : fautes de ressources naturelles facilement accessibles.
Bref, la grande force des américains c’est précisément d’avoir eu la possibilté, question ressources, de constituer chez eux-mêmes une « force mécanique supérieure », comme l’avait si bien compris le Général De Gaulle.
Le monde aurait pu être « partagé » entre un « Reich hitléro-caucasien » et les USA, mais il l’a finalement été entre les USA et L’URSS, pour pas mal de décennies, sauf peut-être la décennie gaulliste en France, qui aurait pu inaugurer une « troisième voie » si elle avait eu des héritiers conséquents.
Aujourd’hui le monde est encore partagé entre la zone US et la zone « chinoise », avec tout de même quelques « challengers » entre Moscou et Téhéran...
Ce qu’il en sortira est encore tout à fait imprévisible : la Chine joue intelligemment son jeu en « attendant son heure », mais tout en s’y préparant très activement, question accumulation de forces et de ressources, et pourrait bien finalement tirer la meilleure épingle du jeu, tant, précisément, qu’il est de plus en plus chaotique et qu’elle « attend » sans prendre de risques inconsidérés... Elle n’est pas sans « points faibles », et même considérables, mais pour l’instant elle joue précisément son jeu sans les exposer aux « coups » éventuels de ses « adversaires » et/ou « concurrents », comme vous voudrez...
Ce qui ressortira de tout ça reste tout à fait incertain, comme le montrent les parcours pour le moins « contrastés » des interventions US au Vénézuela et en Iran.
Le mieux serait tout de même que les peuples se réveillent de leur torpeur pour imposer des solutions logiques et de simple bon sens, mais c’est aussi le plus improbable, malheureusement.
Mais cela ne doit pas nous empêcher de chercher à comprendre, et si ça nous évite simplement de mourir idiots, c’est déjà ça ! Et les quelques traces que l’on laisse peuvent éventuellement servir aux suivants, sait-on jamais...
Luniterre
Francis 11 août 20:57
@Luniterre
@Eric F
je pense que vous auriez feriez progresser votre réflexion en écoutant quelques vidéos de Richard Feynman :
https://www.youtube.com/watch?v=4JQeREJe_-o
Notamment sur la question du temps ou plus eactement ce qu’on appelle le temps :
https://www.youtube.com/watch?v=OBTKE6n6RGs&pp=ugUEEgJmcg%3D%3D
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