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"Dans les demeures bourgeoises anglaises « édouardiennes » du début du XXème siècle, le dernier étage n’était pas l’apanage des « chambres de bonnes » comme en France, mais de la « nursery », le domaine de l’enfance, … [...]« Grandir », dans ce contexte sociologique « britannique », cela commençait donc en descendant les escaliers « tout seul comme un grand », mais ce n’était pas forcément sans états d’âme, ni, pourquoi pas, sans faire une pause au milieu des escaliers, une pause que, rétrospectivement, l’adulte qui s’en souvient peut assez légitimement considérer comme quasi « philosophique », sinon même carrément « existentielle »…
Mais ce ne sont pas tous les « adultes » qui sont capables d’une telle introspection vers leur passé, et surtout, avec un regard lucide sur le parcours qui les a éventuellement menés au sommet de la hiérarchie sociale, ce qui est une autre manière de gravir les marches, au sens « figuré » cette fois, et dans l’autre sens, donc… (...)"
https://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/2014-andrew-haldane-le-spleen-du-270989
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Luniterre 4 août 12:10
D'un point de vue matérialiste dialectique chaque phénomène peut être considéré, dans l’ensemble de son développement, à partir d’un précédent où il prend sa source et jusqu’au suivant dans lequel il se fond en disparaissant, mais pas sans laisser de traces.
La dialectique n’a pas pour autant la prétention de s’établir comme une règle scientifique, sauf selon quelques dogmatiques imbéciles, (pléonasme néanmoins toujours utile), mais simplement de proposer une approche épistémologique du développement des phénomènes que la science décrit avec les méthodologies variées qui sont adaptées à chaque domaine étudié.
Une approche matérialiste dialectique est donc une approche nécessairement à la fois épistémologique et évolutive globale de l’histoire des phénomènes et c’est pourquoi, tout à fait à l’instar de l’histoire elle même, elle n’est pas à placer au rang des « sciences exactes », mais qui ont elles mêmes des limites en fin de compte tout à fait de nature dialectiques dans leurs interconnexions.
L’économie n’a pas la prétention d’être une science exacte, mais elle n’en décrit pas moins un ensemble de réalités historiques de la société humaine.
L’économie humaine est par essence un phénomène évolutif, au sein duquel chaque type de société a donc son propre cursus dialectique, articulé autour du point d’acmé qui le caractérise.
Tenter de situer ce point est donc d’un intérêt primordial pour la compréhension de l’évolution de l’histoire humaine.
Situer l’acmé du capitalisme à l’époque dite des « Trente Glorieuses » en France paraît aujourd’hui presque être d’une évidence triviale. Le même phénomène existe dans la plupart des pays occidentaux, et sensiblement pour la même période, même s’il n’y est pas aussi clairement identifié.
Avec sa métaphore articulée autour d’un très bref poème « infantile » d’A.A. Milne, le véritable créateur littéraire de Winnie l’ourson, Andrew Haldane, en 2014, nous parlait donc, de l’intérieur du système lui-même, de ce qui était encore l’« enfance » du banco-centralisme.
Un moment important et utile à étudier pour comprendre l’évolution économique et sociale du XXIème siècle, encore actuellement à peine au stade de l’« adolescence » du banco-centralisme, et au sein duquel se manifestent déjà, avec les IA qui s’évadent de leurs « bacs à sable », les premiers symptômes du stade évolutif suivant, tout comme les premiers « bourgs » et les premiers « bourgeois » sont apparus dès le haut moyen âge comme symptômes de la future classe dominante capitaliste.
En un sens le petit poème d’A.A. Milne se réfère de manière on ne peut plus caractéristique à ce qu’était l’univers matériel et mental de l’Angleterre « édouardienne », qui était peut être à sa façon l’acmé de l’Empire britannique, en quelque sorte en avance de quelques décennies sur nos « Trente Glorieuses », et dont l’univers mental reste donc encore sensible pour la bourgeoisie anglaise contemporaine, même si, et notoirement dans le cas d’Andrew Haldane, passée corps et âmes dans l’univers économique et financier du banco-centralisme.
Luniterre
PS >>> pour remonter à la genèse de la transition « capitalisme/banco-centralisme » relire :
Le Roi « Capital » est mort, vive la Reine « Dette » !
https://cieldefrance.eklablog.com/le-roi-capital-est-mort-vive-la-reine-dette-a215991921
Voir aussi >>>
Cet article explique la première banco-centralisation d’une économie industrielle moderne à l’échelle nationale, au Japon.
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L'article original sur Ciel de France :
2014 - Andrew Haldane, le spleen du banquier central à mi-chemin sur les marches du pouvoir
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Une suite au débat
sur AgoraVox >>>
Eric F 4 août 18:17
Article très fouillé, complexe pour le tout un chacun que nous sommes pour la plupart, avec des aspects littéraires en cerise sur le gâteau.
Peut-on résumer que le QE n’a pas été d’emblée une stratégie délibérée mais initialement un palliatif occasionnel, qui a pris de l’ampleur et est devenu en quelque sorte addictif un peu comme devoir regonfler un ballon qui fuit de plus en plus au fur à mesure qu’il grossit ?
Les « banquiers centraux » sont-il des sortes de technocrates qui cherchent à éviter un crash financier mondial, ou bien délibérément des « suppôts des ploutocrates » sachant que la gonflette profite aux portefeuilles boursiers, non à l’économie vraie.
J’ai du mal à voir le lien avec les déficits publics, ceux-ci plongent en France mais d’autres pays « capitalistes » les ont maîtrisé (pas les USA, certes). Ces dettes ne sont pas contractés auprès des banques centrales, mais de l’emprunt classique aux banques privées. Certes le QE leur achète des actifs pourris de dette peu rentable ou mal garantie.
Luniterre 4 août 20:38
@Eric F
Eléments de réponse :
Peut-on résumer que le QE n’a pas été d’emblée une stratégie délibérée mais initialement un palliatif occasionnel, qui a pris de l’ampleur et est devenu en quelque sorte addictif un peu comme devoir regonfler un ballon qui fuit de plus en plus au fur à mesure qu’il grossit ?
>>> Votre image de la baudruche qui fuit et qu’il faut regonfler en permanence est assez juste, quant au fond, depuis la « crise » de 2007-2008 qui marque donc un tournant systémique conssidérable.
Et la situation de « guerre mondiale larvée » dans laquelle se trouve l’économie contemporaine est donc le motif tout trouvé pour continuer à pratiquer la gonflette...
Les « banquiers centraux » sont-il des sortes de technocrates qui cherchent à éviter un crash financier mondial, ou bien délibérément des « suppôts des ploutocrates » sachant que la gonflette profite aux portefeuilles boursiers, non à l’économie vraie.
>>> La « gonflette » boursière commençait déjà à être une pratique courante dès avant la crise de 2007-2008, mais le « palliatif » à la crise n’a jamais été lui-même qu’une opération de « gonflette » officialisée et « garantie » par les Banques Centrales : la justification « morale » était l’espoir, en principe, de revenir tôt ou tard à une pratique monétaire plus « classique », mais jusqu’à présent les diverses tentatives de « resserrement du crédit » n’ont abouti qu’à générer de nouveaux facteurs de crise, et donc trouvé leurs limites dans de nouvelles stratégies de « création monétaire », d’une manière ou d’une autre.
C’est un cercle vicieux qui profite effectivement à une nouvelle ploutocratie « financière » parasite, typiquement banco-centraliste, donc, même si elle se garde bien de le proclamer sur les toits :
J’ai du mal à voir le lien avec les déficits publics, ceux-ci plongent en France mais d’autres pays « capitalistes » les ont maîtrisé (pas les USA, certes). Ces dettes ne sont pas contractés auprès des banques centrales, mais de l’emprunt classique aux banques privées. Certes le QE leur achète des actifs pourris de dette peu rentable ou mal garantie.
>>> Tout d’abord, le Quantitative Easing, surtout en Europe, concerne essentiellement la dette publique, même si en passant par les dits « marchés secondaires » : une tartufferie également clairement explicitée par Charles Sannat, entre autres...
Concernant les « inégalités » des pays selon leur dette publique, le fait est bien que globalement c’est l’ensemble de l’économie qui dépend de la dette publique des principaux pays « emprunteurs », vu que les titres de dette circulent « internationalement » comme « collatéraux » essentiels pour la plupart des opérations financières à grande échelle.
Donc, même si quelques petits pays ont moins de dette, c’est évidemment mieux pour eux, mais cela n’empêche pas qu’ils utilisent aussi les titres de dette des autres comme « collatéraux » dans leurs opérations financières.
On en revient à cette réalité brutale et éventuellement choquante que les seules nations réellement non dépendantes de leur dette publique, et autant par choix que désormais par la force des choses, sont essentiellement la Russie et l’Iran : en géopolitique, il n’y a donc pas vraiment de hasard...
Dans nos contrées « occidentales » l’amorce du cycle de banco-centralisation est logiquement venu avec la « synergie » assez négative pour nous entre la désindustrialisation et la robotisation incontournable de nos quelques restes d’indudtrie.
Le banco-centralisme est une réponse « parasitaire » de la classe dominante à l’évolution sytémique des rapports de production « modernes ». Il pourrait y en avoir une autre, sans elle, mais cela exige une « conscientisation » des populations qu’elle a malheureusement tous les moyens d’empêcher : « panem et circences », et quand ça ne suffit plus, la guerre « pour de vrai »...
Luniterre

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