
Le président colombien annonce la suspension des relations avec Israël et expulse l'ambassadeur israélien
Le président colombien, Gustavo Petro, a décidé de suspendre ses relations avec Israël, en réponse à la décision de Tel Aviv d'interrompre les ventes de matériel militaire à son pays en raison de sa position sur les attaques de l'armée israélienne contre la Bande de Gaza.
Nouvelle Aube - La rédaction
19:35 . 16/10/2023 lundi
Le président colombien Gustavo Petro a déclaré dans un tweet ce qui suit:
"S'il est nécessaire de suspendre nos relations avec Israël, nous le ferons. Nous ne soutenons pas le génocide et nous refusons que le président de la Colombie soit insulté. Nous appelons l'Amérique latine à faire preuve d'une réelle solidarité avec notre pays".
Il a annoncé que son gouvernement avait décidé d'envoyer une aide humanitaire à Gaza et qu'il était en contact avec le Caire pour apporter son soutien dans l'acheminement des dons aux habitants.
Il a également exhorté l'ONU à convoquer une session extraordinaire de l'Assemblée générale. "Enfin, l'Union européenne rappelle à Israël le droit international. Les attaques systématiques contre les civils sont interdites, le génocide est également interdit et les personnels de la santé et des hôpitaux doivent être protégés".
Expulsion de l'ambassadeur israélien en Colombie
De son côté, le ministre colombien des Affaires étrangères, Alvaro Leyva, a demandé lundi à l'ambassadeur d'Israël dans le pays de "s'excuser et partir", après les réactions de la diplomatie israélienne aux commentaires du président Gustavo Petro sur le conflit entre Israël et le Hamas.
M. Leyva a qualifié de "grossièreté insensée" sur son compte X les propos de l'ambassadeur Gali Dagan envers le président de gauche Gustavo Petro, qui a publié de nombreux messages depuis les attaques du Hamas le 7 octobre contre Israël, comparant notamment les représailles d'Israël contre Gaza à la persécution des juifs par les nazis.
Des publications qui ont suscité sur X des échanges acerbes avec l'ambassadeur israélien.
Cette réaction intervient au lendemain de l'annonce par Israël, l'un des principaux fournisseurs d'armes à l'armée colombienne, qu'il "interrompait ses exportations de sécurité" vers le pays sud-américain après les déclarations jugées "hostiles et antisémites" de M. Petro.
Après l'annonce par le ministre israélien de la Défense, Yoav Gallant, d'un "siège complet" de Gaza et disant combattre "des animaux", M. Petro a écrit :
« C'est ce que les nazis disaient des Juifs. Les peuples démocratiques ne peuvent pas permettre au nazisme de se réinstaller dans la politique internationale. »
Pour sa part, Israël a une nouvelle fois joué la carte de l'antisémitisme. En effet, le porte-parole du ministère israélien des Affaires étrangères, Lior Haiat, a indiqué dimanche que l'ambassadrice de Colombie en Israël, Margarita Manjarrez, avait été convoquée à la suite des "déclarations hostiles et antisémites" de M. Petro, l'accusant "d'exprimer son soutien aux atrocités commises par les terroristes du Hamas, d'alimenter l'antisémitisme, d'affecter les représentants de l'Etat d'Israël et de menacer la paix de la communauté juive en Colombie".
En réponse M. Petro a déclaré que son pays
ne soutenait pas le "génocide".
« Si nous devons suspendre nos relations avec Israël, nous les suspendons. »
Le Président colombien a fustigé l'ambassadeur israëlien sur X.
https://twitter.com/petrogustavo/status/1713651638039117872
Pour le dixième jour d'affilée, l'aviation israélienne a intensifié ses bombardements sur Gaza, ciblant des bâtiments et des résidences, entraînant des milliers de victimes civiles et un exode massif, au milieu d'une coupure au niveau de l'approvisionnement en eau, en électricité, en nourriture et autres installations de base dans la Bande, selon l'agence de presse palestinienne.
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Le président colombien Gustavo Petro évoque les « nazis » et un possible « holocauste », après l'annonce par Israël d'un siège total de la bande de Gaza. « Les peuples démocratiques ne peuvent pas permettre au nazisme de se réinstaller dans la politique internationale », écrit-il sur X (ex-Twitter). « Ce discours de haine, s'il continue, n'apportera qu'un holocauste », a-t-il ajouté.
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