Big Bang ! Et ensuite ? …Bip ! Bip ! …Clic ! Clic ! …Boum ! Boum ! …Couic !!! …Nous étions donc de passage, frères humains, mais peut-être pas tout à fait par hasard…
17.01.2024
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Par Antoine Potier
Big Bang ! Et ensuite ?
…Bip ! Bip ! …Clic ! Clic !
…Boum ! Boum ! …Couic !!!
...Nous étions donc de passage, frères humains, mais peut-être pas tout à fait par hasard…
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Désespéré de ne pouvoir faire prendre conscience aux humains qu’ils sont en train de scier carrément l’arbre de la vie sur lequel reposent leur espèce et toutes les autres, un de mes lecteurs écologiste en vient à résumer la situation par une suite d’onomatopées résumant symboliquement cette « évolution » de notre « civilisation humaine ».
Selon lui le responsable de ce désastre qui lui semble effectivement inévitable serait non seulement le concept de « techno-capitalisme », qu’il pourfend sous toutes ses formes, mais carrément le concept de « civilisation » lui-même. En conséquence il faudrait donc en revenir à l’état de nature tel que supposément « protégée » par une sage humanité se résumant à quelques villages ou tribus de « bons sauvages », pacifistes, ou, au pire-aller, moyenâgeux, ne s’étripant qu’avec des moyens rudimentaires et donc sans trop souiller la planète…
A défaut d’aspirer ardemment à ce nouvel Eden, l’humanité continuera à « niquer le vivant », selon son expression, mais donc, sans effet de reproduction…
Défendre le « vivant » contre les ravages de la civilisation « humaine », telle est la prétention des « écologistes ». Pour la plupart cela est sensé passer par des « réformes » plus ou moins « radicales » selon les nuances de « vert » des diverses « tendances » et « partis verts ». Pour les plus « radicaux », à prétentions plus ou moins « révolutionnaires », dont notre lecteur, cela va donc, et avec une certaine logique, en un sens, jusqu’à contester le concept de « civilisation » lui-même.
Remettre en cause la relation « homme-nature », à travers le concept de « civilisation », pourquoi pas, donc, mais c’est tout simplement et précisément oublier carrément, et ce qui est plutôt un « comble » du point de vue supposément « écologique », le principe de sélection naturelle qui a amené l’humain sur la planète Terre, tout comme il a vraisemblablement amené d’autres espèces plus ou moins « évoluées » sur d’autres planètes, sur d’autres galaxies, éventuellement.
Et ce « principe de sélection » commence, en quelque sorte, partout dans l’univers, et tel qu’encore encore aujourd’hui sur Terre, par une autre « onomatopée » :
« Big Bang » !!!
Toute l’énergie que nous dissipons, « consommons » et/ou « gaspillons » a été initialement « distribuée » dès cet instant, selon le principe de « conservation » de l’énergie que nous avons tous « appris » au collège dès nos premiers cours de physique, et « oublié » aussitôt après en entendant parler partout de « consommation d’énergie »….
L’énergie étant une constante, on ne peut donc en aucune façon la « consommer ». La vie, sur Terre comme ailleurs, consomme donc zéro énergie : elle se contente de dissiper celle qu’elle a réussi à « stocker », dans son organisme, et à échelle sociale « humaine », dans la société.
Le premier principe étant celui de la conservation de l’énergie initiale totale, le second, en très symboliquement résumé, est celui de sa dissipation dans l’univers, à mesure de son expansion. Une dissipation assez rapidement « inégale », « anisotropique », pour faire chic, dès +380 000 « ans » après le dit « Big Bang », selon notre « échelle du temps », c’est-à-dire un « clin d’œil », à l’échelle de l’histoire de l’univers. (*)
« Anisotropie » et « dissipation » qui se « développent », au sens de l’évolution de l’univers et donc aussi, du « vivant », selon le second principe, celui qui définit l’entropie.
L’entropie, c’est donc à la fois la vie et la mort : le « vivant », comme toutes les autres structures se formant dans l’univers, ne stocke de la matière et de l’énergie que pour « mieux » la dissiper, in fine, ce qui est le guide, tropisme essentiel, de la sélection « darwinienne » également :
L’humain arrive au sommet de la « pyramide du vivant » simplement parce qu’il est de loin le plus efficace en matière de stockage et surtout, donc, de dissipation d’énergie.
La « civilisation », avec malheureusement tous ses « défauts » est le moyen par lequel l’humain suit le tropisme pour lequel il a simplement et tout à fait naturellement été « sélectionné » : dissiper de l’énergie…
Comme tout phénomène « cosmique », l’humain n’existe, à son échelle locale, que comme l’un des facteurs de l’entropie générale.
Le phénomène humain n’est en quelque sorte que l’un des passagers plus ou moins furtifs, selon les cas, du mouvement général de l’entropie, tout comme les étoiles, les galaxies, etc…
Il ne peut donc, tout au plus, qu’« aménager » son passage, en utilisant son « libre arbitre » qui n’est, au départ, que l’un des facteurs de sa « sélection naturelle », lui permettant d’ « inventer » des stratégies et des techniques ad-hoc.
Au lieu de mettre sa conscience et son libre-arbitre au service de son « instinct entropique » précisément tout à fait naturel de stockeur-dissipateur d’énergie, il pourrait donc, par un « sursaut » réellement « révolutionnaire » le mettre au service d’un « aménagement » relatif de son environnement qui lui permette en quelque sorte de « ralentir » son impact entropique, en vue de prolonger son existence en tant qu’espèce, et pourquoi pas, au passage, celle de quelques autres, mais en faisant cela il ne « défendra » en rien du tout la nature : au contraire, il mettra simplement un frein très provisoire, à l’échelle du cosmos, à son évolution naturelle locale entropique, dans son petit racoin de l’univers.
Une sorte de « contre-courant » local, en somme, comme il s’en produit parfois près des berges d’un fleuve, mais qui ne contredira évidemment en rien le sens général du courant.
Un point, néanmoins, qui devrait nous mettre, d’accord, même si c’est possiblement le seul : pour l’instant, le courant général de l’entropie est fort bien suivi, sinon carrément « accéléré », du côté de Gaza, par exemple, par la société humaine actuelle !
L’entropie semble donc irrésistiblement asservir la conscience sociale à la dissipation instinctivement effrénée de l’énergie stockée et accaparée, de façon également instinctivement effrénée, par l’activité économique humaine.
Les guerres, en tant que moyens d’accaparement, sont particulièrement entropiques dans leurs effets, tant directement physiques qu’économiques, notamment en termes de ressources mobilisées, c’est le cas de le dire, pour l’armement, sa reconstitution en tant qu’arsenal, et évidemment, pour la reconstruction en général. De plus, le volume excédentaire d’intérêts économiques mis en jeu au cours même de la guerre est tel qu’il n’est pas nécessairement "intéressant", financièrement, pour les parties engagées, d’y mettre fin aussi rapidement que possible.
Que ce soit pour la défaite ou même, pour la victoire en vue, une "stratégie" de se "hâter lentement" est donc, malheureusement pour des milliers de victimes inutiles, et pour aboutir au même résultat, une conséquence d’un choix politique "rentable" pour les lobbys influents de part et d’autre, mais radicalement entropique en termes, également, de destructions extensives et de gâchis y afférents.
L’humanité, elle-même une des formes évoluées du cours entropique de l’univers, n’a évidemment pas la possibilité d’inverser ce cours, même dans le coin minuscule qu’elle y occupe. Elle a néanmoins la capacité de le comprendre, en utilisant les outils conceptuels que cette évolution lui a fournis, par la sélection naturelle, qui en a fait une espèce dominante, sur la planète, et dominant, jusqu’à un certain point, son environnement.
Sans pouvoir évidemment inverser le cours naturel irréversible de l’entropie, elle peut néanmoins maintenant utiliser sa domination pour continuer d’accélérer l’entropie dans son environnement, comme elle le fait donc actuellement, ou choisir d’y mettre plutôt un frein, même si nécessairement relatif.
En ce début d’année 2024, cette deuxième option, c’est évidemment le vœu que l’on peut formuler, même si l’on a essentiellement le sentiment que cela relève encore de l’utopie… Quoi qu’il en soit, chercher à comprendre comment se situe l’activité humaine dans son environnement global amène donc à en rechercher les déterminants les plus fondamentaux, ceux qui ont donc présidés, si l’on ose dire, à sa sélection, et qui conditionnent donc encore son comportement, même si essentiellement inconsciemment, au sens de l’instinct primaire.
La sélection naturelle, par définition, c’est typiquement un phénomène d’émergence. D’émergence du vivant, d’abord, et d’émergences successives, ensuite, des différentes formes et espèces qui composent la biosphère terrestre. Mais l’émergence du vivant elle-même est conditionnée par l’émergence de tous les phénomènes physiques qui l’ont rendu possible. En tant qu’émergence la vie est une continuation de tous les phénomènes émergents qui en sont le support, et au premier degré, littéralement, de la gravité, qui nous permet de tenir debout et de bouger à la surface de la planète. Evidemment, la vie reste une émergence très locale, même en supposant que le même phénomène se reproduise, vraisemblablement, ailleurs dans l’univers. La gravité, elle, est un phénomène universel, par définition, mais l’émergence locale de la vie pourrait difficilement exister, autrement, sans elle…
Les galaxies, les étoiles, les planètes et tous les phénomènes cosmiques n’existent jamais qu’en tant que vecteurs de l’entropie universelle, et ils apparaissent eux-mêmes en tant que phénomènes émergents du cours de cette entropie. Considérer la gravité elle-même comme un phénomène émergent lié à l’entropie, cela contient donc une certaine logique, voire même, fondée intuitivement sur le simple bon sens, même si cela va tout à fait à l’encontre des idées généralement reçues. Même parmi les scientifiques il y a en a beaucoup qui s’acharnent simplement à conforter, même si en les développant parfois utilement, les idées reçues, mais il y en a aussi, fort heureusement, qui n’hésitent pas à bousculer les préjugés si cela doit être le prix d’une nouvelle avancée.
Dans cette catégorie réellement novatrice le hollandais Erik Verlinde a donc commencé à faire sérieusement "bouger les lignes" sur la question de l’émergence de la gravité, depuis quelques années, déjà.
Malheureusement très peu et/ou très mal connu en France, son travail toujours continu depuis des années fait pourtant l’objet d’études d’observations expérimentales qui montrent bien qu’il a ouvert une voie intéressante et utile pour la compréhension de l’émergence des fondamentaux de notre univers.
Jean-Pierre Luminet est un des rares à avoir tenté, en France, d’aborder ce sujet en termes de "vulgarisation" au bon sens du terme, et en commençant précisément parresituer le sujet dans le cadre général du concept d’émergence, et notamment, de "strates d’émergence" tel que Werner Heisenberg lui-même avait courageusement tenté de le faire dans son "Manuscrit de 1942" quasi clandestin, à l’époque, et resté inédit jusqu’à la fin du XXe siècle, pratiquement, et surtout, en France ! (**)
Une conception générale que l’on retrouve également dans les propos d’Erik Verlinde, au fil de ses interventions, accessibles en anglais.
Par contre, il est clair, en termes de "vulgarisation" que seulement une petite partie de son oeuvre est directement compréhensible des profanes que nous sommes… A travers la très bonne vulgarisation qu’en a fait Jean-Pierre Luminet on a néanmoinsun aperçu déjà passionnant de ce qui est actuellement à la pointe du matérialisme scientifique, et donc dialectique, également, à travers le concept d’émergence. Un exposé d’anthologie, donc, pour une approche scientifiquement "actualisée" de notre univers.
A la suite, encore, malgré les barrières éventuelles du langage et du niveau scientifique, les papiers potentiellement historiques d’Erik Verlinde, ainsi que celui de Margot Brouwer, qui, avec son équipe, a été la première à "tester" la validité de la thèse de Verlinde en la mettant à l’épreuve d’une observation astronomique extensive des phénomènes qu’elle permet donc de comprendre d’une nouvelle manière, notamment en éliminant le fardeau d’une hypothétique et introuvable "matière noire" rendue jusque là indispensable à la "cohérence", de ce fait très relative, des modèles précédents.
Dans cette brève vidéo Margot Brouwer présente le travail de son équipe sur la théorie d’Erik Verlinde, confrontée, donc, à la réalité qu’elle est sensée expliquer :
Dans cette vidéo Erik Verlinde s’adresse à un public non spécialisé et cela constitue une sorte de relative vulgarisation :
Un autre papier, également en anglais, qui présente à la fois le travail d’Erk Verlinde et celui de Margot Brouwer, et qui peut également être considéré comme une tentative de vulgarisation :
Verlinde’s new theory of gravity passes first test
A team led by astronomer Margot Brouwer (Leiden Observatory, The Netherlands) has tested the new theory of theoretical physicist Erik Verlinde (University of Amsterdam) for the first time through the lensing effect of gravity. Brouwer and her team measured the distribution of gravity around more than 33,000 galaxies to put Verlinde’s prediction to the test. She concludes that Verlinde’s theory agrees well with the measured gravity distribution. The results have been accepted for publication in the British journal Monthly Notices of the Royal Astronomical Society.
The gravity of galaxies bends space, such that the light traveling through this space is bent, as through a lens. Background galaxies that are situated far behind a foreground galaxy (the lens), thereby seem slightly distorted. This effect can be measured in order to determine the distribution of gravity around a foreground-galaxy. Astronomers have measured, however, that at distances up to a hundred times the radius of the galaxy, the force of gravity is much stronger than Einstein’s theory of gravity predicts. The existing theory only works when invisible particles, the so-called dark matter, are added.
Verlinde now claims that he not only explains the mechanism behind gravity with his alternative to Einstein’s theory, but also the origin of the mysterious extra gravity, which astronomers currently attribute to dark matter. Verlinde’s new theory predicts how much gravity there must be, based only on the mass of the visible matter.
Brouwer calculated Verlinde’s prediction for the gravity of 33,613 galaxies, based only on their visible mass. She compared this prediction to the distribution of gravity measured by gravitational lensing, in order to test Verlinde’s theory. Her conclusion is that his prediction agrees well with the observed gravity distribution, but she emphasizes that dark matter could also explain the extra gravitational force. However, the mass of the dark matter is a free parameter, which must be adjusted to the observation. Verlinde’s theory provides a direct prediction, without free parameters.
The new theory is currently only applicable to isolated, spherical and static systems, while the universe is dynamic and complex. Many observations cannot yet be explained by the new theory, so dark matter is still in the race. Brouwer : "The question now is how the theory develops, and how it can be further tested. But the result of this first test definitely looks interesting."