« Réponse de Thierry Breton aux juges allemands.
Thierry Breton : « sans le marché unique, les industries allemandes et néerlandaises sont condamnées »
L’avertissement de Thierry Breton. Grâce au marché unique européen, l’Allemagne réalise 50 % de ses exportations, donc s’il n’y a pas de marché unique, il n’y a pas d’industrie allemande, a déclaré Thierry Breton, le commissaire européen chargé du marché intérieur.
« Pour les Pays-Bas, c’est plus de 60%. Sans le marché unique, leur industrie va mourir », a-t-il renchéri dans une interview accordée aux chaînes grecque MEGA TV et portugaise Expresso.
« Le marché intérieur ne peut être maintenu si nous ne sauvons que quelques industries d’un ou deux États membres. Nous sommes tous dans le même bateau et pour nous, ce bateau c’est l’Europe », a-t-il souligné. (Sarantis Michalopoulos, Euractiv.com) »
https://www.euractiv.fr/section/lactu-en-capitales/news/thierry-breton-sans-le-marche-unique-les-industries-allemandes-et-neerlandaises-sont-condamnees/
http://www.economiematin.fr/news-thierry-breton-juge-bce-marche-unique-risque-explosion-union-europeenne-sannat
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Et comme on le voit dans les différents extraits de presse collectés à la suite, il est clair que la Cour de Karlsruhe vise bien la BCE comme pouvoir responsable de cette situation, et non les institutions de l’UE, qui n’en sont plus qu’un rouage et un paravent prétendument « juridique » qui n’est justement rien de plus qu’un paravent.
La « contre-attaque » venant de la « commission européenne » et de la « cour de justice européenne » montre qu’elles se posent d’elles-mêmes comme interfaces d’un « droit » qui est d’abord et avant tout celui décrété par la BCE, et non pas une sorte de « droit communautaire » qui émanerait « démocratiquement » des États européens. Un « droit » nouveau dans ses applications, sinon dans ses formes, et auquel la plupart n’ont pas d’autre choix que de se plier, dont la France de Macron, le petit chien servile de tous les puissants de ce monde, et guère davantage pour la fraction allemande de Merkel, qui lui a emboîté déjà le pas, même si en tortillant quelque peu pour ne pas perdre tous ses électeurs.
Entre les différentes strates de la bourgeoisie s’est opérée une nouvelle hiérarchisation, déjà depuis 2008, en réalité, mais qui s’est donc définitivement confirmée à l’occasion de cette « crise du covid ». Le statut d’ « indépendance » des Banques Centrales a définitivement cessé d’être une fonction de « régulation » formellement « neutre » pour devenir une force de direction économique, sociale et politique, et en dernière analyse, celle du pouvoir politique réel dans le monde du XXIème siècle.
Que cela plaise ou non, s’il est aussi solidement établi, c’est bien parce qu’il est, comme on l’a vu au cours des récents débats et des analyses qui en ont découlé, le reflet superstructurel de l’évolution profonde des forces productives les plus modernes.
Ceux qui prétendent encore lutter contre le système de domination de classe sans tenir compte de cette réalité perdent leur temps, leur énergie, et gaspillent celle de ceux qu’ils entraînent encore avec eux.
Luniterre
(* VERBATIM – MACRON – 12-03-2020 )
A la suite, une revue de presse des principaux extraits significatifs de la grande presse économique sur le sujet, et encore à la suite, quelques liens vers des études juridiques plus spécialisées sur cette question.
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« La Cour de Karlsruhe a déclaré que la politique de la BCE pour sauver les États européens violait, en partie, la constitution allemande. La banque centrale européenne a désormais trois mois pour prouver le contraire sans quoi l’Allemagne n’y participera plus.
C’est un pavé dans la marre qu’a jeté, mardi 5 mai, la Cour de Karlsruhe, l’équivalent de notre Conseil constitutionnel, dont le rôle est de vérifier que les textes qu’on lui soumet sont conformes à loi fondamentale. Elle a estimé que le programme d’aide de la BCE violait, en partie, la Constitution allemande. Les juges reprochent à la BCE de ne pas avoir suffisamment justifié que son programme de rachat de dettes souveraines démarré en 2015 était proportionnée à l’exercice de son mandat. Celui-ci se résume à assurer la stabilité des prix en zone euro et non le financement direct des États.
La BCE a désormais trois mois pour convaincre le gouvernement et les parlementaires germaniques, sans quoi l’Allemagne devra se séparer des obligations d’État déjà acquises. Et surtout, elle n’aurait plus l’autorisation d’y participer (cela ne concerne pas le plan de 750 milliards d’euros annoncé fin mars pour lutter contre la crise sanitaire). Les conséquences seraient alors très importantes : la légalité des rachats de dettes souveraines repose sur la participation de chaque État en fonction de son poids dans le capital de la BCE. En l’absence de l’Allemagne, le château de carte s’écroulerait. »
https://www.capital.fr/entreprises-marches/rachat-des-dettes-par-la-bce-faut-il-sinquieter-de-la-decision-de-la-cour-de-karlsruhe-1369201
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« Sollicitée par une plainte d’un professeur d’économie allemand sur la légalité de son programme de rachats d’actifs (quantitative easing), elle[La Cour de Karlsruhe] a donné à la BCE trois mois pour le justifier. Sinon, elle ordonnera à la Bundesbank (premier actionnaire de la BCE) de s’en retirer et de revendre les 534 milliards d’euros d’obligations publiques qu’elle détenait en son nom à la fin avril. »
« …depuis le début de la pandémie, la BCE, sous l’égide de Christine Lagarde, a lancé un énorme programme de 750 milliards d’euros de rachats de dettes (PEPP), en s’affranchissant de ces contraintes de proportionnalité par pays. Elle achète en effet beaucoup plus de dette italienne, française ou espagnole, qu’allemande ou néerlandaise. Une façon de compenser l’absence de réponse coordonnée des États membres de la zone euro et leurs dissensions sur l’idée d’émettre des dettes mutualisées (coronabonds). Cette intervention sur la pandémie n’est pas directement concernée par le jugement de Karlsruhe, mais elle risque fort d’être attaquée à son tour sur le même fondement. Or, sans l’action de la BCE, les pays de la zone euro n’ont plus de prêteur en dernier ressort capable d’assumer leur endettement face à la crise. »
https://www.lefigaro.fr/conjoncture/l-ultimatum-de-la-justice-allemande-fragilise-l-action-anticrise-de-la-bce-20200505
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« Tout comme les juges européens ont réussi des coups d’État en affirmant la suprématie de leurs décisions sur les droits nationaux, alors que, selon les traités, l’Union européenne n’est pas un État fédéral, la Banque Centrale Européenne (BCE) s’est lancée, avec Draghi et Lagarde, dans une fuite en avant – en fait un véritable coup d’État monétaire qui ne correspond pas aux traités et aux statuts de la BCE -, en émettant de la monnaie de singe tous azimuts, non garantie par un actif tangible. Cela équivaut à mutualiser la dette des États par les voies détournées de la BCE.
La BCE a bafoué ouvertement les deux clés de répartition des émissions d’un État, puisqu’elle ne peut racheter plus de 33 % des titres d’une émission et se doit de plafonner son encours des titres rachetés à un État au pourcentage de la participation de l’État dans le capital de la BCE, comme le rappelle Le Point. Le rachat « non proportionné » des dettes italiennes (et d’autres États) n’est rien d’autre qu’un sauvetage de l’Italie par la BCE puisque les obligations italiennes totaliseraient, selon Goldman Sachs, 35 à 45 % du total racheté actuellement par la BCE.
Il y a donc clairement infraction à l’article 123 du traité de l’Union européenne qui interdit le financement des États par la BCE. Les énormes volumes d’achat ne peuvent plus être considérés comme relevant de la politique monétaire. Et malgré cela, l’écart de taux italien avec celui du Bund allemand n’est pas stabilisé. De plus, la boîte de Pandore des taux négatifs ouverte en 2014 a pour effet que la Deutsche Bank commence à pratiquer les taux négatifs pour les dépôts de ses clients au-dessus de 100.000 euros, avant de le pratiquer demain pour la plupart de ses clients. Acheteur et prêteur de la dernière chance, la BCE n’offre en fait qu’un répit, tout en prolongeant l’agonie des États hyper-endettés.
La Cour constitutionnelle de Karlsruhe a estimé, le 5 mai, que certaines mesures prises par la Bundesbank dans le cadre du programme PSPP de la BCE, soit 2.700 milliards d’euros depuis 2015, étaient inconstitutionnelles. La Cour a fixé un ultimatum à la BCE, en affirmant que la Bundesbank devra cesser d’acheter, d’ici trois mois, des emprunts d’État de la zone euro pour le compte de la BCE, si cette dernière ne prouve pas que ces achats sont justifiés. Sinon, elle ordonnera à la « Buba » de se retirer et de vendre les 534 milliards d’euros d’obligations détenues au nom de la BCE (Le Figaro). Il y a risque pour les finances publiques allemandes, pour la rémunération de l’épargne, et de maintenir en activité des entreprises non viables. Le programme PEPP n’est pas concerné par ces menaces de restriction et l’infraction très claire à l’article 123 n’a pas été retenue pour l’instant par la Cour, afin de ne pas faire exploser immédiatement la marmite !
« Pour la première fois de l’Histoire, la Cour constitutionnelle a jugé que les actions et les décisions d’entités européennes ont été au-delà de leurs compétences légitimes et qu’elles n’ont donc pas de validité en Allemagne », a déclaré le président de la Cour, Andreas Voßkhule. Dans un passage virulent, la Cour rappelle aux juges européens qu’ils sont les garants des traités et non l’inverse. Les magistrats ont utilisé le terme latin ultra vires, qui signifie « hors de ses compétences ». »
https://metainfos.fr/2020/05/11/la-bombe-de-karlsruhe-vers-la-banqueroute-de-litalie/
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« L’ultimatum adressé récemment à la Banque centrale européenne par les juges de Karlsruhe compromet les plans de soutien aux économies nationales et sape les fondements mêmes de la solidarité européenne.
Le 5 mai, en pleine pandémie, le tribunal constitutionnel allemand a jugé non conforme au droit européen le programme de rachats d’actifs (quantitative easing) mis en oeuvre par la Banque centrale européenne (BCE). Il s’est mis en situation de pouvoir ordonner aux autorités allemandes de s’opposer à l’action de la BCE (y compris en revendant les 534 milliards d’euros d’obligations publiques détenus en son nom par la Bundesbank et, à terme, en se retirant de son capital), si ladite BCE s’avérait incapable de démontrer dans les trois mois que sa politique défend l’intérêt des épargnants, lutte contre l’inflation et, plus généralement, n’excède pas ce qui est nécessaire pour atteindre les objectifs des traités. Les juges de Karlsruhe la suspectent d’avoir manqué au principe de « proportionnalité »: « La BCE n’a pas équilibré les objectifs de la politique monétaire et les effets économiques produits par son programme. Elle a ainsi outrepassé son mandat ». Entre les lignes: le quantitative easing fait la part trop belle au sauvetage des États affectés par la crise des dettes souveraines, au mépris des autres objectifs de la politique monétaire fixés par les traités et le statut de la BCE. »
BCE : pourquoi le jugement du tribunal constitutionnel allemand est dramatique
Denys de Béchillon, professeur à l’université de Pau, et Jean-Éric Schoettl, ancien secrétaire général du Conseil constitutionnel,
https://lexpansion.lexpress.fr/actualite-economique/bce-pourquoi-le-jugement-du-tribunal-constitutionnel-allemand-est-dramatique_2125755.html
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« LA BCE N’EST PAS LE « MAÎTRE DE L’UNIVERS »
Dans une interview accordée au Frankfurter Allgemeine Zeitung, Peter Huber, juge au tribunal de Karlsruhe, met en garde contre une procédure d’infraction qui, dit-il, « constituerait une escalade considérable, qui plongerait l’Allemagne et d’autres Etats membres dans un conflit constitutionnel difficile à résoudre ».
« A long terme, cela affaiblirait et menacerait l’Union européenne », ajoute-t-il, en affirmant qu’une procédure d’infraction n’est « en aucun cas inévitable ».
Qualifiant le jugement de la Cour de Karlsruhe d' »impératif », Peter Huber le décrit comme « un processus dialectique dans lequel chacun considère l’autre avec sérieux, discute les arguments de l’autre, est prêt à apprendre et à se corriger ».
« La CJUE, d’un autre côté, semble plutôt avoir une conception hiérarchique, dans laquelle la dialectique ne joue pas un rôle aussi central », ajoute le juge de Karlsruhe.
Dans une autre interview, accordée à la Süddeutsche Zeitung, Peter Huber ajoute que la BCE, qui fixe la politique monétaire des 19 Etats membres de la zone euro, ne doit pas se prendre pour un « maître de l’univers ». »
https://www.challenges.fr/finance-et-marche/bce-merkel-tente-de-desamorcer-la-bombe-des-juges-de-karlsruhe_710062
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