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MAJ AU 22/10/2024:
· La banque et le mondialisme : à quoi servent les partis ? Quel est leur pouvoir ?22 octobre 10:59, par do
Salut Luniterre,
De toute façon, que ce soit Montagu Norman qui ait prononcé ce discours ou que ce soit une autre personne quelques années plus tard qui le lui ait attribué ne change pas grand chose.
Pour le moment, je continue à penser que c’est probablement effectivement Montagu Norman que l’a prononcé. ORALEMENT. Pas par écrit. Et pas sur internet.
Car, fondamentalement, si c’était un faux, il serait bien évidemment dénoncé par les fact checkeurs puisque ce soit-disant "faux" est trouvable partout sur internet.
Et aussi, parce que, tout de même, ce texte tient parfaitement debout. Il est tout à fait cohérent, et semble décrire parfaitement la réalité des choses.
Ce qui t’embête en fait dans cette histoire, c’est que la dictature des banques centrales date de beaucoup plus tôt que tu ne l’avais imaginé.
Mais, cela ne devrait pas t’inquiéter outre mesure. La forme de cette dictature a profondément changé depuis qu’on est tombé dans ce que tu as appelé le "banco-centralisme". C’est-à-dire depuis que la dette s’accumule plus vite que le capital.
Peut-être le nom choisi pour décrire cette nouvelle phase de la domination de classe est-il mal choisi. C’est tout. C’est pas bien grave.
Peut-être que, comme le nom "banco-centralisme" est choisi et un peu popularisé depuis quelques années, doit-on continuer à l’appeler ainsi ; et, pour parler de la phase précédente, devrait-on parler de la "préhistoire du banco-centralisme"
Bien à toi,
do
http://mai68.org
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· La banque et le mondialisme : à quoi servent les partis ? Quel est leur pouvoir ?22 octobre 12:37, par Réponse proposée par Luniterre
Le fait me semble donc suffisamment établi que cette pseudo-« citation » est typiquement le cas d’un apocryphe qui devient une sorte d’ « autorité » dans un domaine de pensée ou de recherche, à force d’être cité, créant ainsi, au fil du temps, ses propres « références ».
Pour ceux qui continuent à résister à ce système actuel, y a donc deux aspects dans cette recherche : la crédibilité des sources et le fond de la question.
Formellement, on ne saura donc jamais si Montagu a vraiment dit ou même pensé un truc pareil. C’est évidemment dans la logique cynique d’un système de domination de classe « pré-banco-centraliste », comme tu le formules à ta manière.
Donc, non, ça ne m’« embête » pas du tout que ce type de démarche, apocryphe ou non, soit « dénoncé » concernant une époque aussi ancienne, avec même exactement un siècle. Parler éventuellement de « préhistoire du banco-centralisme » est même tout à fait cohérent avec une approche dialectique de la compréhension des phénomènes. On en revient ainsi à la question de « date pivot » précisément évoquée dans cet article :
Economie mondiale : de quel nouveau pouvoir l’inflation est-elle le nom ?
http://cieldefrance.eklablog.com/economie-mondiale-de-quel-nouveau-pouvoir-l-inflation-est-elle-le-nom-a216333147
Edition VLR (dédiée au camarade Viriato) : https://mai68.org/spip3/spip.php?article1693
Le propre de l’analyse dialectique consistant en pratique à distinguer la phase d’ « accumulation » des phénomènes du moment précis du « saut qualitatif » à partir duquel le phénomène change de nature et devient, en l’occurrence ici, « banco-centraliste » à proprement parler.
La phase impérialiste étant celle de la fusion du capital industriel productif et du capital bancaire, le capital productif y conserve néanmoins son rôle en tant que moyen d’élargissement du capital total.
A mesure de l’extension du capital financier-« fictif », son rôle se réduit évidemment, mais sans disparaitre complètement en tant que facteur déterminant de l’évolution économique et sociale.
Le banco-centralisme est structurellement établi, quant à lui, à partir du moment où le cycle de renouvellement du capital fixe devient le facteur déterminant de l’économie globale, ce qui est bien le cas au XXIe siècle. Ce cycle ne peut être assuré autrement que par une extension du cycle de la dette publique et privée en synergie avec la création monétaire banco-centralisée comme source et garantie ultime de sa « pérennité », tant que les peuples n’y trouvent rien à redire…
Ce qu’il faut essentiellement comprendre, dans ce processus, c’est qu’il ne s’est pas opéré au gré de la fantaisie de tel ou tel « gestionnaire » plus ou moins mégalo et manipulateur, dans le style de Norman Montagu, mais en fonction de la prééminence que le capital fixe était en train de gagner, au cours du XXe siècle, par rapport au capital variable « humain ».
Autrement dit, encore, c’est aussi la répartition du pouvoir réel entre les différentes parties et fonctions de la classe dominante qui change elle-même avec cette évolution. Que l’avidité de certains les ait poussés au-delà de ce qui semblait possible à leur époque précise, c’est ce qui pourrait éventuellement « authentifier » ce genre de propos, tel que celui « prêté » à ce Montagu.
Toutefois, l’accumulation systémique notable et durable de la dette publique et privée commence au cours de la décennie 70 et se trouve donc être cohérente avec l’apogée de la productivité du capital productif, de l’extension de la classe ouvrière productive, et surtout donc aussi avec le début de leurs déclins systémiques.
La « corde » reliant encore le capital productif au capital financier-« fictif », déjà tendue à l’extrême au tournant du siècle, a fini par se rompre au moment de la dite « crise des subprimes », dégageant le pouvoir des Banques Centrales comme seul recours pour « sauver » et continuer de faire tenir debout le système de domination de classe.
La dite « crise du covid » de 2020-2021 étant une sorte de « réplique » complexe venant par nécessité « compléter » ce processus comme expliqué dans l’article cité ci-dessus.
Donc, même si le « point de bascule » en termes de saut qualitatif du capitalisme au banco-centralisme me semble nettement situé ainsi dans le temps, l’ensemble du processus ressemble davantage, par son cheminement relativement « discret », à ce que fut la « révolution féodale » que la révolution « démocratique » bourgeoise des XVIIIe et XIXe siècles, qui n’en a pas moins connu diverses phases de « transitions » et même de « retours en arrière » de type réactionnaires.
Pour l’instant, l’extension mondiale du banco-centralisme ne connaît d’autre résistance, « réactionnaire » ou pas, que celle, précisément, dite de l’« axe de la Résistance » des nations en lutte au Moyen-Orient, avec la Palestine au premier rang, et désormais le soutien de plus en plus affirmé de la Russie, elle-même en lutte sur le front « ukrainien » devenu le champ de bataille otanesque.
L’émergence d’un front de lutte réellement populaire et démocratique contre le banco-centralisme reste encore à venir, mais il ne pourra précisément apparaitre comme tel que s’il est capable de désigner sa cible sans confusion possible, ce qui nécessite encore pas mal de clarification, comme le montre notre présent échange.
Luniterre
· La banque et le mondialisme : à quoi servent les partis ? Quel est leur pouvoir ?22 octobre 14:16, par do
Luniterre,
Pourrais-tu faire un article sur la "révolution féodale" ?
Personnellement je ne suis pas bien au courant.
À l’intuition un serf est un esclave auquel on laisse un peu de liberté. Peut-être parce que c’est plus efficace.
À l’école on apprenait que le serf appartenait au Seigneur, exactement comme l’esclave appartient à son propriétaire. Ce qui avait un avantage par rapport aux entreprises capitalistes actuelles : quand une entreprise est vendue à un autre propriétaire, il n’achète pas en même temps les ouvriers. Qui se retrouvent donc au chômage. Alors que les serfs, étant achetés par le nouveau Seigneur en même temps que la terre, ne perdent pas leur "emploi".
Bien à toi,
do
http://mai68.org
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·La banque et le mondialisme : à quoi servent les partis ? Quel est leur pouvoir ?22 octobre 15:37, Réponse proposée par Luniterre:
Tout d’abord, la différence fondamentale entre esclavagisme et féodalité est que le seigneur féodal, propriétaire de la terre, n’est pas réellement propriétaire des serfs qui sont établis dessus, au sens où il ne peut pas les vendre « séparément », en tant que force de travail directement exploitable.
Pour comprendre il faut étudier par quel formalisme juridique le serf est directement rattaché à une parcelle de terre précise, et c’est là l’affaire d’un médiéviste que je ne suis pas, malgré une passion pour l’histoire, et notamment, pour les hérésies médiévales.
Je ne pense donc pas pouvoir aller plus loin sur cette voie, étant données les limites du temps qui me reste à consacrer aux différents sujets de mes recherches.
D’après mes recherches, néanmoins, ces dernières années, notamment lors des polémiques avec Robert Bibeau, il semble que la transition « esclavage >>> servage », particulièrement étalée dans le temps (plusieurs siècles…), ne soit pas forcément « directe », même si la situation de l’« esclave chasé » (c'est-à-dire « autonome » sur une parcelle à cultiver pour son « maître ») ressemble à s’y méprendre à la situation du servage. Selon certains historiens il y aurait eu une paysannerie relativement « libre » entre les deux phases bien identifiées des deux organisations sociales, « antique » et « féodale », proprement dites.
Je laisse donc la « solution », s’il en est, de ce mystère aux spécialistes.
Mais le fait est bien que nous sommes aujourd’hui encore dans une phase de « transition » du banco-centralisme, déjà établi, pour l’essentiel, mais encore tributaire de quelques unes des formes du capitalisme, dont les monopoles « Gafam » qui peuvent donner à certains l’illusion d’une nouvelle « forme de capitalisme » (G. Bad) ou d’une forme en soi de « post-capitalisme » (Varoufakis).
La mise en place des Monnaies Numériques de Banque Centrale achèvera de dissiper ce nuage de fumée idéologique en exposant à tous que les « monopoles » Gafam n’ont de « pouvoir » que sous le contrôle des moyens de payement banco-centralisés, et un contrôle de plus en plus total et absolu, s’exerçant sur les moindres transactions de leurs « clients ».
A ce stade il est probable que le boursicotage systémique servant actuellement de « relai » au financement du cycle du capital fixe perdra de son importance au profit d’un contrôle beaucoup plus direct du financement des monopoles par le crédit bancaire « centralisé » même si encore formellement derrière la façade des dites « banques d’affaires » devenues le « village Potemkine » de la finance banco-centralisée distribuant sa monnaie de singe à ses affidés.
Et il y aura toujours également quelques « façades de banques populaires » pour réguler-contrôler la consommation des masses « populaires » encore éventuellement là…
Luniterre